Traitement non chirurgical de la fissure anale.

La fissure anale est un ulcère douloureux survenant généralement sur la ligne médiane postérieure de la peau, juste à l'extérieur de l'entrée du rectum. Sa persistance est due au spasme du sphincter interne. La douleur classique de cette affection est une douleur qui survient lors des selles et qui persiste par la suite pendant un certain temps. Le soulagement avec guérison des fissures chroniques était obtenu, jusqu'à une période très récente, par des procédures chirurgicales ayant pour but l'ablation du spasme du sphincter. En raison du risque d'incontinence dû à la chirurgie, on a recherché des alternatives médicales à la pratique chirurgicale. Parmi les médicaments plus anciens, le son est efficace pour prévenir la récurrence de la fissure aiguë. L'application locale d'un traitement à base de myorelaxants est efficace pour guérir la fissure anale chronique, même si elle l'est moins que la chirurgie et présente un risque considérable d'événements indésirables au cours du traitement. Il existe une revue Cochrane liée à cette revue qui traite uniquement des procédures chirurgicales.

Conclusions des auteurs: 

Le traitement médical de la fissure anale chronique, constitué actuellement de nitroglycérine topique, d'injection de toxine botulique ou des bloqueurs des canaux calciques topiques nifédipine ou diltiazem, dans la fissure aiguë et chronique, et la fissure chez l'enfant, peut être appliqué avec une chance de guérison légèrement supérieure à un placebo. Pour la fissure chronique chez l'adulte, tous les traitements médicaux sont bien moins efficaces que la chirurgie. Quelques-uns des agents étudiés les plus récents semblent prometteurs sur la base unique d'études individuelles (huile de girofle, sildénifil et « crème de soin »), mais manquent de comparaison avec des médicaments établis.

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Contexte: 

En raison de l'invalidité associée à la chirurgie de la fissure anale et du risque d'incontinence, on a recherché des alternatives médicales à la chirurgie. Plus récemment, on utilise des méthodes pharmacologiques qui détendent le sphincter lisse, pour accomplir de manière réversible ce qui est apporté par la chirurgie, afin d'obtenir une guérison de la fissure.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et la morbidité de différents traitements médicaux de la fissure anale.

La stratégie de recherche documentaire: 

Les termes de recherche comprennent « fissure anale randomisée ». Période de 1966 à août 2010. Les autres détails de la recherche sont présentés ci-dessous.

Critères de sélection: 

Les études dans lesquelles les participants étaient randomisés pour recevoir un traitement non chirurgical de la fissure anale. Les groupes de comparaison peuvent comprendre une procédure opératoire, un traitement médical alternatif ou un placebo. La fissure chronique, la fissure aiguë et la fissure chez l'enfant sont incluses dans la revue. Les fissures atypiques associées aux maladies inflammatoires de l'intestin, au cancer ou à l'infection anale sont exclues.

Recueil et analyse des données: 

Les données ont été extraites de rapports publiés et de résumés de conférences évaluant la méthode de randomisation, l'aveugle, « l'intention de traiter » et les sorties d'étude, les traitements, les mesures de soutien (appliquées aux deux groupes), la posologie, la fréquence et les croisements. Les mesures de critères de jugement dichotomiques comprenaient l'absence de guérison de la fissure (une combinaison de persistance et de récurrence) et les événements indésirables (notamment l'incontinence, les céphalées, l'infection, l'anaphylaxie). Les mesures de critères de jugement continues comprenaient les mesures de soulagement de la douleur et la manométrie ano-rectale.

Résultats principaux: 

Dans cette mise à jour, 23 études portant sur 1 236 participants sont ajoutées aux 54 études et 3 904 participants de la publication de 2008, cependant 2 études de la dernière version ont été reclassées comme non incluses, le nombre final de participants est donc de 5 031.

49 comparaisons différentes de la capacité des traitements médicaux à guérir la fissure anale ont été rapportées dans 75 ECR. Dix-sept agents (pommade à la nitroglycérine (GTN), mono & dinitrate d'isosorbide, toxine botulique (Botox), diltiazem, nifédipine (bloqueurs des canaux calciques ou CCB), hydrocortisone, lidocaïne, son, minoxidil, indoramine, huile de girofle, L-arginine, bains de siège, sildénafil, « crème de soin » et placebo), ainsi que des bains de siège, des dilatateurs anaux et une sphinctérotomie chirurgicale ont été utilisés.
Il a été observé que le GTN était légèrement supérieur, mais de manière significative, au placebo concernant la guérison de la fissure anale (48,9 % vs. 35,5 %, p < 0,0009), mais une récurrence tardive de la fissure était courante, de l'ordre de 50 % des personnes initialement guéries. Le botox et les CCB étaient équivalents au GTN en termes d'efficacité, mais présentaient moins d'événements indésirables. Aucun traitement médical ne s'est approché de l'efficacité de la sphinctérotomie chirurgicale, même si aucun des traitements médicaux dans ces ECR n'était associé au risque d'incontinence.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.