Interventions dans l'impétigo (infection cutanée)

L'impétigo provoque des plaies semblables à des cloques. Ces plaies peuvent contenir du pus et former des croûtes et le fait de se gratter entraîne la propagation de l'infection. Des bactéries sont à l'origine de l'apparition de l'impétigo. Il est particulièrement contagieux et touche généralement les enfants. Il s'agit de l'infection bactérienne cutanée la plus couramment diagnostiquée chez les enfants par les médecins généralistes. Les options de traitement incluent des antibiotiques topiques (crèmes antibiotiques), des antibiotiques oraux (antibiotiques avalés par la bouche) et des solutions désinfectantes. En général, il n'existe aucun traitement standard homologué et aucune preuve relative à l'intervention la plus efficace n'a été établie avec certitude.

Nous avons identifié 68 essais contrôlés randomisés comparant plusieurs traitements de l'impétigo. Toutes ces études ont évalué 26 traitements oraux et 24 traitements topiques, y compris un placebo, et les résultats concernant 5 708 participants ont été examinés.

Dans l'ensemble, les antibiotiques topiques ont affichés de meilleurs taux de guérison qu'un placebo topique.

Deux crèmes antibiotiques, la mupirocine et l'acide fusidique, sont au moins aussi efficaces que les antibiotiques oraux en cas de maladie bénigne. Aucune preuve claire n'a permis de démontrer que l'un de ces antibiotiques topiques les plus couramment étudiés était plus efficace qu'un autre.

La mupirocine était plus efficace qu'un antibiotique oral, l'érythromycine orale.

Nous avons trouvé qu'un antibiotique oral, la pénicilline orale, est inefficace pour le traitement de l'impétigo, contrairement à d'autres antibiotiques oraux qui pourraient aider (par ex. : l'érythromycine et la cloxacilline).

On ignore si les antibiotiques oraux sont supérieurs aux antibiotiques topiques chez les personnes souffrant d'un impétigo sévère.

Les preuves sont insuffisantes pour démontrer que les solutions désinfectantes atténue l'impétigo. Lors du regroupement de 2 études composées de 292 participants, les antibiotiques topiques se sont révélés beaucoup plus efficaces que les traitements désinfectants.

La fréquence des effets secondaires signalés pour les traitements topiques était légère et faible ; les traitements provoquaient parfois des démangeaisons, des brûlures ou des tâches. Les antibiotiques oraux entraînaient des maladies gastro-intestinales, comme des nausées et des diarrhées, chez 2 à 30 % des participants en fonction de l'antibiotique spécifique.

Partout dans le monde, les bactéries à l'origine de l'impétigo sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques couramment prescrits. Dans le cas d'un traitement topique récemment mis au point, la rétapamuline, aucune résistance n'a encore été signalée.

Conclusions des auteurs: 

Il existe des preuves probantes selon lesquelles la mupirocine et l'acide fusidique topique sont pareillement, voire plus, efficaces qu'un traitement oral. En raison du manque d'études concernant les personnes souffrant d'un impétigo étendu, la supériorité des antibiotiques oraux par rapport aux antibiotiques topiques reste à déterminer dans ce groupe. L'efficacité de l'acide fusidique et de la mupirocine est similaire. La pénicilline n'était pas aussi efficace que la majorité des autres antibiotiques. Il n'existe pas suffisamment de preuves permettant de corroborer les méthodes de désinfection pour la gestion de l'impétigo.

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Contexte: 

L'impétigo est une infection bactérienne cutanée superficielle courante qui touche généralement les enfants. Il n'existe aucun traitement standard homologué et les recommandations de traitement diffèrent sensiblement. Les options de traitement incluent plusieurs antibiotiques oraux et topiques différents, ainsi que des désinfectants. Ceci est une version mise à jour de la revue originale publiée en 2003.

Objectifs: 

Évaluer les effets des traitements de l'impétigo, y compris les interventions non pharmacologiques et l'« attente d'une guérison naturelle ».

