Psychothérapies pour le traitement de la drépanocytose et de la douleur

La drépanocytose est un groupe de maladies du sang. Elle peut provoquer une anémie qui, sous sa forme grave, peut réduire la mobilité. Elle peut également entraîner l'obstruction des petits vaisseaux sanguins, provoquant des douleurs musculaires et osseuses, et peut endommager les principaux organes, tels que la rate, le foie, les reins et les poumons. Les personnes atteintes de drépanocytose sont plus vulnérables aux infections graves. Le traitement est généralement en corrélation avec les symptômes et est conçu pour soulager la douleur. Une psychothérapie visant à faciliter l'adaptation des personnes à la drépanocytose pourrait compléter le traitement médical actuel. Il existe quatre types de traitement : l'éducation des patients ; la thérapie cognitive (en rapport avec les pensées et les sentiments) ; la thérapie comportementale (en rapport avec les actes) ; la psychothérapie psychodynamique (parler pour soulager la douleur émotionnelle). Nous avons cherché des essais randomisés ou quasi randomisés comparant des psychothérapies entre elles ou par rapport à l'absence de traitement dans la drépanocytose. Nous avons inclus dans la revue sept études, dont cinq totalisant 260 personnes comportaient des données pouvant être prises en compte dans l'analyse. Une étude a montré que la thérapie comportementale cognitive réduisait la partie affective de la douleur (sentiments sur la douleur), mais pas la partie sensorielle (intensité de la douleur). Une autre étude de cette thérapie présentait des résultats non probants pour les stratégies d'adaptation et n'a mis en évidence aucune différence concernant la manière dont différents groupes utilisaient le service de santé. Une étude utilisant la thérapie cognitivo-comportementale avec des adolescents et leurs familles à domicile n'a pas mis en évidence de différence par rapport à l'éducation sur la drépanocytose. Une étude sur l'éducation n'a pas observé de réduction de la dépression. En outre, une étude sur l'éducation des patients a permis d'améliorer les attitudes envers les professionnels de santé et l'utilisation des médicaments chez les adolescents et les jeunes adultes. Les auteurs pensent qu'une certaine éducation des patients semble pertinente pour les enfants et les adolescents, tandis que les méthodes pour améliorer les capacités d'adaptation tant chez les enfants que les adultes sont importantes. Néanmoins, ces résultats pourraient ne pas s'appliquer indépendamment de l'âge, de la gravité clinique, du type de douleur (aiguë ou chronique) ou du pays d'habitation des personnes atteintes de drépanocytose. Davantage de recherches doivent être menées dans ce domaine.

Conclusions des auteurs: 

Les preuves de l'efficacité des psychothérapies dans le traitement de la drépanocytose sont actuellement limitées. Cette revue systématique a clairement identifié le besoin de réaliser des essais contrôlés randomisés, multicentriques, avec une puissance statistique adéquate et correctement élaborés, afin d’évaluer l’efficacité d'interventions spécifiques dans le traitement de la drépanocytose.

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Contexte: 

La drépanocytose comprend un groupe de maladies génétiques du sang. Elle survient lorsque le gène de l'hématie en faucille est hérité des deux parents. Les effets de la maladie sont : une anémie à degrés variables qui, si elle est grave, peut réduire la mobilité ; une tendance des petits capillaires sanguins à s'obstruer, provoquant des douleurs musculaires et osseuses appelées couramment « crises » ; des dommages aux organes importants, tels que la rate, le foie, les reins et les poumons ; ainsi qu'une vulnérabilité accrue aux infections graves. Il existe à la fois des complications médicales et non médicales, et le traitement est généralement symptomatique et palliatif. Les interventions psychologiques pour les individus atteints de drépanocytose peuvent compléter le traitement médical actuel et des études de leur efficacité ont donné des résultats encourageants. Ceci est une mise à jour d'une revue systématique Cochrane publiée précédemment.

Objectifs: 

Examiner les preuves d'efficacité des interventions psychologiques à améliorer la capacité des personnes atteintes de drépanocytose à s'adapter à leur maladie.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d’essais cliniques sur les hémoglobinopathies du groupe Cochrane sur la mucoviscidose et les autres maladies génétiques, constitué des références identifiées lors de recherches exhaustives dans des bases de données électroniques et sur Internet, et lors de recherches manuelles de revues pertinentes et de résumés d’actes de conférence.

Date des recherches les plus récentes effectuées dans le registre des essais cliniques sur les hémoglobinopathies du groupe Cochrane : 17 mars 2014.

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés randomisés ou quasi randomisés comparant des interventions psychologiques à l’absence d’intervention (psychologique) chez les personnes atteintes de drépanocytose.

Recueil et analyse des données: 

Les deux auteurs ont extrait des données et évalué les risques de biais des études incluses de façon indépendante.

Résultats principaux: 

Douze études ont été identifiées lors des recherches et sept d'entre elles pouvaient être incluses dans la revue. Cinq études, portant sur 260 participants, ont fourni des données à analyser. Une étude a constaté que la thérapie comportementale cognitive réduisait sensiblement la composante affective de la douleur (sentiments sur la douleur), différence moyenne -0,99 (intervalle de confiance à 95 % de -1,62 à -0,36), mais pas la composante sensorielle (intensité de la douleur), différence moyenne 0,00 (intervalle de confiance à 95 % de -9,39 à 9,39). Dans une étude sur la psychoéducation familiale, celle-ci n'était pas associée à une réduction de la dépression. Une autre étude évaluant la thérapie comportementale cognitive présentait des résultats non probants pour l'évaluation des stratégies d'adaptation et n'a mis en évidence aucune différence entre les groupes évalués en termes d'utilisation du service de santé. En outre, la thérapie comportementale cognitive au domicile familial n'a pas montré de différence par rapport à l'éducation sur la maladie. Une étude de l'éducation des patients concernant leurs croyances sur la santé a mis en évidence une amélioration significative dans les attitudes envers les professionnels de la santé, différence moyenne -4,39 (IC à 95 % de -6,45 à -2,33) et la médication, différence moyenne -1,74 (IC à 95 % de -2,98 à -0,50). Néanmoins, ces résultats pourraient ne pas s'appliquer indépendamment de l'âge, de la gravité de la maladie drépanocytaire, du type de douleur (aiguë ou chronique), ou du contexte.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.