Communautés thérapeutiques pour les troubles liés à la consommation de substances

Les communautés thérapeutiques (CT) sont un traitement répandu pour la réadaptation de toxicomanes. Les résultats de la présente revue montrent qu'il n'existe que très peu de preuves selon lesquelles les CT offriraient des effets bénéfiques significatifs par rapport à un autre traitement résidentiel, ou qu'un type de CT serait plus efficace qu'un autre. Les CT en milieu carcéral peuvent être plus efficaces que l'incarcération seule ou les programmes de traitement de la santé mentale pour la prévention de la récidive après la libération de détenus.

Conclusions des auteurs: 

Il n'existe que très peu de preuves selon lesquelles les CT offriraient des effets bénéfiques significatifs par rapport à un autre traitement résidentiel, ou qu'un type de CT serait plus efficace qu'un autre. Les CT en milieu carcéral peuvent être plus efficaces que l'incarcération seule ou les programmes de traitement de la santé mentale pour la prévention de la récidive après la libération de détenus. Toutefois, les limitations méthodologiques des études peuvent avoir introduit des risques de biais et aucune conclusion définitive ne peut être émise en raison des limitations dans les preuves existantes.

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Contexte: 

Les communautés thérapeutiques (CT) sont un traitement répandu aux États-Unis et en Europe pour la réadaptation de toxicomanes.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité des CT par rapport aux autres traitements destinés aux toxicomanes et examiner si le patient ou des caractéristiques de traitement influent sur l'efficacité.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans : le registre Cochrane des essais contrôlés (The Cochrane Library, numéro 2, 2005) ; MEDLINE, EMBASE, Psycinfo, CINAHL, SIGLE depuis leur date de création jusqu'à mars 2004. Les listes bibliographiques des études ont également été consultées.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés comparant une CT à d'autres traitements, l'absence de traitement ou à une autre CT.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont indépendamment examiné les résumés, mais aussi évalué la qualité méthodologique à l'aide de la liste de contrôle du groupe de revues Cochrane sur les drogues et l'alcool. Quand cela était possible, les données étaient récapitulées en utilisant les risques relatifs et les différences de moyennes. Sinon, les résultats étaient présentés tels qu'ils étaient signalés par les auteurs.

Résultats principaux: 

Sept études ont été incluses. Des différences entre les études empêchaient toute combinaison de données, les résultats étaient récapitulés individuellement pour chaque essai. Comparaison d'une CT à une résidence communautaire : aucune différence significative en termes d'achèvement du traitement ; comparaison d'une résidence communautaire à une CT : les taux d'attrition (les premières deux semaines) et d'abstinence à six mois étaient significativement inférieurs dans le groupe de traitement en résidence communautaire ; comparaison d'une CT standard à une CT avec programme abrégé amélioré : nombre plus élevé de personnes employées dans la CT standard RR 0,78 (IC à 95 % 0,63 à 0,96). Comparaison d'un programme de trois mois à un programme de six mois dans une CT avec programme modifié, d'un programme de six mois à un programme de 12 mois dans une CT standard : taux d'achèvement plus élevé dans le programme de trois mois et taux de rétention (40 jours) significativement supérieur avec le programme de 12 mois par rapport au programme de 6 mois.
Deux essais évaluaient les CT en milieu carcéral : un signalait une baisse significative de la réincarcération 12 mois après libération dans le groupe CT par rapport à l'absence de traitement, RR 0,68 (IC à 95 % 0,57 à 0,81). Dans l'autre essai, les personnes traitées en prison dans une CT par rapport aux programmes de traitement de la santé mentale montraient une baisse significative de la réincarcération RR 0,28 (IC à 95 % 0,13 à 0,63), de l'activité criminelle 0,69 (IC à 95 % 0,52 à 0,93) et des délits liés à l'alcool et à la drogue 0,62 (IC à 95 % 0,43 à 0,90) 12 mois après leur libération.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.