Dose initiale élevée de corticostéroïdes inhalés versus dose initiale faible pour traiter l'asthme chez les adultes et les enfants

Les lignes directrices varient dans leurs recommandations concernant la dose initiale de corticostéroïdes inhalés (CSI) pour traiter l'asthme. Cette revue a comparé les doses initiales de CSI pour traiter l'asthme. Les résultats ont montré qu'il est aussi efficace de commencer par une dose modérée de CSI que de commencer par une dose élevée de CSI et de réduire ensuite la dose tout en surveillant les symptômes. Ces résultats montrent également qu’une dose initiale modérée de CSI est peut-être plus efficace qu’une dose initiale faible. Le fait de doubler ou de quadrupler la dose initiale de CSI n'a apporté aucun avantage supplémentaire. Les personnes asthmatiques devraient commencer leur traitement par des doses faibles à modérées de CSI.

Conclusions des auteurs: 

Pour les patients asthmatiques qui ont besoin de corticostéroïdes inhalés (CSI), commencer avec une dose modérée de CSI équivaut à commencer avec une dose élevée de CSI et à réduire la dose. Les effets bénéfiques statistiquement significatifs mais de faible envergure que présente le fait de commencer par une dose élevée de CSI ne se traduisent pas par un bénéfice clinique suffisant pour justifier le recours à ce traitement par rapport à une dose modérée ou faible de CSI. La dose initiale modérée de CSI semble être plus efficace que la dose initiale faible de CSI. Une dose élevée de CSI pourrait être plus efficace qu'une dose modérée ou faible de CSI pour l'hyperréactivité des voies respiratoires. Il n'y a aucun avantage à doubler ou à quadrupler la dose de CSI chez les sujets dont l'asthme est stable.

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Contexte: 

Les corticostéroïdes inhalés (CSI) constituent la base du traitement de fond de l'asthme et leur efficacité est bien établie. Cependant, la dose initiale optimale de CSI n'est pas clairement établie. Des revues récentes montrent une courbe d'efficacité relativement plate pour les CSI ainsi que des effets secondaires croissants associés à des doses de CSI croissantes. Des doses élevées sont fréquemment prescrites et on signale maintenant des effets secondaires importants associés à l'utilisation de CSI à doses élevées. Ces questions démontrent la nécessité d'établir la dose initiale optimale de CSI pour traiter l'asthme.

Objectifs: 

Établir la dose initiale optimale de CSI en évaluant l'efficacité d'une dose initiale élevée de CSI comparativement à une faible dose de CSI chez des sujets asthmatiques qui ne sont pas actuellement sous CSI.

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre des essais du groupe Cochrane sur les voies respiratoires et dans les listes de référence des articles. Date de la dernière recherche : Janvier 2003

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés comparant deux doses différentes d’un même corticostéroïde inhalé chez des adultes et des enfants asthmatiques sans corticostéroïdes inhalés ou oraux concomitants.

Recueil et analyse des données: 

La qualité des essais a été évaluée et les données ont été extraites de façon indépendante par deux auteurs de la revue. Les auteurs des essais ont été contactés afin de confirmer les données. Les essais ont été analysés sur la base des comparaisons suivantes entre les doses de CSI : réduction de la dose de CSI vs CSI à dose constante (n=7) ; élevée vs modérée (n=11) ; élevée vs faible (n=9) ; modérée vs faible (n=11) ; variation de la dose par un facteur de multiplication (toutes les études).

Résultats principaux: 

31 articles faisant état des résultats de 26 essais ont été inclus dans la revue. Dans les études qui comparaient une approche de réduction progressive à une dose constante modérée/faible de CSI, il n'y avait pas de différence significative entre les deux approches thérapeutiques en ce qui concerne la fonction pulmonaire, les symptômes, les médicaments de secours ou le contrôle de l'asthme. Des améliorations significatives mais cliniquement limitées du pourcentage du VEMS1 prévu (DMP 5,32, IC à 95 % : 0,65 à 9,99) et des améliorations non significatives de la variation du DEP matinal ont été constatées pour les CSI à doses élevées par rapport aux CSI à doses modérées. Il n'y a pas eu de différence significative d'efficacité entre les doses élevées et les faibles doses de CSI. Dans le cas de CSI à dose modérée, par rapport aux CSI à faible dose, on a constaté des améliorations significatives de la variation du DEP matinal l/min par rapport aux valeurs de départ (DMP 11,14, IC à 95 % : 1,34 à 20,93) et des symptômes nocturnes (DMS -0,29, IC à 95 % : -0,53 à -0,06). Le fait de commencer les CSI à une dose double ou quadruple de la dose de base modérée ou faible n'a pas eu plus d'effet que de commencer avec la dose de base. Plusieurs études ont fait état d'une plus grande amélioration de l'hyperréactivité des voies respiratoires dans le cas de CSI à dose élevée.

Notes de traduction: 

Post-édition : Inès Couly - Révision : Camille Singlis-Maguer (M2 ILTS, Université de Paris)

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.