Il n'existe pas suffisamment de données permettant de déterminer si les anticoagulants préviennent l'apparition de caillots sanguins chez les patients avec une insuffisance cardiaque chronique qui sont en rythme cardiaque normal.

Les caillots de sang (thromboembolie) dans les poumons, les jambes et le cerveau (AVC ischémique) contribuent à l'invalidité et au décès des patients avec une insuffisance cardiaque. Bien que les anticoagulants tels que la warfarine se révèlent être bénéfiques pour les patients dans certains sous-groupes de patients avec une insuffisance cardiaque, par exemple ceux souffrant de fibrillation auriculaire, il existe très peu de données stipulant que la warfarine fonctionne bien dans une population plus large souffrant d'insuffisance cardiaque. Il peut également y avoir d'importants effets secondaires comme des hémorragies (provoquant des ulcères et des AVC hémorragiques). Aujourd'hui, il n'existe aucune donnée permettant de recommander l'utilisation systématique d'anticoagulants pour prévenir la thromboembolie chez les patients avec une insuffisance cardiaque qui ont un rythme cardiaque normal.

Conclusions des auteurs: 

En se basant sur les deux principaux essais randomisés (HELAS 2006 ; WASH 2004), il n'y a aucune donnée convaincante stipulant que la thérapie avec anticoagulation orale modifie la mortalité ou les évènements vasculaires chez les patients avec une insuffisance cardiaque et un rythme sinusal. Bien que l'anticoagulation orale soit indiquée dans certains groupes de patients avec une insuffisance cardiaque (par exemple, les patients souffrant de fibrillation auriculaire), les données disponibles ne soutiennent pas l'utilisation systématique de l'anticoagulation chez les patients avec insuffisance cardiaque qui restent en rythme sinusal.

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Contexte: 

Les patients avec une insuffisance cardiaque chronique (insuffisance cardiaque) ont des risques de développer des évènements thromboemboliques, y compris un AVC, une embolie pulmonaire, une embolie artérielle périphérique, alors que les évènements ischémiques coronariens contribuent également à la progression de l'insuffisance cardiaque. L'anticoagulation orale à long terme est établie dans certains groupes de patients, y compris les patients avec une insuffisance cardiaque et une fibrillation auriculaire, mais il existe une variation importante dans les indications et l'utilisation de l'anticoagulation orale au sein de la population plus large souffrant d'insuffisance cardiaque.

Objectifs: 

Déterminer si l'anticoagulation orale à long terme réduit le nombre total de décès, les décès cardiovasculaires et les évènements thromboemboliques majeurs chez les patients avec une insuffisance cardiaque.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons mis à jour les recherches en juin 2013 dans les bases de données électroniques CENTRAL (numéro 6, 2013) dans la Bibliothèque Cochrane, MEDLINE (OVID, de 1946 à la 1ère semaine de juin 2013) et EMBASE (OVID, de 1980 à la semaine 23 de 2013). Les listes de références des documents et les extraits des congrès cardiovasculaires nationaux et internationaux ont été étudiés pour identifier les études non publiées. Les auteurs concernés ont été contactés afin d’obtenir des données supplémentaires. Aucune restriction de langue n'a été appliquée.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés (ECR) comparant les anticoagulants oraux à un placebo chez les adultes souffrant d'une insuffisance cardiaque, et avec un traitement durant au moins un mois. Les études non randomisées ont également été incluses pour évaluer les effets secondaires. Les décisions d'inclusion ont été faites en double, et les désaccords entre auteurs de la revue résolus par la discussion ou une tierce partie.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont évalué les essais à inclure, de manière indépendante, et ont estimé les risques et les avantages de la thérapie antithrombotique en utilisant les mesures relatives des effets, comme le rapport de cotes, accompagnées d'intervalles de confiance à 95 %.

Résultats principaux: 

Deux ECR ont été identifiés. Un comparait la warfarine, l'aspirine et la thérapie anti-thrombotique et le second comparait la warfarine et un placebo chez les patients avec une cardiomyopathie dilatée idiopathique. Trois petites études contrôlées prospectives de la warfarine utilisée en cas d'insuffisance cardiaque ont également été identifiées, mais elles dataient de plus de 50 ans avec des méthodes qui ne sont plus considérées comme fiables selon les normes modernes. Dans les deux études WASH 2004 et HELAS 2006, il n'y avait aucune différence significative dans l'incidence d'infarctus du myocarde, un AVC non fatal et le décès entre les patients prenant une anticoagulation orale et ceux sous placebo. Quatre analyses de cohorte non randomisées rétrospectives et quatre études observationnelles de l'anticoagulation orale en cas d'insuffisance cardiaque incluaient des populations différentes de patients souffrant d'insuffisance cardiaque et mentionnaient des résultats contradictoires.

Notes de traduction: 

Translated by: French Cochrane Centre

Translation supported by: Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé Français

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.