Les radars de contrôle routier réduisent-ils les accidents de la route, les blessures et les décès ?

Les accidents de la route sont une cause majeure de décès et d'invalidité. La vitesse du véhicule est un facteur déterminant du risque de blessures ; plus la vitesse est élevée, plus l'énergie absorbée par les occupants en cas de collision est forte, et plus les blessures sont graves.

Il a été établi qu'une vitesse excessive (supérieure à la limite autorisée ou excessive compte tenu des conditions de circulation) était partiellement responsable d'un grand nombre d'accidents. On considère donc que la réduction de la vitesse de circulation réduit la probabilité et la gravité d'un accident. Par conséquent, les interventions visant à réduire la vitesse de circulation sont considérées comme essentielles pour prévenir les blessures et les décès liés aux accidents de la route. Les contrôles de vitesse utilisant des radars et d'autres dispositifs automatisés font partie de ces mesures.

Pour évaluer l'efficacité des radars de contrôle routier, les auteurs ont examiné toutes les études éligibles, c.-à-d. les études qui remplissaient les critères standard prédéfinis. Nous avons analysé les effets des radars de contrôle routier sur les excès de vitesse, les accidents de la route, les blessures et les décès en comparant la situation avant et après la mise en place des radars, et en analysant la situation sur des routes comparables sans radar au cours de la période d'étude.

Les auteurs ont sélectionné un total de 35 études qui remplissaient les critères prédéfinis. Toutes les études documentant les critères de jugement de la vitesse rapportaient une réduction de la vitesse moyenne après la mise en place des radars de contrôle routier. La vitesse était également rapportée sous forme de réduction du pourcentage de véhicules en excès de vitesse (conducteurs), du pourcentage de réduction du dépassement de plusieurs limites de vitesse, ou de réduction du pourcentage des excès de vitesse situés dans la frange la plus élevée. La réduction du nombre de véhicules (conducteurs) dépassant la limite de vitesse en vigueur indiquée était comprise entre 8 et 70 %, avec une plage de réductions de 10 à 35 % dans la plupart des pays.

Vingt-huit études mesuraient les effets de l'intervention sur les accidents. Les 28 études rapportaient une réduction du nombre d'accidents dans les zones contrôlées par radar après la mise en œuvre du programme. À proximité des zones contrôlées par radar, la réduction était comprise entre 8 et 49 % pour l'ensemble des accidents, avec une plage de réductions de 14 à 25 % dans la plupart des études. Pour les accidents avec dommages corporels, la réduction était comprise entre 8 et 50 %, et entre 11 et 44 % pour les accidents entraînant des décès ou des blessures graves. Les effets sur les zones élargies révélaient des réductions de l'ensemble des accidents comprises entre 9 et 35 %, avec une plage de réductions de 11 à 27 % dans la plupart des études. Pour les accidents entraînant des décès ou des blessures graves, les réductions étaient comprises entre 17 et 58 %, avec une plage de réductions de 30 à 40 % dans la plupart des études. Les études de plus longue durée montraient que ces tendance positives se maintenaient ou s'amélioraient avec le temps.

Dans l'ensemble, les études incluses dans cette revue étaient, au mieux, de qualité moyenne. Néanmoins, la cohérence des réductions de la vitesse et des accidents rapportées dans l'ensemble des études montre que les radars de contrôle routier sont une intervention utile pour réduire le nombre de blessures et de décès liés aux accidents de la route. Pour confirmer ces résultats, des études de meilleure qualité, de préférence sous forme d'essais contrôlés bien planifiés, présentant une durée appropriée (ainsi que de longues périodes de suivi) et un nombre de points-temps de recueil de données suffisant avant et après la mise en place des radars de contrôle routier sont nécessaires. Aucune des études n'avait été réalisée dans des pays à faible revenus, et des recherches dans ces environnements sont également nécessaires. La cohérence des méthodes doit être améliorée, notamment en utilisant des normes internationales pour le recueil et la documentation des données de vitesse et d'accidents, ainsi que des techniques consensuelles pour contrôler le biais des études. Cela permettrait d'obtenir des comparaisons plus fiables entre les différents pays et de fournir des preuves scientifiques solides des effets bénéfiques des radars de contrôle routier.

Conclusions des auteurs: 

Malgré les limitations méthodologiques et la variabilité du rapport signal sur bruit, la cohérence des réductions de la vitesse et des accidents rapportées dans toutes les études montrent que les radars de contrôle routier sont une intervention utile pour réduire le nombre de blessures et de décès liés à des accidents de la route. Toutefois, bien que la base factuelle indique clairement une direction positive de l'effet, son ampleur globale ne peut pas être établie à l'heure actuelle en raison de l'hétérogénéité des essais et de leur manque de rigueur méthodologique. D'autres études plus rigoureuses et homogènes d'un point de vue scientifique sont nécessaires afin d'établir l'ampleur de cet effet.

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Contexte: 

On estime que d'ici à 2020, les accidents de la route seront passés de la neuvième à la troisième place du classement mondial du fardeau des maladies mesuré sous forme d'années de vie ajustées sur l'incapacité. La prévention des blessures liées aux accidents de la route est une question de santé publique d'importance mondiale. Les mesures visant à réduire la vitesse de circulation sont considérées comme essentielles pour prévenir les blessures liées aux accidents de la route ; l'utilisation de radars de contrôle routier en fait partie.

Objectifs: 

Déterminer si l'utilisation de radars de contrôle routier réduit l'incidence des excès de vitesse, des accidents de la route, des blessures et des décès.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données électroniques suivantes (toutes les années disponibles jusqu'en mai 2010) : la Bibliothèque Cochrane, MEDLINE (WebSPIRS), EMBASE (WebSPIRS), TRANSPORT, IRRD (International Road Research Documentation), TRANSDOC (European Conference of Ministers of Transport databases), Web of Science (Science and Social Science Citation Index), PsycINFO, CINAHL, EconLit, la base de données de l'OMS, Sociological Abstracts, Dissertation Abstracts et Index to Theses.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés, les études de séries chronologiques interrompues et les études contrôlées avant-après évaluant l'impact des radars de contrôle routier sur les excès de vitesse, les accidents de la route et les accidents entraînant des blessures et des décès étaient éligibles dans la revue.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons sélectionné de manière indépendante les études à inclure, extrait les données, évalué la qualité méthodologique et les critères de jugement rapportés par les auteurs des études et, dans la mesure du possible, calculé les résultats standardisés sur la base des informations disponibles dans chaque étude. Compte tenu de l'hétérogénéité considérable entre et au sein des études incluses, aucune méta-analyse n'a été effectuée.

Résultats principaux: 

Trente-cinq études remplissaient les critères d'inclusion. Par rapport aux interventions témoins, la réduction relative de la vitesse moyenne était comprise entre 1 et 15 %, et la réduction du nombre de véhicules en excès de vitesse était comprise entre 14 et 65 %. À proximité des zones contrôlées par radar, les réductions avant/après étaient comprises entre 8 et 49 % pour l'ensemble des accidents, et entre 11 et 44 % pour les accidents entraînant des décès et des blessures graves. Par rapport aux interventions témoins, l'amélioration relative du nombre d'accidents entraînant des blessures avant/après était comprise entre 8 et 50 %.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.