Les interventions en milieu professionnel peuvent réduire les comportements sexuels à risque des employés.

Nous avons inclus huit études totalisant 11 164 participants, mais une étude ne fournissait pas suffisamment de données pour être exploitée. Une étude réalisée en Afrique a révélé une forte hausse du recours aux services de conseil et de dépistage volontaire (CDV) de 51 % lorsque ce dernier était disponible sur place, soit 14 fois plus que la distribution d’un coupon pour un dépistage hors site. Cependant, une étude a révélé que les services CDV n’ont pas modifié l’incidence du VIH chez les employés d’une usine africaine. Dans une autre étude réalisée auprès de chauffeurs routiers à Hong Kong, les services CDV ont permis de faire reculer les maladies sexuellement transmissibles (MST) déclarées, mais n’ont pas fait diminuer le nombre de rapports sexuels non protégés de façon significative. L’éducation a été étudiée chez des soldats au Nigéria, en Angola et aux États-Unis, des chauffeurs routiers en Inde et des employés d’usine en Thaïlande. L’éducation qui était élaborée suite à une théorie motivationnelle permettait de réduire les MST de 32 %, de faire légèrement reculer les rapports sexuels non protégés, de diminuer les rapports sexuels avec des travailleurs du sexe de 12 %, mais ne réduisait pas le nombre de partenaires sexuels ou la consommation habituelle d’alcool avant un rapport sexuel.

Nous avons conclus qu’il est possible d’intervenir sur le lieu de travail pour la prévention du VIH et que ces interventions peuvent faire l’objet d’études dans le cadre d’un essai contrôlé randomisé. L’influence des pairs a un effet positif sur le recours au service CDV et les interventions sur le lieu de travail peuvent contribuer à changer les comportements sexuels à risque à un niveau modéré. Davantage d’essais randomisés sont requis pour les groupes à haut risque ou situés dans des zones où la prévalence du VIH est forte afin d’identifier des interventions plus efficaces.

Conclusions des auteurs: 

Il est possible d’intervenir sur le lieu de travail pour prévenir la transmission du VIH. Il existe des preuves de qualité modérée selon lesquelles un service CDV disponible sur le lieu de travail augmenterait le recours au dépistage. Même s’il n’a pas permis de réduire l’incidence du VIH, une baisse des maladies sexuellement transmissibles signalées et des comportements sexuels à risque ont été constatés. Des preuves de faible qualité indiquent que les interventions à but éducatif contribuent à réduire les maladies sexuellement transmissibles, les rapports sexuels non protégés et avec des travailleurs du sexe, mais pas les rapports sexuels avec plusieurs partenaires ou la consommation d’alcool avant un rapport sexuel.

D’autres essais randomisés de meilleure qualité doivent être effectués et privilégier les groupes particulièrement à risque, comme les chauffeurs routiers ou les employés travaillant dans des zones où la prévalence du VIH est très forte, comme en Afrique du Sud. Les comportements sexuels à risque doivent être mesurés de façon standardisée.

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Contexte: 

Le lieu de travail constitue un cadre idéal pour mener une campagne de prévention contre le VIH

Objectifs: 

Évaluer les effets des interventions comportementales afin de réduire la transmission du VIH lors de comportements sexuels à risque en milieu professionnel.

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE, EMBASE et PsycINFO jusqu’à mars 2011, ainsi que dans CINAHL, LILACS, DARE, OSH Update et la base de données EPPI jusqu’à octobre 2010..

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés (ECR), réalisés en milieu professionnel ou auprès d’employés particulièrement exposés au VIH, mesurant le niveau de VIH, les maladies sexuellement transmissibles (MST), les services de conseil et de dépistage volontaire (CDV) ou les comportements sexuels à risque.

Recueil et analyse des données: 

Deux relecteurs ont sélectionné les études à inclure, extrait des données et évalué les risques de biais, de façon indépendante. Nous avons regroupé les études qui étaient similaires.

Résultats principaux: 

Nous avons identifié 8 ECR totalisant 11 164 participants, mais une étude fournissait des données insuffisantes. Ces études comparaient les services CDV à l’absence de services CDV et l’éducation à l’absence d’intervention et à l’éducation alternative..

Le recours aux services CDV augmentait de 51 % quand ils étaient disponibles sur le lieu de travail par rapport à la distribution d’un coupon permettant de bénéficier des services CDV (RR = 14,0 (IC à 95 % 11,8 à 16,7)). Après avoir contacté les services CDV, le nombre de MST déclarées diminuait (RR=0.10 (IC à 95 % 0,01 à 0,73)), mais l’incidence du VIH (RR = 1,4 (IC à 95 % 0,7 à 2,7)) et les rapports sexuels non protégés (RR = 0,71 (0,48 à 1,06)) ne diminuaient pas significativement.

L’éducation permettait de réduire les MST (RR = 0,68 (IC à 95 % 0,48 à 0,96)), les rapports sexuels non protégés (Différence Moyenne Standardisée (DMS) = - 0,17 (IC à 95 % - 0,29 à - 0,05), les rapports sexuels avec un travailleur du sexe (RR = 0,88 (IC à 95 % 0,81 à 0,96), mais pas le nombre de partenaires sexuels (Différence Moyenne (DM) = - 0,22 (IC à 95 % - 0,52 à 0,08), ni la consommation d’alcool avant un rapport sexuel (DM = - 0,01 (IC à 95 % de - 0,11 à 0,08).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.