Antibiotiques pour la coqueluche

La coqueluche est une maladie hautement contagieuse causée par la bactérie Bordetella pertussis. Elle peut aboutir à la mort, en particulier chez les enfants de moins de 12 mois. Même si elle peut être prévenue par une vaccination systématique, elle touche encore beaucoup de personnes. Treize essais portant sur 2197 participants ont été inclus dans cette revue. Nous avons découvert que plusieurs traitements antibiotiques avaient une efficacité comparable concernant l'élimination de la bactérie infectant les malades, mais ils ne modifiaient pas le résultat clinique. L'insuffisance de preuves ne permettait pas de déterminer s'il existe un avantage pour le traitement des sujets-contacts en bonne santé. Des effets secondaires des antibiotiques étaient signalés, ils variaient d'un antibiotique à un autre. Le résultat de cette revue devrait être interprété avec prudence, car celle-ci se fonde sur un nombre limité d'essais, dont certains ne portaient que sur un nombre réduit de participants.

Conclusions des auteurs: 

Bien que les antibiotiques aient été efficaces dans l'élimination de la bactérie B. pertussis, ils ne modifiaient pas l'évolution clinique ultérieure de la maladie. L'insuffisance de preuves ne permet pas de déterminer les bénéfices du traitement prophylactique des sujets-contacts de la coqueluche.

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Contexte: 

La coqueluche est une maladie respiratoire hautement contagieuse. Les enfants en bas âge présentent le plus haut risque de maladie grave et de décès. L'érythromycine pendant 14 jours est actuellement conseillée pour le traitement et pour la prophylaxie chez les sujets-contacts, mais son avantage est incertain.

Objectifs: 

Évaluer les risques et les bénéfices du traitement antibiotique et de la prophylaxie des sujets-contacts contre la coqueluche chez les enfants et les adultes.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL numéro 4, 2010) qui contient le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les infections respiratoires aiguës, ainsi que dans la base des résumés des revues systématiques hors Cochrane (DARE numéro 4, 2010), MEDLINE (1966 à la 1ère semaine de janvier 2011) et EMBASE (1974 au 18 janvier 2011).

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) et quasi-ECR portant sur des antibiotiques dans le traitement et la prophylaxie de sujets-contacts contre la coqueluche chez des enfants et des adultes.

Recueil et analyse des données: 

Trois à quatre auteurs de revue ont, de manière indépendante, extrait les données et évalué la qualité de chaque essai.

Résultats principaux: 

Treize essais portant sur 2197 participants satisfaisaient aux critères d'inclusion : onze essais étudiaient des régimes thérapeutiques ; deux étudiaient des régimes prophylactiques. La qualité des essais était variable. Pour éliminer la bactérie Bordetella pertussis (B. pertussis) du nasopharynx, les antibiotiques à court terme (azithromycine pendant trois à cinq jours, ou clarithromycine ou érythromycine pendant sept jours) étaient aussi efficaces que les antibiotiques à long terme (érythromycine pendant 10 à 14 jours) (risque relatif (RR) 1,01 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % entre 0,98 et 1,04), mais ils comportaient moins d'effets secondaires (RR 0,66 ; IC à 95%, entre 0,52 et 0,83). La triméthoprime/sulfaméthoxazole pendant sept jours était aussi efficace. Il n'y avait pas non plus de différences de résultats cliniques ou de rechute microbiologique entre les antibiotiques à court terme et ceux à long terme. Pour prévenir l'infection en traitant les sujets-contacts âgés de plus de six mois, les antibiotiques n'amélioraient pas significativement les symptômes cliniques, ni le nombre de cas développant une culture positive à l'agent B. pertussis. Des effets secondaires des antibiotiques étaient signalés, ils variaient d'un antibiotique à un autre.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.