La traction pour la lombalgie

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Cette revue systématique concerne l'effet de la traction chez les patients souffrant de lombalgie aiguë, subaiguë ou chronique, avec ou sans sciatique. Les critères de jugement incluent la douleur, l'état fonctionnel, les mesures globales (telle que l'amélioration d'ensemble) et le retour au travail.

La lombalgie est un problème majeur de santé dans les populations des pays industrialisés occidentaux et constitue une cause importante de dépenses médicales, d'absentéisme et d'invalidité. Différents types de traction sont utilisés pour traiter les patients lombalgiques, souvent en combinaison avec d'autres traitements. Les techniques de traction les plus couramment utilisées sont la traction mécanique ou motorisée (où la traction est exercée par une poulie motorisée) et la traction manuelle (dans laquelle la traction est exercée par le thérapeute qui utilise le poids de son corps pour modifier la force et la direction du tirage).

La revue comprend 25 études, soit un total de 2 206 patients souffrant de lombalgie. Dans les études portant sur des patients aux symptômes variés (c.-à-d. où certains, mais pas tous, avaient une sciatique), les résultats montraient régulièrement que la traction (continue ou intermittente) en mono-traitement de la lombalgie n'était pas plus efficace qu'un placebo, qu'un traitement fictif ou que d'autres traitements. Pour les patients ayant une sciatique, les résultats sont contradictoires pour beaucoup de comparaisons mais il y a des preuves de qualité modérée que la traction continue ou intermittente n'est pas plus efficace que d'autres traitements.

Sept des 25 études rapportent que les patients faisant l'objet de traction avaient subi certains effets indésirables (tels qu'une augmentation de la douleur ou une intervention chirurgicale ultérieure) ; deux études avaient rapporté qu'il n'y avait pas eu d'effets indésirables ; dans les autres études les effets indésirables n'étaient pas mentionnés.

Une limitation de cette révision tient à la rareté des études de bonne qualité, en particulier de celles qui distinguent entre les patients aux différents tableaux symptomatiques (avec et sans sciatique, avec des douleurs de durées différentes).

Conclusions des auteurs: 

Implications pour la pratique
Les résultats des études disponibles portant sur des groupes où se mélangent des patients souffrant de lombalgie aiguë, subaiguë et chronique, avec ou sans sciatique, étaient tout à fait cohérents, ce qui indique que la traction continue ou intermittente en mono-traitement de la lombalgie n'est probablement pas efficace pour ce groupe. Pour les patients atteints de sciatique non plus la traction ne peut pas, à l'heure actuelle, être jugée efficace, en raison de l'incohérence des résultats et de problèmes méthodologiques dans la plupart des études. Nous concluons que la traction en mono-traitement de la lombalgie n'est probablement pas efficace.

Implications pour la recherche
Toute recherche future sur la traction pour patients lombalgiques devrait faire la distinction entre le type des symptômes et leur durée, et devrait être réalisée en conformité avec les normes méthodologiques les plus exigeantes.

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Contexte: 

La traction est utilisée pour traiter la lombalgie, souvent avec d'autres traitements.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité de la traction pour la lombalgie, en comparaison avec les traitements de référence, les placebos, la traction fictive ou l'absence de traitement.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans CENTRAL (The Cochrane Library 2006, numéro 4), MEDLINE, EMBASE et CINAHL jusqu'à octobre 2006, ainsi que dans les références bibliographiques de revues pertinentes et dans des fichiers personnels.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés (ECR) portant sur la traction pour le traitement de la lombalgie non spécifique aiguë (d'une durée de moins de quatre semaines), subaiguë (de quatre à 12 semaines) ou chronique (plus de 12 semaines), avec ou sans sciatique.

Recueil et analyse des données: 

La sélection des études, l'évaluation de la qualité méthodologique et l'extraction des données ont été réalisées indépendamment par deux auteurs. Comme il n'y avait pas suffisamment de données pour permettre un regroupement statistique, nous avons effectué une analyse qualitative.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 25 ECR (2 206 patients ; 1 045 recevant un traitement de traction). Cinq essais ont été considérés de bonne qualité.

Pour les patients à tableaux symptomatiques différents (lombalgie aiguë, subaiguë et chronique, avec et sans sciatique) il y a :

- des preuves solides de l'absence de différence statistiquement significative dans les résultats entre la traction en mono-traitement et le placebo, le traitement fictif ou l'absence de traitement ;
- des preuves de qualité modérée que la traction en mono-traitement n'est pas plus efficace que d'autres traitements ;
- des preuves limitées de l'absence de différence significative dans les résultats entre le même programme standard de physiothérapie avec et sans traction continue.

Pour les patients lombalgiques ayant une sciatique (avec douleur aiguë, subaiguë ou chronique), les résultats sont contradictoires pour plusieurs comparaisons :

- l'autotraction comparée à un placebo, à un traitement fictif ou à l'absence de traitement ;
- d'autres formes de traction comparées à d'autres traitements ;
- différentes formes de traction.

Dans les autres comparaisons il n'y avait pas de différences statistiquement significatives ; les preuves sont de qualité modérée pour la traction continue ou intermittente comparée à un placebo, à un traitement fictif ou à l'absence de traitement, et de qualité limitée pour la comparaison entre traction légère et normale.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.