Traitement aux bisphosphonates pour les enfants et adolescents atteints d'ostéoporose secondaire.

Ce résumé d’une revue Cochrane présente les connaissances actuelles issues de nos recherches concernant l'effet des bisphosphonates pour l'ostéoporose des enfants et adolescents. Cette revue indique que les bisphosphonates :

- N'auraient aucun effet sur la densité minérale osseuse (épaisseur et résistance des os).

Les études incluses ne contenaient pas suffisamment d'informations pour déterminer l'effet des bisphosphonates sur le contenu minéral osseux des enfants (la quantité et le type de minéraux présents dans les os) ; le nombre d'os cassés chez les enfants et les adolescents et l'état des vertèbres des enfants (par exemple, les nouvelles fractures détectées à la radiographie ou au moyen d'autres méthodes de diagnostic).

Dans de nombreux cas, nous ne disposons pas d’informations précises concernant les effets secondaires et les complications. Ceci est particulièrement vrai pour les effets secondaires rares mais graves. Les effets secondaires potentiels peuvent inclure une réaction de phase aiguë (fièvre, frissons, malaise général), de faibles niveaux de calcium dans l'organisme, des nausées, des ballonnements abdominaux et d'autres problèmes digestifs, des lésions de l'œsophage, des douleurs osseuses ou musculaires, des étourdissements, des éruptions cutanées et une perte de mémoire.

Qu'est-ce que l'ostéoporose et que sont les bisphosphonates ?
L'os est une partie du corps vivante et en constant développement. Tout au long de la vie, de nouvelles cellules osseuses se développent et les anciennes cellules sont éliminées pour laisser la place à un nouvel os plus résistant. Chez les personnes atteintes d’ostéoporose, les os anciens se cassent trop vite pour pouvoir être remplacés par de nouveaux os. Lorsque cela se produit, les os perdent leurs minéraux (tels que le calcium). Cela les fragilise, et ils risquent de se casser plus facilement en cas de traumatisme léger tel qu'une chute ou un coup. Tous les os du corps sont affaiblis par l'ostéoporose mais toutes les personnes atteintes d'ostéoporose ne sont pas victimes d'une fracture.

Pour savoir si les os d'une personne sont plus faibles que la normale, un test de la densité minérale osseuse est effectué au moyen d'une radiographie spéciale, une tomodensitométrie (TDM) ou une échographie.
Chez les enfants atteints d'une maladie chronique, l'ostéoporose peut être due à cette maladie ou aux médicaments utilisés pour la traiter. C'est ce que l'on appelle une ostéoporose secondaire.

Les bisphosphonates sont des médicaments qui ralentissent les cellules responsables de la rupture de l'os ancien. Cela signifie que les cellules responsables de la croissance du nouvel os ont la possibilité de rattraper le retard et de renforcer l'os.

Conclusions des auteurs: 

Les résultats justifient des évaluations supplémentaires des bisphosphonates chez les enfants atteints d'ostéoporose secondaire. Les données probantes ne favorisent cependant pas l'utilisation des bisphosphonates comme traitement standard. La prise de bisphosphonates à court terme (3 ans ou moins) semble bien tolérée. Un critère accepté pour l'ostéoporose chez l'enfant, une approche standardisée en matière de reporting de la DMO et un examen des résultats cliniques de la fonction osseuse (ex. : taux de fractures) permettraient de comparer les différentes études de manière appropriée.

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Contexte: 

Les enfants atteints d'une maladie chronique présentent un risque plus élevé de diminution de la résistance osseuse et de fractures subséquentes (ostéoporose) en raison de l'impact de la maladie sous-jacente sur le développement squelettique ou de l'effet ostéotoxique des médicaments (ex. : glucocorticostéroïdes) utilisés pour traiter cette maladie chronique. Les bisphosphonates sont de plus en plus administrés aux enfants atteints d'ostéoporose secondaire ; l'efficacité et les effets indésirables de ces agents ne sont cependant pas clairement établis.

Objectifs: 

Examiner l'efficacité et les effets indésirables des bisphosphonates pour le traitement et la prévention de l'ostéoporose secondaire chez les enfants et adolescents.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre Cochrane central des essais contrôlés (Numéro 4, 2006), MEDLINE, EMBASE, CINAHL et ISI Web of Science (depuis sa création jusqu'en décembre 2006). D'autres documents ont été identifiés en contactant les experts, en recherchant les principaux auteurs, en examinant les références bibliographiques des études incluses et en contactant les fabricants de bisphosphonates.

Critères de sélection: 

Les essais cliniques randomisés, quasi-randomisés et comparatifs, les études de cohorte et les études cas-témoins portant sur l'utilisation d'un ou de plusieurs bisphosphonate(s) chez les enfants de 0 à 18 ans ayant présenté au moins une fracture faiblement traumatique ou une réduction de la densité minérale osseuse dans le cadre d'une ostéoporose secondaire.

Recueil et analyse des données: 

Deux évaluateurs ont extrait les données et évalué la qualité de manière indépendante. Des séries de cas ont été utilisées pour obtenir des données supplémentaires concernant les effets indésirables.

Résultats principaux: 

Six ECR, deux ECC et une étude de cohorte prospective (n = 281 enfants) ont été incluses et classées dans la catégorie de l'ostéoporose en raison de : 1) maladies neuromusculaires (un ECR) et 2) maladies chroniques (cinq ECR, deux ECC, une étude de cohorte). Les bisphosphonates étudiés étaient l'alendronate et le clodronate oraux et le pamidronate intraveineux (IV). La qualité des études était variable. Les données relatives aux effets indésirables issues de 23 séries de cas (n = 241 enfants) ont été utilisées.

L'hétérogénéité ne permettait pas de combiner statistiquement les résultats. La variation du pourcentage ou de la note z pour la DMO de surface de la colonne lombaire par rapport au début du traitement était systématiquement rapportée. Deux études ont effectué des analyses intergroupes ; l'une ne montrait aucune différence significative (en utilisant de l'alendronate oral pour l'anorexie mentale), tandis que l'autre montrait un effet thérapeutique sur la colonne lombaire avec du pamidronate IV chez les patients brûlés. Les effets indésirables fréquemment signalés incluaient une réaction de phase aiguë suivie de problèmes gastro-intestinaux et de douleurs osseuses/musculaires.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.