Médicaments glutamatergiques dans la schizophrénie

La schizophrénie est un trouble psychiatrique sévère qui se caractérise par des symptômes positifs, tels que des hallucinations et des idées délirantes, et des symptômes négatifs, tels qu'un détachement émotionnel et un repli sur soi. Les patients schizophrènes peuvent également présenter des troubles cognitifs. Le traitement actuel est efficace pour réduire les symptômes positifs, mais les symptômes négatifs et cognitifs sont relativement résistants au traitement. Les médicaments antipsychotiques agissent principalement sur le système dopaminergique du cerveau, mais d'autres systèmes de neurotransmetteurs pourraient également jouer un rôle dans la schizophrénie.

Notre objectif était d'examiner tous les essais randomisés utilisant des médicaments glutamatergiques dans le traitement de la schizophrénie. Cette revue montre que les substances qui agissent sur le système glutamatergique pourraient améliorer les symptômes lorsqu'ils sont administrés en complément du traitement antipsychotique habituel, mais les preuves disponibles sont trop limitées pour pouvoir tirer des conclusions définitives. À l'heure actuelle, les médicaments glutamatergiques ne sont pas disponibles dans la pratique clinique. Des recherches supplémentaires sont nécessaires afin de déterminer leur rôle exact dans le traitement de la schizophrénie.

Conclusions des auteurs: 

De manière générale, tous les médicaments glutamatergiques semblaient inefficaces pour produire une réduction supérieure des symptômes positifs de la maladie en complément du traitement antipsychotique existant. La glycine et la D-sérine pourraient améliorer quelque peu les symptômes négatifs en complément du traitement antipsychotique habituel, mais les résultats n'étaient pas totalement cohérents et les données sont trop limitées pour pouvoir tirer des conclusions définitives. Dans les essais inclus, de nombreux participants étaient résistants au traitement, ce qui pourrait avoir limité la réponse au traitement. Des recherches supplémentaires sont nécessaires concernant les mécanismes glutamatergiques dans la schizophrénie.

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Contexte: 

Il a été démontré que la dopamine du système nerveux central pouvait jouer un rôle majeur dans la physiopathologie de la schizophrénie. On pense que les symptômes de la schizophrénie pourraient être médiés par le glutamate cérébral en raison de l'influence des neurones glutamatergiques sur la transmission de la dopamine dans le cerveau. Un traitement glutamatergique pourrait potentiellement réduire les symptômes négatifs et les troubles cognitifs chez les patients schizophrènes.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité des médicaments glutamatergiques dans le traitement de la schizophrénie.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre des essais du groupe Cochrane sur la schizophrénie (mai 2002 et octobre 2003), examiné les références bibliographiques de toutes les études identifiées et contacté les auteurs concernés.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus tous les essais contrôlés randomisés portant sur l'administration d'un traitement glutamatergique chez des patients schizophrènes.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons sélectionné les études, évalué la qualité et extrait les données de manière fiable. Pour les données dichotomiques, nous avons estimé les risques relatifs (RR) avec des intervalles de confiance (IC) à 95 %. Dans la mesure du possible, nous avons calculé le nombre de sujets à traiter/nombre nécessaire pour nuire (NST/NNN) et utilisé l'analyse en intention de traiter.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus dix-huit essais à court terme randomisant 358 participants. Les études individuelles étaient à petite échelle, avec des effectifs compris entre 6 et 51. Tous les essais étaient à court terme, avec une durée maximum de 12 semaines. Tous ces essais utilisaient de la glycine, de la D-sérine, de la D-cyclosérine ou de l'ampakine CX516 pour accroître l'effet des médicaments antipsychotiques. La D-cyclosérine, un agoniste partiel du site de la glycine des récepteurs NMDA, ne semblait pas efficace pour les symptômes schizophrènes. La glycine et de la D-sérine, co-agonistes des récepteurs NMDA, présentaient certains effets en termes de réduction des symptômes négatifs de la schizophrénie (n = 132, DMS de -0,66, IC entre -1,0 et -0,3, p = 0,0004), mais l'ampleur de ces effets était modérée. De plus, lorsque les taux de réponse étaient analysés au lieu des scores moyens de symptômes négatifs, les données n'étaient pas cohérentes : Aucune différence de taux de réponse n'était observée entre la glycine et le contrôle en termes d'amélioration de plus de 20 % des symptômes négatifs (n = 62, RR de 0,70, IC entre 0,3 et 1,71), et une supériorité significative uniquement marginale en termes d'amélioration de plus de 50 % (n = 62, RR de 0,87, IC entre 0,8 et 1,00). Certains effets étaient également observés en faveur de la glycine et/ou de la D-sérine en termes de symptômes globaux et généraux, mais les résultats étaient de nouveau incohérents et dépendaient de la définition appliquée à la réponse. Les données disponibles, issues d'une échelle d'évaluation des symptômes positifs et du fonctionnement cognitif, n'indiquaient aucun effet statistiquement significatif de la glycine ou de la D-sérine.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.