Traitements d’une érection durable et douloureuse du pénis chez les garçons et les hommes atteints de drépanocytose

Problématique de la revue

Quels sont les bénéfices et les risques des différents traitements du priapisme intermittent (épisodes courts et répétés) et du priapisme aigu (d'une durée de six heures ou plus) dans la drépanocytose ?

Contexte

Le priapisme (érection prolongée et douloureuse du pénis) est fréquent chez les hommes atteints de drépanocytose. La durée du priapisme diffère selon le type de priapisme et le traitement médical qui lui est appliqué. Les approches d'autogestion pourraient être utiles. Nous avons recherché des essais contrôlés randomisés de différents traitements afin de trouver la meilleure option.

Date de la recherche

Nous avons effectué une dernière recherche le 9 septembre 2019.

Caractéristiques des études

Nous avons trouvé trois essais réalisés en Jamaïque, au Nigeria et au Royaume-Uni, impliquant 102 personnes.

Principaux résultats

Dans les essais, quatre traitements médicamenteux différents (stilboestrol, sildénafil, éphédrine et étiléfrine) ont été comparés à un placebo. Les essais ont tous cherché à savoir si les traitements réduisaient la fréquence des attaques de priapisme. Il n'y avait aucune différence entre les traitements et le placebo. En raison du manque de données probantes de qualité élevée, nous ne sommes pas en mesure de conclure sur le meilleur traitement du priapisme dans la drépanocytose. Des recherches supplémentaires sont nécessaires. Il s’agit d’une mise à jour d'une revue déjà publiée.

Qualité des données probantes

Nous avons considéré que la qualité des données probantes était faible à très faible, car tous les essais étaient à risque de biais et avaient un faible nombre de participants.

Conclusions des auteurs: 

Il existe un manque de données probantes des bénéfices ou des risques des différents traitements pour le priapisme intermittent et pour le priapisme aigu dans la drépanocytose. Cette revue systématique a clairement identifié le besoin en essais contrôlés randomisés multicentriques bien conçus et dotés d'une puissance suffisante pour évaluer l'efficacité d'interventions spécifiques du priapisme dans la drépanocytose.

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Contexte: 

La drépanocytose comprend un groupe de maladies génétiques de l'hémoglobine. Le symptôme prédominant de la drépanocytose est la douleur résultant de l'occlusion de petits vaisseaux sanguins par des globules rouges anormaux en forme de faucille. Il existe d'autres complications, notamment des lésions chroniques des organes et une érection prolongée et douloureuse du pénis, connue sous le nom de priapisme. La gravité de la drépanocytose est variable, et le traitement est généralement symptomatique. Le priapisme touche jusqu'à la moitié des hommes atteints de drépanocytose, mais le traitement n'est pas uniforme. Il est donc nécessaire de déterminer la meilleure façon de traiter cette complication afin d'offrir une approche interventionnelle efficace à toutes les personnes concernées. Il s’agit d’une mise à jour d'une revue déjà publiée.

Objectifs: 

Évaluer les bénéfices et les risques des différents traitements du priapisme intermittent (épisodes courts et répétés) et du priapisme aigu (d'une durée de six heures ou plus) dans la drépanocytose ?

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais sur les hémoglobinopathies du groupe Cochrane sur la mucoviscidose et autres maladies génétiques, qui comprend des références identifiées à partir de recherches exhaustives dans des bases de données électroniques et de recherches manuelles dans des revues pertinentes et des résumés de comptes rendus de conférences. Nous avons également effectué des recherches dans des registres d’essais.

Date des recherches les plus récentes effectuées dans le Registre des Essais Cliniques sur les Hémoglobinopathies du Groupe Cochrane : 09 septembre 2019.

Date de la dernière recherche dans les registres d’essais et dans Embase : 01 octobre 2019.

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés comparant un traitement non chirurgical ou chirurgical à un placebo ou à l’absence de traitement, ou à une autre intervention pour le priapisme intermittent ou aigu.

Recueil et analyse des données: 

Les auteurs ont indépendamment extrait les données et évalué le risque de biais des essais.

Résultats principaux: 

Trois essais comportant 102 participants ont été identifiés et remplissaient les critères d'inclusion de l’étude. Ces essais comparaient le stilboestrol au placebo, le sildénafil au placebo et un essai à quatre bras comparaient l'éphédrine ou l'étiléfrine au placebo, et ils duraient de deux semaines à six mois. Tous les essais ont été menés dans un cadre ambulatoire en Jamaïque, au Nigeria et au Royaume-Uni. Aucun des essais n'a mesuré notre critère de jugement principal, la détumescence. Cependant, les trois essais ont fait état de la réduction de la fréquence du priapisme intermittent, notre deuxième critère de jugement principal ; et d'après les données probantes incluses dans cette étude, nous ne savons pas si le stilboestrol, l'étiléfrine ou l'éphédrine réduisent la fréquence du priapisme intermittent, le niveau de confiance des données probantes ayant été évaluée comme très faible. En outre, nous concluons que le sildénafil pourrait ne faire que peu ou pas de différence (données probantes de faible niveau de confiance). Deux essais ont fait état des effets secondaires immédiats et nous ne savons pas si l'étiléfrine ou l'éphédrine réduisent l'apparition de ceux-ci (données probantes de très faible niveau de confiance) et nous concluons également que le sildénafil pourrait ne faire que peu ou pas de différence concernant ces effets secondaires (données probantes de faible qualité). Étant donné que tous les essais étaient à risque de biais et qu'ils comptaient tous un faible nombre de participants, nous avons considéré que le niveau de confiance dans les données probantes était faible à très faible.

Notes de traduction: 

Post-édition effectuée par Carole Lescure et Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine ? Merci d'adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

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