Traitement régulier aux bêta-agonistes à action prolongée versus traitement régulier quotidien aux bêta-agonistes à courte durée d'action chez les adultes et les enfants présentant un asthme stable

Les patients atteints d'asthme chronique se voient généralement administrer un « médicament préventif » afin de réduire l'inflammation sous-jacente des voies respiratoires, mais ils ont souvent besoin de bronchodilatateurs pour contrôler leurs symptômes. Le traitement aux bronchodilatateurs bêta-agonistes à action prolongée, tels que le salmétérol (Serevent) ou le formotérol (Foradil, Oxis), entraîne une réduction des symptômes diurnes et nocturnes de l'asthme, une réduction du recours aux bronchodilatateurs pour contrôler les symptômes et de meilleures mesures de la fonction pulmonaire et de la qualité de vie par rapport à des bronchodilatateurs bêta-agonistes à courte durée d'action tels que le salbutamol (Ventoline, Asmol, Airomir) ou la terbutaline (Bricanyl). Aucun effet indésirable grave n'était observé mais peu d'informations étaient disponibles concernant les effets chez les patients n'utilisant pas de « médicament préventif ».

Conclusions des auteurs: 

Les bêta-agonistes inhalés à action prolongée en traitement régulier présentent des avantages pour de nombreux résultats physiologiques et cliniques.

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Contexte: 

Les agonistes bêta-adrénergiques sélectifs dans l'asthme sont : à courte durée d'action (2 à 6 heures) et à action prolongée (> 12 heures). L'utilisation intermittente de bêta-agonistes à courte durée d'action est peu controversée, ce qui n'est pas le cas de l'utilisation régulière de bêta-agonistes à action prolongée.

Objectifs: 

Déterminer les bénéfices ou effets délétères d'un traitement régulier aux bêta-agonistes inhalés à courte durée d'action ou à action prolongée dans l'asthme chronique.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre des essais du groupe Cochrane sur les voies respiratoires. Nous avons consulté les références bibliographiques des ECR afin d'identifier d'autres essais pertinents, et contacté les auteurs des ECR identifiés afin d'obtenir d'autres études publiées et non publiées.

Critères de sélection: 

Toutes les études randomisées d'une durée d'au moins deux semaines comparant un bêta-agoniste inhalé à action prolongée administré deux fois par jour à n'importe quel bêta-agoniste à courte durée d'action inhalé présentant une efficacité équivalente à celle d'un bronchodilatateur et administré régulièrement dans l'asthme chronique.

Recueil et analyse des données: 

Deux évaluateurs ont extrait les données et évalué la qualité des études de manière indépendante. Les auteurs des études ont été contactés afin d'obtenir les données manquantes.

Résultats principaux: 

Trente-et-une études remplissaient les critères d'inclusion, 24 en groupes parallèles et sept croisées. Le xinafoate de salmétérol était utilisé comme agent à action prolongée dans 22 études et le fumarate de formotérol dans neuf études.

Le salbutamol était utilisé comme agent à courte durée d'action dans 27 études et la terbutaline dans cinq études. La période de traitement était supérieure à deux semaines dans 29 études et d'au moins 12 semaines dans 20 études.

25 études permettaient l'utilisation de plusieurs traitements concomitants, généralement des corticoïdes inhalés ou des chromones. Une étude ne permettait pas l'utilisation de corticoïdes inhalés.

Les bêta-agonistes à action prolongée étaient significativement supérieurs aux bêta-agonistes à courte durée d'action pour plusieurs mesures de la fonction pulmonaire, y compris le débit expiratoire de pointe maximal (DEP) du matin mesuré à l'aide d'un débitmètre de pointe (différence moyenne pondérée (DMP) de 33 l/mn, IC à 95 %, entre 25 et 42) ou le DEM du soir (DMP de 26 l/mn, IC à 95 %, entre 18 et 33) ; et entraînaient des scores significativement inférieurs en termes de symptômes de l'asthme diurne et nocturne et de pourcentage de jours et de nuits sans symptômes. Ils étaient également associés à une réduction significative de l'utilisation d'un médicament de secours de jour comme de nuit. Le risque d'exacerbations était comparable pour les deux types d'agents, mais la possibilité d'évaluer ces différences était limitée par la courte durée des études.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.