Utilisation d'un dispositif intra-utérin au lévonorgestrel (DIU-LNG) contre la récidive des symptômes chez les femmes opérées pour une endométriose

L'endométriose consiste en la présence de tissu endométrial en dehors de l'utérus, habituellement dans le bassin, pouvant entrainer infertilité et douleurs pelviennes. Elle est traitée par la chirurgie, les médicaments hormonaux ou une combinaison des deux. Le lévonorgestrel progestatif est un de ces médicaments hormonaux. Le but de cette revue était d'évaluer si l'utilisation d'un dispositif intra-utérin libérateur d'hormone était bénéfique pour la prise en charge des symptômes douloureux associés et pour la prévention de la récurrence postopératoire de l'endométriose. Bien que les résultats préliminaires soient encourageants, il n'y a à ce stade que des preuves limitées provenant de trois essais randomisés que les DIU-LNG aient un rôle bénéfique dans la réduction de la récurrence des épisodes douloureux survenant après une opération pour endométriose. La robustesse des données a été classée comme modérée, ce qui reflète notre conviction que les données futures ne modifieront probablement pas ces conclusions.

Conclusions des auteurs: 

Des preuves limitées mais cohérentes indiquent que l'utilisation postopératoire de DIU-LNG réduit la récurrence des épisodes douloureux chez les femmes atteintes d'endométriose. De nouveaux ECR bien conçus sont nécessaires pour confirmer ces résultats.

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Contexte: 

Il existe plusieurs options de traitement pour l'endométriose, notamment chirurgicales, médicales, comme la suppression ovarienne, ou une combinaison de ces stratégies. Le traitement chirurgical de l'endométriose vise à éliminer les zones visibles d'endométriose. Le but du traitement médical est d'inhiber la croissance des implants endométriosiques par induction d'un état hypo-œstrogénique. Il a également été suggéré de traiter au moyen d'un dispositif intra-utérin libérateur d'hormone utilisant du lévonorgestrel (DIU-LNG).

Objectifs: 

Déterminer si l'insertion postopératoire d'un DIU-LNG chez les femmes atteintes d'endométriose améliore la douleur et réduit la récurrence des symptômes comparativement à l'absence de traitement postopératoire, à l'insertion postopératoire d'un placebo ou à la thérapie postopératoire.

La stratégie de recherche documentaire: 

Les bases de données suivantes ont été examinées, de leur origine jusqu'à juin 2012 : Registre spécialisé des essais contrôlés du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et l'hypofertilité, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE, PsycINFO, CINAHL, et le système d’enregistrement international des essais cliniques de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Nous avons cherché dans EMBASE de 2010 à juin 2012 et passé au crible les références bibliographiques de publications, d'articles de synthèse, de résumés de réunions scientifiques et des études incluses.

Critères de sélection: 

Les essais ont été inclus s'ils comparaient des femmes subissant un traitement chirurgical de l'endométriose avec préservation de l'utérus, puis les randomisaient dans les trois mois entre insertion d'un DIU-LNG et absence de traitement postopératoire, placebo (DIU inerte) ou autre traitement. La laparoscopie diagnostique seule n'a pas été considérée comme un traitement approprié.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont sélectionné les études à inclure et extrait les données de manière indépendante pour permettre une analyse en intention de traiter. Pour les données dichotomiques, nous avons calculé le risque relatif (RR) et l'intervalle de confiance (IC) à 95% au moyen de la méthode à effets aléatoires de Mantel-Haenszel. Pour les données continues, nous avons calculé la différence moyenne (DM) et l'IC à 95% au moyen de la méthode de l'inverse de la variance avec modèle à effets aléatoires.

Résultats principaux: 

Trois essais contrôlés randomisés ont été inclus. Deux essais révélaient une réduction statistiquement significative de la récurrence des épisodes douloureux dans le groupe à DIU-LNG par rapport à la prise en charge non-interventionniste (RR 0,22 ; IC à 95% 0,08 à 0,60 ; 95 femmes ; I2 = 0% ; données modérément robustes). La proportion de femmes satisfaites de leur traitement était également plus élevée dans le groupe à DIU-LNG, sans que cela soit statistiquement significatif (RR 1,21 ; IC à 95% 0,80 à 1,82 ; 95 femmes, I2 = 0%). Le nombre de femmes faisant état d'un changement dans la menstruation était significativement plus élevé dans le groupe à DIU-LNG (RR 37,80 ; IC à 95% 5,40 à 264,60 ; 95 femmes ; I2 = 0% ), mais le nombre de femmes n'ayant pas continué jusqu'au bout le traitement alloué ne différait pas entre les groupes (RR 0,66 ; IC à 95% 0,08 à 5,25 ; I2 = 43%).

Dans un essai, les femmes avec DIU-LNG avaient indiqué des scores de douleur plus faibles que les femmes recevant des agonistes de la gonadolibérine (DM -0,16 ; IC à 95% -2,02 à 1,70 ; 40 femmes), sans que cela soit statistiquement significatif.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.