Chimioradiothérapie dans le cancer de la vulve localement avancé

Chez les femmes présentant un cancer de la vulve localement avancé (étendu à l'urètre, au vagin, au périnée, à l'anus, à la vessie, au rectum, fixé aux os et largement aux ganglions lymphatiques), aucune différence significative n'était observée en termes de survie globale ou d'événements indésirables liés au traitement lorsque la chimioradiothérapie primaire ou néoadjuvante (chimioradiothérapie suivie d'une chirurgie moins radicale) était comparée à la chirurgie primaire. Les femmes nécessitant une chirurgie lourde (stomie urinaire et/ou fécale) ou présentant une tumeur inopérable recevaient majoritairement une chimioradiothérapie primaire dans les deux études rétrospectives identifiées, ce qui rendait les preuves non concluantes (même si nous n'avons inclus que des études utilisant un ajustement statistique). Aucune donnée n'était disponible concernant la qualité de vie. Des études de bonne qualité comparant plusieurs traitements primaires dans le cancer de la vulve localement avancé, inopérable lors de la présentation ou opérable dans le cadre d'une chirurgie lourde, sont absolument nécessaires.

Conclusions des auteurs: 

Aucune différence significative n'était observée entre la chimioradiothérapie (primaire ou néoadjuvante) et la chirurgie primaire en termes de survie globale ou d'événements indésirables liés au traitement chez les femmes atteintes de tumeurs avancées de la vulve.

Les études rétrospectives présentaient un risque de biais élevé car le critère d'inclusion pour la chimioradiothérapie primaire reposait sur l'inopérabilité ou la nécessité d'une exentération de la tumeur. Les schémas radiothérapeutiques variaient considérablement. Aucune donnée n'était disponible concernant la qualité de vie.

Il n'existe pas de terminologie standardisée pour un cancer de la vulve opérable et inopérable et une chimioradiothérapie primaire et néoadjuvante. Une stratification basée sur la non résécabilité de la tumeur primitive et/ou des ganglions lymphatiques est nécessaire afin de garantir une comparaison de bonne qualité.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

Le cancer de la vulve est un cancer gynécologique rare. Il n'existe aucune approche standardisée du traitement du cancer primitif de la vulve localement avancé (stades FIGO III et IV). Des modalités de traitement combiné ont été développées, qui utilisent une radiothérapie, une chimiothérapie et une chirurgie. Les avantages et inconvénients d'un tel traitement n'ont pas été bien évalués.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et l'innocuité de la chimioradiothérapie néoadjuvante et primaire chez les femmes présentant un cancer primitif de la vulve localement avancé par rapport à des modalités de traitement primaire telles qu'une chirurgie ou une radiation primaire.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (Bibliothèque Cochrane 2009, numéro 3), le registre des essais du groupe Cochrane sur les cancers gynécologiques, MEDLINE et EMBASE (jusqu'en juillet 2009). Nous avons également recherché dans les registres des essais cliniques, les résumés de réunions scientifiques et les listes bibliographiques des études incluses, et contacté des experts dans le domaine.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) ou les études non randomisées incluant des analyses multivariées de la chimioradiothérapie chez des femmes atteintes d'un carcinome épidermoïde primitif de la vulve localement avancé.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont, de façon indépendante, extrait les données et évalué les risques de biais. Un hazard ratio (HR) ajusté de la survie globale a été calculé pour une étude non randomisée, et les risques relatifs (RR) ont été utilisés dans un ECR pour comparer les taux de mortalité et les événements indésirables à cinq ans chez des femmes recevant une chimioradiothérapie néoadjuvante ou primaire, ou subissant une chirurgie primaire. Les événements indésirables étaient également rapportés de manière plus détaillée dans une autre étude non randomisée. Tous les résultats ont été présentés dans les analyses des études individuelles.

Résultats principaux: 

Un ECR et deux études non randomisées qui permettaient des analyses multivariées et portaient sur un total de 141 femmes remplissaient les critères d'inclusion.

Un ECR indiquait que la chimioradiothérapie néoadjuvante ne semblait pas prolonger la survie par rapport à la chirurgie primaire dans les tumeurs avancées de la vulve (RR = 1,29, intervalle de confiance (IC) à 95 %, entre 0,87 et 1,91). Aucune différence statistiquement significative n'était observée en termes de survie entre la chimioradiothérapie primaire et la chirurgie primaire dans une étude portant sur 63 femmes (HR combiné ajusté = 1,09, IC à 95 %, entre 0,37 et 3,17), non plus que dans une autre étude qui ne recrutait que 12 femmes éligibles et comparait les mêmes interventions (le HR n'était pas instructif après l'ajustement statistique).

Les événements indésirables n'étaient rapportés de manière détaillée que dans une étude, qui n'observait aucune différence statistiquement significative en termes de risque d'événements indésirables entre la chimioradiothérapie primaire et la chirurgie primaire en raison d'effectifs très réduits dans chaque groupe. Dans cet ECR, aucune différence statistiquement significative n'était observée entre la chimioradiothérapie néoadjuvante et la chirurgie primaire. Les événements indésirables n'étaient pas rapportés dans l'étude de plus grande taille, qui portait sur 63 femmes. La qualité de vie n'était rapportée dans aucune des études incluses. Toutes les études présentaient un risque de biais élevé.

Notes de traduction: 

Translated by: French Cochrane Centre

Translation supported by: Financeurs pour le Canada : Instituts de Recherche en Sant� du Canada, Minist�re de la Sant� et des Services Sociaux du Qu�bec, Fonds de recherche du Qu�bec-Sant� et Institut National d'Excellence en Sant� et en Services Sociaux

Tools
Information
Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.