Les antagonistes des récepteurs de l'endothéline pour le traitement de l'hypertension artérielle pulmonaire

L'hypertension pulmonaire est une augmentation de la pression sanguine dans l'artère pulmonaire, la veine pulmonaire, ou les capillaires pulmonaires (la circulation pulmonaire), conduisant à des essoufflements, des vertiges, des évanouissements et d'autres symptômes, qui sont tous aggravés par l'effort. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a reclassifié l'hypertension pulmonaire en cinq groupes basés sur leurs mécanismes plutôt que sur les affections associées. Dans cette revue nous nous sommes focalisés seulement sur l'hypertension artérielle pulmonaire (HAP) . L'hypertension artérielle pulmonaire est une maladie dévastatrice se caractérisant par une augmentation de la résistance vasculaire pulmonaire qui conduit à une insuffisance cardiaque droite et finalement au décès.

Traditionnellement les thérapies pour le traitement de l'hypertension artérielle pulmonaire comprennent la prostacycline et ses analogues, les inhibiteurs des canaux calciques, l'oxyde nitrique (ON), et des thérapies adjuvantes importantes, telles que les anticoagulants et l'oxygène. Les antagonistes des récepteurs de l'endothéline ont récemment été proposés comme alternative à ces traitements conventionnels. Cette revue inclut douze essais portant sur 1471 participants. Les antagonistes des récepteurs de l'endothéline peuvent améliorer la capacité d'exercice, les symptômes et les variables hémodynamiques cardiopulmonaires chez les personnes souffrant d'hypertension artérielle pulmonaire symptomatique pendant une période de trois à six mois de traitement. Il existe une incertitude quant à savoir si les antagonistes des récepteurs de l'endothéline réduisent la mortalité chez cette population. L'effet secondaire potentiel le plus grave était la toxicité hépatique, qui était peu fréquente dans ces essais à court terme.

Conclusions des auteurs: 

Les antagonistes des récepteurs de l'endothéline peuvent augmenter la capacité d'exercice, améliorer la classe fonctionnelle OMS/NYHA, prévenir la détérioration de la classe fonctionnelle OMS/NYHA, réduire la dyspnée et améliorer les variables hémodynamiques cardiopulmonaires chez les patients atteints d'hypertension artérielle pulmonaire des classes fonctionnelles II et III de l'OMS/NYHA. Cependant, il n'y avait qu'une tendance des antagonistes des récepteurs de l'endothéline à réduire la mortalité chez les patients atteints d'hypertension artérielle pulmonaire. L'efficacité est plus forte chez les patients atteints d'hypertension artérielle pulmonaire idiopathique. La déconvenue de l'insuffisance hépatique irréversible causée par le sitaxsentan et son retrait des marchés internationaux soulignent l'importance de la surveillance hépatique chez les patients traités avec les antagonistes des récepteurs de l'endothéline.

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Contexte: 

L'hypertension artérielle pulmonaire est une maladie, dévastatrice qui entraîne une insuffisance cardiaque droite et un décès prématuré. Des preuves récentes suggèrent que les antagonistes des récepteurs de l'endothéline peuvent être des traitements prometteurs dans le traitement de l'hypertension artérielle pulmonaire.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité des antagonistes des récepteurs de l'endothéline dans l'hypertension artérielle pulmonaire.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL (registre Cochrane des essais contrôlés), MEDLINE, EMBASE, et les références bibliographiques des articles identifiés. Les recherches sont à jour en janvier 2012.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais randomisés (ECR) et quasi-randomisés portant sur des patients atteints d'hypertension artérielle pulmonaire.

Recueil et analyse des données: 

Cinq auteurs de la revue ont indépendamment sélectionné les études, évalué la qualité des études et extrait les données de manière indépendante.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 12 essais contrôlés randomisés impliquant 1471 patients. Tous les essais étaient de durée relativement courte (12 semaines à six mois). Après le traitement, les patients traités avec les antagonistes des récepteurs de l'endothéline pouvaient marcher en moyenne 33.71 mètres (intervalle de confiance (IC) de 24.90 à 42.52 mètres) de plus que ceux traités avec un placebo dans un test de marche pendant six minutes. Les antagonistes des récepteurs de l'endothéline amélioraient davantage la classe fonctionnelle OMS/NYHA (World Health Organization/New York Heart Association) des patients que le placebo (rapport des cotes (RC) 1,60 ; IC à 95 % 1,20 à 2,14), et réduisait le risque de détérioration de la classe fonctionnelle par rapport à un placebo (RC 0,26 ; IC à 95 % 0,16 à 0,42). Il y avait une réduction de la mortalité qui n'a pas atteint la signification statistique sur les antagonistes des récepteurs de l'endothéline (rapport des cotes de 0,57 ; IC à 95 % 0,26 à 1,24), et des données limitées suggèrent que les antagonistes des récepteurs de l'endothéline améliorer le score de dyspnée de Borg et l'hémodynamique cardiopulmonaire chez les patients symptomatiques. La toxicité hépatique était peu fréquente et les antagonistes des récepteurs de l'endothéline étaient bien tolérés dans cette population. Cependant, plusieurs cas d'insuffisance hépatique irréversible causée par le sitaxsentan ont été rapportés ce qui a conduit le détenteur de la licence à retirer le produit de l'ensemble des marchés dans le monde.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.