Les antibiotiques oraux sont-ils aussi efficaces qu'une combinaison d'antibiotiques injectés et oraux dans les infections rénales chez l'enfant ?

La pyélonéphrite aiguë est une infection des reins qui constitue la forme d'infection urinaire (IU) la plus sévère. La pyélonéphrite aiguë entraîne une forte fièvre, des vomissements, des maux d'estomac, une irritabilité et des problèmes d'alimentation chez les nourrissons.

Nous voulions savoir si les antibiotiques oraux étaient aussi efficaces que l'association d'antibiotiques oraux et injectés pour traiter les enfants atteints d'une infection des reins. Cette revue met à jour nos enquêtes précédentes publiées en 2003, 2005 et 2007. Elle inclut des preuves issues de 27 études impliquant 4 452 enfants. La dernière recherche documentaire date d'avril 2014. Cette mise à jour inclut des preuves issues de trois nouvelles études et d'une étude qui avait été exclue auparavant.

Les résultats de la revue suggèrent que les enfants âgés de plus d'un mois atteints de pyélonéphrite aiguë peuvent être traités efficacement aux antibiotiques oraux (céfixime, ceftibutène ou amoxicilline/acide clavulanique) ou par traitements intraveineux (IV) courts (deux à quatre jours) suivis d'un traitement oral. Si un traitement IV avec des aminosides est nécessaire, une dose journalière unique est sûre et efficace.

Conclusions des auteurs: 

Cette revue mise à jour augmente le corpus de preuves indiquant que les antibiotiques oraux seuls sont aussi efficaces qu'une antibiothérapie IV de courte durée (trois à quatre jours) suivie d'un traitement par voie orale pour une durée totale de traitement de 10 à 14 jours dans le traitement de la pyélonéphrite aiguë chez les enfants. Lorsque des antibiotiques sont administrés en IV, une antibiothérapie IV de courte durée (deux à quatre jours) suivie d'un traitement par voie orale est aussi efficace qu'un traitement IV de plus longue durée (sept à 10 jours). Si un traitement IV avec des aminosides est choisi, une dose journalière unique est sûre et efficace. Les données disponibles sont insuffisantes pour extrapoler ces résultats à des enfants âgés de moins d'un mois ou aux enfants ayant un reflux vésico-urétéral avec dilatation (grades III-V). D'autres études sont nécessaires pour déterminer la durée totale optimale du traitement antibiotique nécessaire pour une pyélonéphrite aiguë.

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Contexte: 

L'infection urinaire (IU) est l'une des infections bactériennes les plus courantes chez les nourrissons. La forme la plus sévère d'IU est la pyélonéphrite aiguë, qui est associée à une morbidité aiguë significative et peut entraîner des lésions rénales permanentes. Des incertitudes subsistent quant au traitement antibiotique optimal ainsi que la meilleure voie d'administration et durée du traitement. Ceci est une mise à jour d’une revue publiée pour la première fois en 2003 et mise à jour en 2005 et 2007.

Objectifs: 

Évaluer les avantages et les inconvénients des antibiotiques utilisés pour traiter les enfants atteints de pyélonéphrite aiguë. Les aspects du traitement examinés étaient 1) différents antibiotiques, 2) différents schémas posologiques du même antibiotique, 3) différentes durées de traitement et 4) différentes voies d'administration.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur la néphrologie, CENTRAL, MEDLINE, EMBASE ainsi que dans les bibliographies d'articles et les actes de conférences sans restriction de langue jusqu'au 10 Avril 2014.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés et quasi randomisés comparant différents agents antibiotiques, voies d'administration et fréquences ou durées de traitement chez des enfants âgés de 0 à 18 ans atteints d'IU et de pyélonéphrite aiguë avérées ont été sélectionnés.

Recueil et analyse des données: 

Quatre auteurs ont évalué la qualité des études et extrait les données de manière indépendante. Des analyses statistiques ont été effectuées en utilisant le modèle à effets aléatoires et les résultats ont été exprimés sous la forme de risques relatifs (RR) pour les résultats dichotomiques ou de différence moyenne (DM) pour les données continues avec des intervalles de confiance (IC) à 95 %.

Résultats principaux: 

La revue mise à jour inclut 27 études (4 452 enfants). Cette mise à jour inclut des preuves issues de trois nouvelles études, et après réévaluation, une étude auparavant exclue a été incluse parce qu'elle répondait maintenant à nos critères d'inclusion.

Le risque de biais a été évalué comme étant faible pour la génération de séquence (12 études), le secret de l'attribution (six études), la mise en aveugle des évaluateurs de résultats (17 études), le signalement incomplet des résultats (19 études) et le compte-rendu sélectif des résultats (13 études). Aucune étude n'a utilisé la mise en aveugle des participants ou des enquêteurs. Les 27 études incluses ont évalué 12 comparaisons différentes. Aucune différence significative n'a été observée dans la durée de la fièvre (2 études, 808 enfants : DM 2,05 heures, IC à 95 % de -0,84 à 4,94), l'IU persistante 72 heures après le début du traitement (2 études, 542 enfants : RR 1,10, IC à 95 % de 0,07 à 17,41) ou les lésions rénales persistantes à six à 12 mois (4 études, 943 enfants : RR 0,82, IC à 95 % de 0,59 à 1,12) entre le traitement antibiotique oral (10 à 14 jours) et le traitement intraveineux (IV) (3 jours) suivi d'un traitement par voie orale (10 jours). De même, aucune différence significative n'a été observée dans la bactériurie persistante à la fin du traitement (4 études, 305 enfants : RR 0,78, IC à 95 % de 0,24 à 2,55) ou les lésions rénales persistantes (4 études, 726 enfants : RR 1,01, IC à 95 % de 0,80 à 1,29 ) entre le traitement IV (trois à quatre jours) suivi d'un traitement par voie orale et le traitement IV (sept à 14 jours). Aucune différence significative n'était observée en termes d'efficacité entre une administration quotidienne et triquotidienne d'aminosides (1 étude, 179 enfants, symptômes cliniques persistants à trois jours : RR 1,98, IC à 95 % de 0,37 à 10,53) Les effets indésirables étaient d'intensité légère et peu fréquents, et ont rarement conduit à l'arrêt du traitement.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.