Cette revue compare deux contraceptifs hormonaux injectables avec progestatif seul, à savoir l'acétate de médroxyprogestérone-retard (AMPR) et l'énanthate de noréthistérone (EN-NET), en termes de risques et de motifs de leur abandon ainsi que d’effets cli

Les contraceptifs hormonaux injectables sont largement utilisés dans de nombreux pays en développement. Il existe deux contraceptifs injectables à base de progestatif seul, disponibles dans de nombreux pays depuis les années 1980. Il s'agit de l'acétate de médroxyprogestérone -retard (AMPR) et de l'énanthate de noréthistérone (EN-NET). Ces contraceptifs sont tous deux très efficaces et bien acceptés par un grand nombre de femmes durant leurs années de fécondité. Ils représentent une proportion assez considérable des dépenses de santé en contraception. Ils sont différents en termes de fréquence d'administration et de coût, et une comparaison systématique contribuera à leur utilisation rationnelle. La présente revue cherche à comparer l'AMPR administré à la dose de 150 mg IM tous les 3 mois à l'EN-NET administré à la dose de 200 mg IM tous les 2 mois, afin de déterminer s'il existe des différences d'efficacité contraceptive, de réversibilité et de motifs d'abandon, ainsi que d’effets cliniques mineurs et majeurs.
Toutes les bases de données ont été analysées depuis les débuts de l’utilisation des progestatifs injectables. Cette revue a inclus toutes les comparaisons contrôlées randomisées d'AMPR et d'EN-NET employés dans un but de contraception. Les essais devaient rendre compte de l'efficacité contraceptive et du retour à la fécondité, des taux d'abandon et des raisons de l'abandon, ainsi que des effets cliniques menstruels et non menstruels.
Il s'est avéré qu'il n'existait pas de différence significative entre les deux groupes de traitements en ce qui concerne le moment de début et d’arrêt du traitement. Les femmes appartenant au groupe EN-NET avaient 4 % de plus de risques d'abandonner le traitement pour des raisons personnelles que celle du groupe AMPR, mais cette différence n'était pas statistiquement significative. Le taux d'abandons dus à une grossesse accidentelle ne différait pas entre les groupes. La durée des règles et les épisodes de spotting était similaires dans les deux groupes. Les femmes sous AMPR avaient 21 % de plus de risque de se trouver en aménorrhée pendant l'utilisation du contraceptif. Les changements de poids corporel et de tension artérielle ne différaient pas de façon significative entre l'AMPR et l'EN-NET. En outre, ces changements étaient minimes et n'étaient pas cliniquement pertinents.
En résumé, les données issues des essais inclus dans cette revue indiquent une différence minime entre les effets de ces méthodes, en dehors d’une la plus grande probabilité d’aménorrhée chez les femmes sous AMPR. Les données sont insuffisantes pour déceler les différences concernant certains effets cliniques non menstruels. Cette méthode contraceptive étant encore utilisée dans certains pays des recherches plus approfondies seraient utiles.

Conclusions des auteurs: 

Alors que le choix d’un contraceptif progestatif injectable peut varier, entre l'AMPR et l'EN-NET, d’un praticien à l’autre aussi bien que d’une patiente à l’autre, les données provenant d'essais contrôlés randomisés indiquent une différence minime entre les effets de ces méthodes, hormis la plus grande probabilité d’aménorrhée chez les femmes sous AMPR. Les données sont insuffisantes pour déceler les différences concernant certains effets cliniques mineurs et majeurs non menstruels.

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Contexte: 

Il existe deux contraceptifs injectables à base de progestatif seul (CIP), disponibles dans de nombreux pays dans le monde depuis 1983. Ils sont tous deux largement utilisés dans de nombreux pays en développement, représentant une large proportion des dépenses de santé pour la contraception. Il s'agit de l'acétate de médroxyprogestérone-retard (AMPR) et de l'énanthate de noréthistérone (EN-NET). Ces contraceptifs sont tous deux très efficaces et bien acceptés par un grand nombre de femmes durant leurs années de fécondité. Ils sont différents en termes de fréquence d'administration, ce qui a des implications quant aux modalités de prise pour les patientes. Leur coût est également différent, ce qui peut affecter de façon significative le budget du système de santé. Une comparaison systématique aidera à s'assurer de leur utilisation rationnelle.

Objectifs: 

Déterminer s'il existe des différences entre l'acétate médroxyprogestérone-retard administré à la dose de 150 mg IM tous les 3 mois et l'énanthate de noréthistérone administré à la dose de 200 mg IM tous les 2 mois, en termes d'efficacité contraceptive, de réversibilité et de motifs d'abandon, d'effets mineurs et majeurs.

La stratégie de recherche documentaire: 

Notre analyse a porté sur les bases de données informatisées MEDLINE en utilisant PubMed, Popline, le registre Cochrane des essais contrôlés, Biblioline, LILACS, EMBASE et PASCAL ; nous avons recherché les essais randomisés comparant AMPR et EN-NET pour la contraception progestative à longue durée d'action. Les études ont été incluses quelle que soit leur langue et toutes les bases de données ont été passées en revue à partir du début de l’utilisation de ces progestatifs injectables.

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés randomisés de l'd'AMPR administré à la dose de 150 mg IM tous les 3 mois contre l'EN-NET administré à la dose de 200 mg IM tous les 2 mois dans un but contraceptif ont été inclus. Les essais devaient rendre compte de l'efficacité contraceptive et du retour à la fécondité, des risques d'abandon et des raisons de l'abandon, ainsi que des effets cliniques, menstruels et non menstruels.

Recueil et analyse des données: 

BD et CM ont évalué les titres et les résumés obtenus en appliquant la stratégie de recherche et ont appliqué les critères d'admissibilité. BD a essayé de contacter les auteurs lorsqu'une clarification des données était nécessaire et a contacté tous les principaux fabricants de contraceptifs. Après inclusion des deux études, les données ont été extraites et analysées avec le logiciel RevMan 4.2.

Résultats principaux: 

Deux essais ont été inclus dans cette revue. Aucune différence significative n'a été observée entre les deux groupes de traitement quant à la fréquence d'abandon des contraceptifs, bien que les femmes appartenant au groupe EN-NET aient eu 4 % de plus de risques d'abandonner pour des raisons personnelles que celles du groupe AMPR. L'abandon dû à une grossesse accidentelle ne diffère pas entre les groupes. Bien que la durée des règles et les épisodes de spotting soient comparables dans les deux groupes, les femmes sous AMPR avaient 21 % de plus de risques de se trouver en aménorrhée. Les changements moyens de poids corporel à 12 et 24 mois et la tension systolique et diastolique à 12 mois ne différaient pas de façon significative entre les études.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.