Dipyridamole pour prévenir les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou d'autres événements vasculaires chez des patients atteints d'une maladie vasculaire

Les patients présentant des symptômes de maladie artérielle ont un risque élevé d'être victimes d'un AVC (potentiellement mortel) ou d'une crise cardiaque (infarctus du myocarde). Le traitement par antiagrégants plaquettaires avec des médicaments tels que l'aspirine prévient la coagulation sanguine et réduit le risque d'AVC, de crises cardiaques et de décès dus à une maladie vasculaire. Le dipyridamole, un autre antiagrégant plaquettaire, donné seul ou avec de l'aspirine pourrait même davantage réduire le risque. Cette revue incluait 29 études impliquant 23 019 participants. Lorsque nous avons comparé les effets du dipyridamole (seul ou avec de l'aspirine) et l'aspirine seule, nous n'avons trouvé aucune preuve d'un effet sur les décès dus à des causes vasculaires. Lorsque nous avons comparé les effets sur l'occurrence d'événements vasculaires (AVC, crises cardiaques et décès dus à des causes vasculaires), l'association aspirine et dipyridamole s'est avérée plus efficace que l'aspirine seule. Ce résultat est particulièrement vrai pour les patients victimes d'un AVC ischémique.

Conclusions des auteurs: 

Pour les patients atteints d'une maladie vasculaire artérielle, il n'a pas été démontré que le dipyridamole, en présence ou en l'absence d'un autre antiagrégant plaquettaire, réduisait le risque de décès vasculaire, bien qu'il réduise le risque d'autres événements vasculaires. Ce bénéfice n'a été observé que chez les patients ayant été victime d'une ischémie cérébrale. Il n'existe pas de preuve démontrant que le dipyridamole seul est plus efficace que l'aspirine.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

Les patients victimes d'une ischémie cérébrale limitée d'origine artérielle ont un risque élevé d'événements vasculaires graves (4 % à 11 % annuellement). L'aspirine réduit ce risque de 13 %. Dans un essai, l'ajout de dipyridamole à l'aspirine a été associé à une réduction du risque de 22 % par rapport à l'aspirine seule. Cependant, une revue systématique de tous les essais sur des antiagrégants plaquettaires par la Antithrombotic Trialists' Collaboration a montré que, chez les patients à haut risque, il n'y avait pratiquement aucune différence entre l'association dipyridamole/aspirine et l'aspirine seule.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et l'innocuité du dipyridamole versus un groupe témoin dans la prévention secondaire d'événements vasculaires chez des patients souffrant d'une maladie vasculaire.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le groupe Cochrane sur les accidents vasculaires cérébraux (dernière recherche en juin 2006), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library numéro 2, 2006), MEDLINE (juin 1966 à mai 2006) et EMBASE (de 1980 à mai 2006). Nous avons contacté des auteurs et des entreprises pharmaceutiques en vue d'obtenir de plus amples données sur des études publiées et non publiées.

Critères de sélection: 

Nous avons sélectionné des essais randomisés sur la prévention secondaire à long terme avec une assignation en aveugle au traitement, lequel devait durer plus d'un mois et commencer dans les six mois suivant la présentation d'une maladie vasculaire artérielle. Le traitement consistait à administrer du dipyridamole avec ou sans autre antiagrégant plaquettaire comparé à l'absence de médicament ou d'antiagrégant plaquettaire autre que le dipyridamole.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont sélectionné indépendamment les essais à inclure, évalué la qualité des essais et extrait les données. Les données ont été analysées selon le principe de l'intention de traiter.

Résultats principaux: 

Vingt-neuf essais ont été inclus, avec 23 019 participants, parmi lesquels 1 503 décès d'origine vasculaire et 3 438 événements vasculaires mortels et non mortels se sont produits pendant le suivi. Par rapport au groupe témoin, le dipyridamole n'a eu aucun effet évident sur les décès vasculaires (risque relatif (RR) 0,99, intervalle de confiance (IC) à 95 % de 0,87 à 1,12). Ce résultat n'était pas influencé par la dose de dipyridamole ou le type de maladie vasculaire. Par rapport au groupe témoin, il s'est avéré que le dipyridamole réduisait le risque d'événements vasculaires (RR 0,88, IC à 95 % de 0,81 à 0,95). Cet effet n'était statistiquement significatif que chez les patients présentant une ischémie cérébrale.

Tools
Information
Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.