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons mis à jour nos recherches portant sur les bases de données suivantes jusqu'à juillet 2010 : le registre spécialisé du groupe Cochrane sur la dermatologie, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE (à partir de 2005), EMBASE (à partir de 2007) et LILACS (à partir de 1982). Nous avons également effectué des recherches en ligne dans les registres d'essais pour les essais en cours, ainsi que des recherches manuelles dans les listes bibliographiques des nouvelles études identifiées dans la recherche mise à jour.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés portant sur le traitement de l'impétigo non bulleux, bulleux, primaire et secondaire.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont suivi toutes les étapes de collecte de données de façon indépendante. Nous avons procédé à des évaluations de la qualité et à la collecte de données dans deux étapes différentes.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 57 essais dans la première version de cette revue. Pour cette mise à jour, 1 de ces essais a été exclu et 12 nouveaux essais ont été ajoutés. Le nombre total d'essais inclus était donc de 68, avec un total de 5 578 participants, présentant 50 traitements différents, y compris un placebo. La majorité des essais portaient sur l'impétigo primaire ou ne le mentionnaient pas.

Pour plusieurs des éléments dont les risques de biais étaient évalués, la majorité des études fournissaient des informations insuffisantes. Quinze études indiquaient une mise en aveugle des participants et des évaluateurs de résultats.

Un traitement à base d'antibiotiques topiques révélait de meilleurs taux de guérison par rapport à un placebo (risque relatif (RR) groupé 2,24, intervalle de confiance (IC) à 95 % 1,61 à 3,13) dans 6 études de 575 participants. Dans 4 études de 440 participants, aucune preuve probante ne révélait que l'un des antibiotiques topiques les plus couramment étudiés (la mupirocine et l'acide fusidique) était plus efficace qu'un autre (RR 1,03, IC à 95 % 0,95 à 1,11).

Dans 10 études de 581 participants, la mupirocine topique était légèrement supérieure à l'érythromycine orale (RR groupé 1,07, IC à 95 % 1,01 à 1,13). Aucune différence significative n'a été constatée au niveau des taux de guérison à l'issue du traitement à base d'antibiotiques topiques par rapport à d'autres antibiotiques oraux. Toutefois, des différences de résultats au niveau du traitement à base de plusieurs antibiotiques oraux ont été constatées : la pénicilline était inférieure à l'érythromycine, dans deux études de 79 participants (RR groupé 1,29, IC à 95 % 1,07 à 1,56) et la cloxacilline, dans 2 études de 166 participants (RR groupé 1,59, IC à 95 % 1,21 à 2,08).

Les preuves étaient insuffisantes concernant les effets bénéfiques liés à des solutions désinfectantes. Lors du regroupement de 2 études composées de 292 participants, les antibiotiques topiques se sont révélés beaucoup plus efficaces que les traitements désinfectants (RR 1,15, IC à 95 % 1,01 à 1,32).

Le nombres d'effets secondaires signalés étaient faibles et la majorité d'entre eux étaient légers. Des effets secondaires étaient plus courants dans le cas d'un traitement à base d'antibiotiques oraux par rapport à un traitement topique. Les effets gastro-intestinaux étaient majoritaires.

Partout dans le monde, les bactéries à l'origine de l'impétigo sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques couramment prescrits. Dans le cas d'un traitement topique récemment mis au point, la rétapamuline, aucune résistance n'a encore été signalée.

Notes de traduction: 

Recherches parrainées
Le parrainage industriel ou l'organisation de l'essai était mentionné(e) dans 20 essais (29 %) : 5 études sur la mupirocine (Goldfarb 1988 ; Mertz 1989 ; Rist 2002 ; Wainscott 1985 ; White 1989), 2 sur le cefdinir (Tack 1997 ; Tack 1998), 2 sur le céfadroxil (Beitner 1996 ; Hains 1989), 2 sur l'azithromycine (Daniel 1991a ; Daniel 1991b), 2 sur le cefditoren (Bucko 2002a ; Bucko 2002b) ; 2 sur la rétapamuline (Koning 2008 ; Oranje 2007) ; 1 sur l'amoxicilline plus l'acide clavulanique (Jaffe 1985), la céfalexine (Dillon 1983 ; Giordano 2006), la clindamycine (Blaszcyk 1998) et l'acide fusidique (Sutton 1992). Cinq essais (9 %) ont été parrainés par d'autres organisations. Pour les 48 essais restants (67 %), aucune déclaration de parrainage ou de financement n'a été indiquée (voir Tableau 2 « Parrainage ou financement déclaré »).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.