L'utilisation de la ventilation non invasive (un masque diffusant de l'air sous pression) est prometteuse comme méthode pour aider les adultes, qui ont été sous ventilation mécanique en raison d'une insuffisance respiratoire, à respirer par eux-mêmes.

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Les patients présentant une insuffisance respiratoire aiguë nécessitent souvent une intubation endotrachéale et une ventilation mécanique (ventilation en pression positive invasive) pour maintenir la vie. Les complications de la ventilation mécanique comprennent une faiblesse des muscles respiratoires, une pathologie des voies aériennes supérieures, une pneumonie sous ventilation assistée et les décès et la sinusite qui y sont associés. Pour ces raisons, il est important de minimiser la durée de la ventilation mécanique. La ventilation en pression positive non invasive est réalisée avec un masque bucco-nasal, nasal ou facial relié à un système de ventilation mécanique et ne nécessite pas de voies respiratoires artificielles à demeure.

Les résultats obtenus à partir de 12 essais contrôlés randomisés ont démontré que pour 530 patients sélectionnés (atteints principalement de broncho-pneumopathie chronique obstructive) qui avaient présenté une insuffisance respiratoire et qui commençaient à respirer spontanément, la ventilation non invasive pouvait réduire la mortalité, la pneumonie, la durée de séjour dans l'unité de soins intensifs et à l'hôpital ainsi que la durée de la ventilation assistée. Le sevrage non invasif n'a démontré aucun effet sur les échecs de sevrage et la durée de la ventilation mécanique liée au sevrage. Les données disponibles étaient insuffisantes pour évaluer les événements indésirables ou l'impact du sevrage non invasif sur la qualité de vie. D'autres essais sont indispensables pour déterminer les bénéfices cliniques, les risques et les conséquences globalement associés à l'utilisation du sevrage non invasif.

Conclusions des auteurs: 

Les évaluations récapitulatives de 12 études de petite taille de qualité moyenne à bonne ayant inclus des patients atteints principalement de BPCO ont démontré un effet positif probant sur la mortalité et la pneumonie sous ventilation assistée. Il reste encore à élucider entièrement les effets bénéfiques cliniques nets associés au sevrage non invasif.

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Contexte: 

La ventilation en pression positive non invasive (VPPN) permet une ventilation assistée sans avoir recours à une approche invasive des voies respiratoires. L'intérêt de l'utilisation de la VPPN s'est imposé pour faciliter le retrait anticipé d'un tube endotrachéal et réduire les complications associées à une intubation prolongée.

Objectifs: 

Résumer les preuves comparant le sevrage par VPPN et par ventilation en pression positive invasive (VPPI) sur les critères cliniques chez les adultes intubés présentant une insuffisance respiratoire.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre Cochrane des essais contrôlés (The Cochrane Library, numéro 2, 2008), MEDLINE (de janvier 1966 à avril 2008), EMBASE (de janvier 1980 à avril 2008), les actes de quatre conférences, et les fichiers personnels ; et nous avons contacté les auteurs pour identifier les essais contrôlés randomisés comparant le sevrage par VPPN et par VPPI.

Critères de sélection: 

Les études randomisées et quasi-randomisées comparant l'extubation précoce avec l'application immédiate du sevrage par VPPN et par VPPI chez les adultes intubés présentant une insuffisance respiratoire.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont, indépendamment, évalué la qualité des essais et extrait les données conformément aux critères prédéfinis. Des analyses de sensibilité et en sous-groupes ont été prévues pour évaluer l'impact de (i) l'exclusion des essais quasi-randomisés, et de (ii) l'étiologie de l'insuffisance respiratoire sur les critères sélectionnés.

Résultats principaux: 

Nous avons identifié 12 essais de qualité moyenne à bonne ayant impliqué 530 participants atteints principalement de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Comparativement à la stratégie de VPPI, la VPPN a significativement réduit la mortalité (risque relatif (RR) 0,55, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,38 à 0,79), la pneumonie sous ventilation assistée (RR 0,29, IC à 95 % 0,19 à 0,45), la durée de séjour dans l'unité de soins intensifs (différence moyenne pondérée (DMP) -6,27 jours, IC à 95 % -8,77 à -3,78) et à l'hôpital (DMP -7,19 jours, IC à 95 % -10,80 à -3,58), la durée totale de ventilation (DTV) de -5,64 jours (IC à 95 % -9,50 à -1,77) et la durée de ventilation mécanique endotrachéale (DMP - 7,81 jours, IC à 95 % -11,31 à -4,31). Le sevrage non invasif n'a démontré aucun effet sur les échecs de sevrage ou sur la durée de la ventilation liée au sevrage. L'exclusion d'un seul essai quasi-randomisé a permis de maintenir la réduction significative de la mortalité et de la pneumonie sous ventilation assistée. Les analyses en sous-groupes ont suggéré que les effets bénéfiques sur la mortalité et les échecs de sevrage n'ont pas été significativement plus importants dans les essais ayant recruté exclusivement des patients atteints de BPCO versus des populations variées.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.