Médicaments qui suppriment ou modifient le système immunitaire pour le traitement de la dermatomyosite et de la polymyosite

La dermatomyosite et la polymyosite sont des maladies musculaires inflammatoires à long terme provoquant une faiblesse et une incapacité musculaires. Pour une raison indéterminée, le système immunitaire de l'organisme se retourne contre ses propres muscles par une réaction auto-immune. Les corticostéroïdes représentent le traitement principal, mais en raison d'effets secondaires, un traitement supplémentaire est nécessaire avec des médicaments qui suppriment le système immunitaire (immunosuppresseurs) ou le modifient (traitements immunomodulateurs) pour améliorer l'état de santé des patients. Pour cette revue, une mise à jour d'une revue publiée pour la première fois en 2005, nous avons trouvé dix essais randomisés disponibles, portant sur 258 participants.

Parmi les six études comparant un immunosuppresseur à un placebo, une étude, examinant l'immunoglobuline intraveineuse (IgIV), a démontré une amélioration statistiquement significative des scores de force musculaire dans le groupe de l'IgIV sur trois mois. Une autre étude examinant l'étanercept a montré des preuves d'un effet d'épargne des stéroïdes, un critère de jugement secondaire dans cette revue, mais aucune amélioration des autres critères de jugement évalués. Les quatre autres essais randomisés contrôlés par placebo évaluaient la plasmaphérèse et la leucophérèse, l'éculizumab, l'infliximab ou l'azathioprine par rapport à un placebo et ont tous donné des résultats négatifs.

Trois des quatre études comparant deux traitements immunosuppresseurs (azathioprine versus méthotrexate, cyclosporine versus méthotrexate et méthotrexate intramusculaire versus méthotrexate oral plus azathioprine) n'ont démontré aucune différence statistiquement significative en termes d'efficacité entre les traitements. La quatrième étude, qui comparait la dexaméthasone orale pulsée à la prednisolone orale quotidienne, a découvert que le traitement à la dexaméthasone avait une durée moyenne avant la rechute plus courte, mais moins d'effets secondaires.

La plupart des études avaient été réalisées à petite échelle (la plus grande portait sur 62 participants) et un grand nombre de rapports ne contenaient pas d'informations suffisantes pour évaluer le risque de biais. Les immunosuppresseurs ont été associés à des effets secondaires significatifs. Le petit nombre d'ECR portant sur des traitements immunosuppresseurs et immunomodulateurs est inadéquat pour déterminer si ces agents sont bénéfiques dans les cas de dermatomyosite et de polymyosite. Deux essais à petite échelle, un portant sur l'IgIV dans les cas de dermatomyosite, l'autre portant sur l'étanercept dans les cas de dermatomyosite, suggéraient qu'ils étaient bénéfiques. Des ECR supplémentaires sont nécessaires.

Conclusions des auteurs: 

Cette revue systématique souligne le manque d'ECR de grande qualité évaluant l'efficacité et la toxicité des immunosuppresseurs dans les cas de myosite inflammatoire.

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Contexte: 

Les myopathies inflammatoires idiopathiques sont des maladies chroniques présentant une mortalité et une morbidité significatives. Si les traitements immunosuppresseurs et immunomodulateurs sont fréquemment utilisés, le schéma thérapeutique optimal reste incertain. Ceci est une mise à jour d'une revue publiée pour la première fois en 2005.

Objectifs: 

Évaluer les effets des immunosuppresseurs et des traitements immunomodulateurs contre la dermatomyosite et la polymyosite.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre spécialisé du Groupe Cochrane sur les affections neuro-musculaires (août 2011), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (Numéro 3, 2011), MEDLINE (de janvier 1966 à août 2011), EMBASE (de janvier 1980 à août 2011) et clinicaltrials.gov (août 2011). Nous avons examiné les bibliographies des essais identifiés et avons écrit aux experts de ces maladies.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus tous les essais contrôlés randomisés (ECR) ou les quasi-ECR portant sur des participants présentant une dermatomyosite et une polymyosite probables ou établies, selon les critères de Bohan et Peter, ou établies, probables ou bénignes/précoces selon les critères de Dalakas. Chez les participants ne présentant pas d'éruption de dermatomyosite classique, la myosite à corps d'inclusion aurait dû être exclue par une biopsie musculaire. Nous avons pris en considération tout traitement immunosuppresseur ou immunomodulateur. Les deux critères de jugement principaux étaient le changement d'une échelle fonctionnelle ou d'une échelle d'invalidité, mesuré par la proportion de participants connaissant une améliorant d'un grade, de deux grades, etc., prédéfinie en fonction des échelles utilisées dans les études après au moins six mois, et une amélioration de 15 % ou plus de la force musculaire comparé aux valeurs initiales après au moins six mois. Les autres critères de jugement étaient les suivants : la définition de l'amélioration de l'International Myositis Assessment and Clinical Studies Group (IMACS), le nombre de rechutes et la durée jusqu'à la rechute, la rémission et la durée jusqu'à la rémission, la dose de corticostéroïdes cumulée et les effets indésirables graves.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont, de façon indépendante, sélectionné des articles, extrait les données et évalué le risque de biais des études incluses. Ils ont recueilli dans les études incluses des données sur les événements indésirables.

Résultats principaux: 

Les auteurs de la revue ont identifié quatorze (14) ECR pertinents. Ils ont inclus quatre essais.

Les 10 études incluses, dont quatre ont été ajoutées dans cette mise à jour, ont porté sur un total de 258 participants. Six études comparaient un immunosuppresseur ou un immunomodulateur à un témoin sous placebo et quatre études comparaient deux traitements aux immunosuppresseurs entre eux. La plupart des études avaient été réalisées à petite échelle (la plus grande portait sur 62 participants) et un grand nombre de rapport ne contenaient pas d'informations suffisantes pour évaluer le risque de biais.

Parmi les six études comparant un immunosuppresseur à un placebo, une étude, examinant l'immunoglobuline intraveineuse (IgIV), a démontré une amélioration statistiquement significative des scores de force musculaire dans le groupe de l'IgIV sur trois mois. Une autre étude examinant l'étanercept a montré des preuves d'un effet d'épargne des stéroïdes, un critère de jugement secondaire dans cette revue, mais aucune amélioration des autres critères de jugement évalués. Les quatre autres essais randomisés contrôlés par placebo évaluaient la plasmaphérèse et la leucophérèse, l'éculizumab, l'infliximab ou l'azathioprine par rapport à un placebo et ont tous donné des résultats négatifs.

Trois des quatre études comparant deux traitements immunosuppresseurs (azathioprine versus méthotrexate, cyclosporine versus méthotrexate et méthotrexate intramusculaire versus méthotrexate oral plus azathioprine) n'ont démontré aucune différence statistiquement significative en termes d'efficacité entre les traitements. La quatrième étude, qui comparait la dexaméthasone orale pulsée à la prednisolone orale quotidienne, a découvert que le traitement à la dexaméthasone avait une durée moyenne avant la rechute plus courte, mais moins d'effets secondaires.

Les immunosuppresseurs ont été associés à des effets secondaires significatifs.

Notes de traduction: 

Translated by: French Cochrane Centre

Translation supported by: Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé Français

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.