Embolisation des artères utérines pour fibromes utérins symptomatiques

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Les fibromes utérins (tumeurs bénignes) peuvent provoquer divers symptômes tels que des saignements abondants, des douleurs et la diminution des chances de grossesse. La chirurgie (hystérectomie ou myomectomie) était traditionnellement la principale option thérapeutique, mais elle comporte un risque de complications. L'embolisation des artères utérines (EAU) est une option de traitement plus récente qui bloque l'approvisionnement en sang de l'utérus, rétrécissant ainsi les fibromes et réduisant leurs effets. Cette revue d'essais cliniques a constaté que les femmes traitées par EAU et celles ayant subi une opération chirurgicale avaient autant de chances d'être satisfaites de leur traitement et avaient une amélioration de leur qualité de vie à un an similaire. Le groupe à EAU avait toutefois bénéficié, de manière significative, d'un plus court séjour hospitalier et d'un plus rapide retour aux activités quotidiennes. En ce qui concerne la sécurité, alors qu'il n'y avait pas de différences dans les taux de complications majeures, le pourcentage de femmes souffrant de complications mineures était plus élevé après une EAU. En outre, dans les cinq années suivant une EAU le risque de nécessiter une intervention chirurgicale était cinq fois plus important. Il semble par conséquent que si l'EAU est une option sûre permettant un rétablissement initial plus précoce, elle comporte un risque plus élevé de complications mineures et de nécessiter ultérieurement d'une nouvelle intervention chirurgicale. Des preuves de très faible niveau semblent indiquer que la fécondité (naissances vivantes et grossesses) serait meilleure après myomectomie qu'après EAU, mais de nouvelles recherches sont nécessaires dans ce domaine.

Conclusions des auteurs: 

L'EAU semble avoir un taux de satisfaction globale des patientes similaire à l'hystérectomie et à la myomectomie et présente l'avantage d'une plus courte hospitalisation et d'un retour plus rapide aux activités de routine. Toutefois, l'EAU est associée à un taux plus élevé de complications mineures et à une probabilité accrue de nécessiter une intervention chirurgicale dans les deux à cinq années suivant la procédure initiale. Des preuves de très faible niveau semblent indiquer que la myomectomie pourrait être associée à une meilleure fécondité que l'EAU, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires.

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Contexte: 

Les fibromes utérins provoquent des saignements abondants et prolongés, des douleurs, des symptômes de pression et une sous-fécondité. Le traitement était traditionnellement chirurgical car les thérapies médicales n'ont pas prouvé leur efficacité. Il a été rapporté que l'embolisation des artères utérines (EAU) était une alternative efficace et sûre pour traiter les fibromes chez les femmes ne désirant pas de future grossesse. Il y a un important corpus de preuves reposant sur des études cas-témoins et des rapports de cas. Ceci est une mise à jour de la revue publiée antérieurement en 2006.

Objectifs: 

Examiner les avantages et les risques de l'embolisation des artères utérines (EAU) versus d'autres interventions médicales ou chirurgicales pour les fibromes utérins symptomatiques.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et l'hypofertilité (en novembre 2011), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) dans (The Cochrane Library, 4ème trimestre 2011), MEDLINE (de 1950 à novembre 2011) et EMBASE (de janvier 1980 à novembre 2011). Nous avons également contacté les auteurs d'ECR éligibles pour obtenir des données non publiées.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés (ECR) sur l'EAU versus toute thérapie médicale ou chirurgicale pour fibromes utérins symptomatiques.

Recueil et analyse des données: 

Deux des auteurs (AS et JKG) ont évalué les essais et extrait les données de manière indépendante.

Résultats principaux: 

Six ECR avec 732 femmes ont été inclus dans cette revue. Trois essais avaient comparé l'EAU à l'hystérectomie abdominale, deux essais ont comparé l'EAU à la myomectomie et un essai a comparé l'EAU à la chirurgie (43 hystérectomies et 8 myomectomies)

Il y avait des preuves moyennement bonnes de l'absence de différence significative entre l'EAU et la chirurgie dans les taux de satisfaction des patientes après deux ans (RC 0,69 ; 0,40 à 1,21 ; 516 femmes ; 5 essais) et après cinq ans (RC 0,90 ; IC à 95% 0,45 à 1,80 ; 295 femmes ; 2 essais), et il y avait un faible niveau de preuves suggérant que la qualité de vie à un an avait été améliorée de façon égale dans les deux groupes (mean difference -7.60,-17.55 à 2.35, 1 essai, 122 femmes). Des preuves de très faible niveau semblaient indiquer que la myomectomie pourrait être associée à une meilleure fécondité que l'EAU, mais cette analyse était limitée à la cohorte limitée des femmes (n = 66) qui avaient essayé de concevoir dans la seule étude EAU versus myomectomie (naissances vivantes : RC 0,33 ; IC à 95% 0,11 à 1,00 - grossesses : RC 0,29 ; IC à 95 % 0,10 à 0,85). Il n'y avait pas de différence significative entre les deux interventions pour le taux de complications majeures. En comparaison avec la chirurgie, l'EAU avait réduit de manière significative la durée de la procédure, la durée d'hospitalisation et le délai de reprise des activités de routine et avait également diminué la probabilité de nécessiter une transfusion sanguine. L'EAU était toutefois associée à des taux plus élevés de complications mineures à court et long terme, à plus de réadmissions imprévues après sortie de l'hôpital et à un taux accru de réintervention chirurgicale. Cette augmentation du taux de réintervention chirurgicale pourrait contrebalancer l'avantage initial de coût de l'EAU (réinterventions dans les 2 ans : RC 5,09 ; IC à 95 % 2,82 à 9,18 ; 608 femmes ; 5 essais - dans les 5 ans : RC 5,79 ; IC à 95 % 2,65 à 12,65 ; 289 femmes, 2 essais). Dans un suivi à long terme, il n'y avait pas eu de différence significative pour les taux de carence ovarienne.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.