Halopéridol plus prométhazine pour traiter l'agressivité due à une psychose

Cette traduction n'est pas à jour. Veuillez cliquer ici pour voir la dernière version de cette revue en anglais.

Les personnes souffrant d'hallucinations et de délires (psychose) peuvent se montrer agitées, effrayées ou agressives. De plus, elles ne réagissent pas très rapidement à l'aide ou au réconfort apporté par autrui. Parfois, le personnel clinique peut ne pas avoir le temps d'aider ces personnes à sortir de cet état.Dans ce cas, des médicaments peuvent être utilisés pour aider les personnes agitées à se détendre, s'apaiser ou dormir. Dans les pays à faible ou à moyen revenus, les médicaments utilisés à cet effet ne peuvent pas être trop chers. Cette revue inclut quatre essais portant sur des personnes qui, lorsqu'elles se sont montrées agressives dans une situation d'urgence, ont reçu de l'halopéridol (un antipsychotique) associé à la prométhazine (un antihistaminique) par rapport à d'autres médicaments. Ces quatre essais comprenaient 1 117 personnes vivant dans des villes d'Inde et du Brésil. Elles étaient observées afin de savoir si elles étaient tranquillisées ou endormies au bout de vingt minutes à quatre heures, mais également pour constater les effets indésirables et évaluer leur bien-être.

Tous les traitements fonctionnent, mais à différents rythmes ; le midazolam (benzodiazépine) étant le plus rapide à produire un effet et le lorazépam (autre benzodiazépine) le plus lent. Cependant, les groupes recevant des benzodiazépines ressentaient davantage d'effets indésirables. Pour l'halopéridol plus prométhazine, les résultats étaient différents entre les essais dans les deux localisations géographiques. Dans les deux essais indiens, le pourcentage de personnes, sous halopéridol plus prométhazine, se calmant ou s'endormant à 30 minutes était de 95 et 96 %, tandis qu'à Rio de Janeiro il était de 67 et 70 %. On ne comprend pas pleinement la raison à cela, mais c'est peut-être dû à des aspects culturels et à l'environnement des urgences. L'halopéridol plus prométhazine agissait plus vite que l'halopéridol seul ou la prométhazine seule, mais il n'y avait par la suite aucune différence dans le nombre de personnes tranquillisées ou endormies. Davantage d'effets indésirables sur la motricité étaient ressentis avec l'halopéridol seul.

Chaque essai comparant l'halopéridol plus prométhazine à un médicament différent, il est difficile de combiner tous les résultats. De plus, l'environnement de traitement des patients présentaient des différences. Étant donnée la nécessité de protéger les patients et le personnel, ce domaine pourrait bénéficier de plus amples recherches.

(Résumé en langage simplifié préparé pour cette revue par Janey Antoniou de RETHINK, Royaume-Uni www.rethink.org)

Conclusions des auteurs: 

Tous les traitements évalués dans le cadre des études incluses étaient efficaces. Cependant, les benzodiazépines peuvent entraîner une dépression respiratoire, probablement plus le midazolam que le lorazépam. Il est difficile de justifier l'utilisation de ce groupe de médicaments en dehors de services entièrement convaincus de pouvoir observer et gérer les conséquences d'une détresse respiratoire. Selon cette preuve, l'halopéridol seul comporte un tel risque d'effets indésirables évitables qu'il devrait être utilisé uniquement s'il constitue la seule option de traitement. L'olanzapine IM présente un intérêt par rapport à l'halopéridol plus prométhazine mais sa durée d'action est courte et une nouvelle injection est souvent nécessaire. L'halopéridol plus prométhazine utilisé dans deux situations distinctes au Brésil et en Inde dispose de beaucoup de preuves étayant ses effets sûrs, rapides et très utiles sur le plan clinique.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

Les services de santé prennent souvent en charge des personnes agitées ou violentes, ce comportement est particulièrement fréquent dans les services d'urgence psychiatrique (10 %). Dans cette situation, les médicaments utilisés doivent garantir que la personne retrouve rapidement et en toute sécurité son sang-froid.

Objectifs: 

Vérifier si l'halopéridol accompagné de prométhazine est un traitement efficace pour l'agitation/agressivité due à une psychose.

La stratégie de recherche documentaire: 

Le registre du groupe Cochrane sur la schizophrénie a été consulté (janvier 2008).

Critères de sélection: 

Ont été inclus tous les essais cliniques randomisés portant sur des personnes atteintes de psychose et pour lesquelles l'association halopéridol-prométhazine était utilisée.

Recueil et analyse des données: 

De manière fiable, toutes les données provenant des études pertinentes ont été sélectionnées, extraites et leur qualité a été évaluée. Pour les résultats binaires, les estimations standards du risque relatif (RR) et leurs intervalles de confiance (IC) à 95 % ont été calculées. Dans la mesure du possible, le nombre pondéré de sujets à traiter pour observer un bénéfice ou un effet indésirable (NST/NNN) a été estimé.

Résultats principaux: 

Quatre études pertinentes et de grande qualité ont été identifiées. La première comparait l'association halopéridol-prométhazine avec le midazolam (n=301), la seconde avec le lorazépam (n=200), la troisième avec l'halopéridol seul (n=316) et la quatrième avec olanzapine IM (n=300). Au Brésil, l'association halopéridol-prométhazine se révélait être un moyen de tranquillisation efficace avec deux tiers des personnes calmées ou tranquillisées dans les 30 minutes, mais le midazolam agissait plus rapidement (n=301, RR 2,9 IC entre 1,75 et 4,80, NNN 5 IC entre 3 et 12). En Inde, par rapport au lorazépam, davantage de personnes étaient calmées ou tranquillisées au bout de 30 minutes si elles faisaient partie du groupe recevant le traitement combiné (n=200, RR 0,26 IC entre 0,10 et 0,68, NST 8 IC entre 6 et 17). Les différences consignées lors des heures de traitement suivantes sont négligeables. Il a été observé une dépression respiratoire chez une personne ayant reçu du midazolam (0,7 %, traitée par flumazénil) et des difficultés respiratoires chez une autre ayant reçu du lorazépam (1 %). Environ 1 % des personnes ayant reçu tout traitement à l'halopéridol subissaient une crise convulsive. Au bout de 20 minutes, l'association halopéridol-prométhazine par injection intramusculaire produisait un plus grand effet tranquillisant que l'halopéridol par injection intramusculaire (1 ECR, n=316, RR 0,65 IC entre 0,49 et 0,87, NST 7 IC entre 5 et 17). L'administration d'halopéridol sans prométhazine dans cette situation est à l'origine d'effets indésirables fréquents et graves (NNN 15 IC entre 14 et 40). L'olanzapine tranquillisait aussi rapidement que l'association halopéridol-prométhazine (1 ECR, n=300, RR tranquillisé ou endormi à 15 minutes 0,74 IC entre 0,38 et 1,41), mais ne produisait pas un effet durable et plus de personnes avaient besoin de médicaments supplémentaires dans les quatre heures (1 ECR, n=300, RR 0,48 IC entre 0,33 et 0,69, NST 5 IC entre 4 et 8) et d'une nouvelle évaluation par le médecin (1 ECR, n=300, RR 0,47 IC entre 0,30 et 0,73, NST 6 IC entre 5 et 12).

Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.