Chlorhexidine vaginale durant le travail pour la prévention des infections maternelles et néonatales (à l’exclusion des infections à streptocoques du groupe B et du VIH)

Des bactéries vivent dans le vagin des femmes et ne posent généralement pas de problème. Très rarement, elles infectent le placenta durant le travail et peuvent être transmises au bébé, provoquant ainsi une infection. Ces infections peuvent quelquefois rendre le bébé très malade et, très rarement, le bébé peut mourir.

Cette revue de trois essais (3 012 participantes) a noté une insuffisance de données pour déterminer si l’utilisation de la douche vaginale à la chlorhexidine durant le travail diminuait le nombre d'infections pour les mères et les bébés. Des recherches supplémentaires sont nécessaires.

Conclusions des auteurs: 

Il n’existe aucune preuve étayant l’utilisation de la chlorhexidine vaginale durant le travail pour la prévention des infections maternelles et néonatales. Un essai contrôlé randomisé bien conçu utilisant une solution de chlorhexidine pour l’irrigation du vagin à une concentration et un volume appropriés et d’une taille d’échantillon adéquate doit être effectué.

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Contexte: 

La chorioamnionite survient chez huit à 12 femmes pour 1 000 naissances vivantes et 96 % des cas de chorioamnionite sont dus à une infection ascendante. Suite à un accouchement spontané par voie basse, 1 à 4 % des femmes développent une endométrite du post-partum. L’incidence de la sepsie néonatale est de 0,5 % à 1 % de tous les nouveau-nés. Les bactéries vaginales maternelles sont les principaux agents responsables de ces infections. Il est raisonnable de supposer qu’il serait possible de prévenir les infections maternelles et néonatales en lavant le vagin et le col de l’utérus de toutes les femmes avec un agent antibactérien durant le travail. La chlorhexidine appartient à une classe de composés appelés bisbiguanides. Elle a une action antibactérienne contre une vaste plage de bactéries aérobies et anaérobies, notamment les bactéries responsables des infections per-partum.

Objectifs: 

Évaluer l’efficacité en pratique et les effets secondaires d’une douche vaginale à la chlorhexidine durant le travail sur la réduction des infections maternelles et néonatales (à l’exclusion des infections à Streptocoque de groupe B et du VIH).

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d'essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et l'accouchement (30 juin 2014) et avons consulté les références bibliographiques des rapports identifiés ainsi que des éditoriaux et lettres de diverses revues.

Critères de sélection: 

Essais randomisés ou quasi randomisés comparant une douche vaginale à la chlorhexidine durant le travail à un placebo ou à un autre désinfectant vaginal pour prévenir (réduire) les infections maternelles et néonatales (à l’exclusion des infections à Streptocoque de groupe B et du VIH).

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont évalué l’éligibilité et la qualité des essais, et extrait et interprété les données de manière indépendante. Un troisième auteur de revue a ensuite analysé et interprété les données. Enfin, le quatrième auteur a également interprété les données.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus trois études (3 012 participantes). Il n’existait aucune preuve d’un effet de la chlorhexidine vaginale durant le travail sur la prévention des infections maternelles et néonatales. Bien que les données suggèrent une tendance à la réduction de l’endométrite du post-partum, la différence n’était pas statistiquement significative (trois essais, 3 012 femmes, risque relatif 0,83 ; intervalle de confiance à 95 % de 0,61 à 1,13).

L'évaluation de la qualité des preuves en utilisant GRADE a déterminé que le niveau de preuve était faible à modéré pour tous les critères de jugement primaires et un critère secondaire important.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.