Acupuncture dans la schizophrénie

Cette traduction n'est pas à jour. Veuillez cliquer ici pour voir la dernière version de cette revue en anglais.

Les antipsychotiques sont utilisés pour traiter la schizophrénie depuis le début des années 1950. Efficaces pour certains patients, les antipsychotiques peuvent toutefois provoquer des effets indésirables invalidants chez de nombreux malades. Des recherches portant sur des interventions sanitaires plus sûres et plus efficaces sont donc effectuées afin de remédier à ce problème.

L'acupuncture est utilisée en Chine depuis plus de 2000 ans pour traiter les troubles mentaux, et notamment la schizophrénie. Il a été démontré que l'acupuncture ne comporte que très peu d'effets indésirables. En outre, il est possible qu'elle soit plus socialement acceptable, plus supportable et meilleur marché que les médicaments conventionnels fabriqués par l'industrie pharmaceutique.

Cette revue identifie les essais contrôlés randomisés comparant l'acupuncture avec les antipsychotiques, ainsi que l'acupuncture associée à des antipsychotiques avec les antipsychotiques seuls. Les données trouvées étaient limitées et ont principalement fourni des résultats équivoques. Si certaines données étaient favorables à l'acupuncture lorsqu'elle était associée aux antipsychotiques, les résultats ne provenaient que de petites études. De nouveaux essais, plus complets, sont nécessaires avant que nous puissions déterminer avec assurance l'efficacité de l'acupuncture dans le traitement de la schizophrénie.

Conclusions des auteurs: 

Les preuves recueillies sont insuffisantes pour recommander l'utilisation de l'acupuncture chez les personnes souffrant de schizophrénie. Le nombre de participants et la mise en aveugle de l'acupuncture étaient tous deux inadaptés. Des études, plus complètes et mieux planifiées, sont nécessaires afin de déterminer les effets de l'acupuncture dans le traitement de la schizophrénie.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

Il a été démontré que l'acupuncture est une intervention sanitaire relativement sûre qui ne comporte que peu d'effets indésirables. Par contre, les antipsychotiques peuvent provoquer des effets indésirables graves. Les avantages de l'acupuncture dans le traitement de la schizophrénie sont incertains, plus de preuves sont nécessaires pour renseigner les cliniciens et les patients schizophrènes sur ses effets.

Objectifs: 

Étudier les effets de l'acupuncture sur les personnes souffrant de schizophrénie et de psychoses connexes ; évaluer l'acupuncture seule et associée à d'autres traitements par rapport aux antipsychotiques seuls.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous (JR, JX) avons entrepris des recherches électroniques dans le registre du groupe Cochrane sur la schizophrénie (avril 2005), qui est élaboré à partir de recherches systématiques dans des bases de données, de recherches manuelles et d'actes de conférence. Les références bibliographiques ont été examinées et le premier auteur de chaque étude incluse a été contacté.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus tous les essais contrôlés randomisés impliquant des personnes atteintes de maladies d'allure schizophrénique, placées sous acupuncture, électropuncture, acupuncture au laser ou placebo, non traitées ou recevant des antipsychotiques provenant de laboratoires pharmaceutiques.

Recueil et analyse des données: 

Les données ont été extraites de manière indépendante. Pour les données dichotomiques homogènes, le risque relatif (RR) à effets fixes, les intervalles de confiance (IC) à 95 % et, le cas échéant, le nombre de sujets à traiter pour observer un bénéfice (NST) du traitement ont été calculés sur la base de l'intention de traiter. Pour les données continues, les différences moyennes pondérées ont été calculées avec un IC à 95 %.

Résultats principaux: 

Cinq essais ont été inclus. Deux essais comparant l'acupuncture aux antipsychotiques étaient équivoques concernant l'état général et les départs prématurés de l'étude. Les événements indésirables extrapyramidaux étaient significativement plus faibles dans le groupe d'acupuncture (n=21, RR 0,05 IC entre 0,0 et 0,8, NST 2 IC entre 2 et 8). Quatre des cinq essais comparaient également l'association acupuncture-antipsychotiques avec les antipsychotiques seuls. Les résultats relatifs à l'état général et aux départs prématurés de l'étude étaient ambigus. Les données des critères d'évaluation BPRS (court terme) étaient favorables au groupe de traitement combiné acupuncture-antipsychotiques (n=109, DMP -4,31 IC entre -7,0 et -1,6), bien que les données dichotomisées BPRS : aucune amélioration aient altéré ce résultat avec des données équivoques. Les scores de dépression HAMD (n=42, DMP -10,41 IC entre -12,8 et -8,0), HAMD : aucune amélioration (n=42, RR 0,17 IC entre 0,1 et 0,5, NST 2 IC entre 2 et 3) et ZDS (n=42, DMP -24,25 IC entre -28,0 et -20,5) donnaient un avantage significatif au groupe de traitement combiné acupuncture-antipsychotiques, bien que les résultats provenaient d'études indépendantes de petite taille. Les scores des événements indésirables découlant du traitement étaient significativement plus faibles dans le groupe acupuncture-antipsychotiques (n=40, DMP -0,50 IC entre -0,9 et -0,1), ces résultats provenant également d'une étude indépendante de petite taille.

Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.