Fluspirilène à effet retard dans la schizophrénie

La schizophrénie est un trouble mental grave, chronique et récidivant dont la prévalence mondiale au cours de la vie est d'environ 1 %. Les médicaments antipsychotiques constituent le pilier du traitement de la schizophrénie, mais l'observance du traitement est souvent insuffisante en raison du profil d'effets indésirables des médicaments et/ou de l'idée que les patients se font de leur maladie. La non-observance du traitement est une cause majeure de rechute qui a d'importantes conséquences personnelles, sociales et économiques.

Les antipsychotiques à effet retard ont été spécifiquement développés dans les années 1960 pour promouvoir l'observance du traitement, ce qui a entraîné une utilisation extensive de ces médicaments en tant que traitement d'entretien à long terme. Les antipsychotiques à effet retard sont administrés par voie intramusculaire et le médicament se libère lentement dans l'organisme au cours d'une période prolongée. Ces antipsychotiques doivent être injectés une seule fois toutes les 2-4 semaines.

Le fluspirilène est un médicament antipsychotique à effet retard injectable à action relativement prolongée utilisé dans la schizophrénie. Nous avons mis à jour la revue systématique initiale (David 1999) sur le Fluspirilène à effet retard dans la schizophrénie en ajoutant cinq études supplémentaires. La revue inclut désormais douze essais randomisés. Il s'agit d'études à petite échelle, pour la plupart de courte durée. Ces résultats sont donc peu instructifs pour un médicament conçu pour un traitement d'entretien à long terme. Néanmoins, sur la base des études que nous avons pu inclure, le décanoate de fluspirilène ne présente pas de grandes différences par rapport à d'autres antipsychotiques à effet retard (décanoate de fluphénazine, énanthate de fluphénazine, énanthate de perphénazine, undécylénate de pipotiazine) en termes d'efficacité du traitement, de réponse ou de tolérabilité. Les résultats suggèrent que le fluspirilène ne présente pas de différence significative par rapport aux antipsychotiques oraux, ou entre différents schémas thérapeutiques hebdomadaires, mais les essais sont trop peu nombreux pour pouvoir tirer des conclusions.

Conclusions des auteurs: 

L'effectif était limité pour chaque comparaison et nous n'avons identifié aucune différence notable entre le fluspirilène et les médicaments oraux ou d'autres médicaments à effet retard. À l'heure actuelle, les données des essais ne permettent pas d'étayer ou de réfuter l'efficacité du fluspirilène en tant que médicament à effet retard ni de déterminer ses avantages potentiels par rapport à d'autres médicaments à effet retard. Des essais randomisés bien réalisés et documentés sont nécessaires afin de pouvoir émettre des recommandations pour la pratique clinique.

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Contexte: 

Les médicaments antipsychotiques constituent le pilier du traitement de la schizophrénie et des troubles psychotiques de même nature. Les injections de médicaments à effet retard et à action prolongée, tels que le fluspirilène, sont couramment utilisées en tant que traitement d'entretien à long terme.

Objectifs: 

Évaluer les effets du fluspirilène à effet retard par rapport à un placebo, des antipsychotiques oraux et d'autres préparations antipsychotiques à effet retard chez les patients schizophrènes en termes de résultats cliniques, sociaux et économiques.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre du groupe Cochrane sur la schizophrénie (septembre 2005), examiné les références bibliographiques de toutes les études identifiées et contacté les sociétés pharmaceutiques concernées.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus tous les essais randomisés pertinents portant sur des patients schizophrènes et comparant du fluspirilène à effet retard à des antipsychotiques oraux, d'autres préparations à effet retard ou un placebo. Des critères de jugement tels que les décès, le changement cliniquement significatif de la fonction globale, l'état mental, les rechutes, les hospitalisations, les effets indésirables et l'acceptabilité du traitement ont été examinés.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons sélectionné les études, évalué la qualité et extrait les données de manière fiable. Pour les données dichotomiques, nous avons calculé le risque relatif (RR) avec des intervalles de confiance (IC) à 95 %. Dans la mesure du possible, les statistiques du nombre de sujets à traiter (NST) ont été calculées. L'analyse a été effectuée sur la base de l'intention de traiter. Nous avons synthétisé les données continues normales à l'aide de la différence moyenne pondérée (DMP). Nous n'avons présenté de données issues d'échelles que pour les outils ayant atteint les niveaux de qualité prédéfinis.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus douze études randomisées dans cette mise à jour, dont cinq études supplémentaires. Un essai comparait du fluspirilène à un placebo et ne rapportait aucune différence importante en termes d'amélioration globale (n = 60, 1 ECR, RR d'absence d'amélioration importante de 0,97, IC entre 0,9 et 1,1). Bien que des troubles du mouvement (n = 60, 1 ECR, RR de 31,0, IC entre 1,9 et 495,6, NNN de 4) aient uniquement été observés dans le groupe du fluspirilène, aucune donnée convaincante ne démontrait l'avantage de la chlorpromazine orale ou des autres antipsychotiques à effet retard par rapport au décanoate de fluspirilène. Nous n'avons observé aucune différence entre le fluspirilène à effet retard et les autres antipsychotiques oraux en termes de rechutes ou d'arrêts prématurés. Les données de l'état global (CGI) ne révélaient pas de différence significative à court terme entre le fluspirilène et les autres médicaments à effet retard (n = 90, 2 ECR, RR d'absence d'amélioration importante de 0,80, IC entre 0,2 et 2,8). Aucune différence significative n'était apparente entre le fluspirilène et les autres médicaments à effet retard concernant les arrêts prématurés (n = 83, 2 ECR, RR de 0,55, IC entre 0,1 et 2,3) ou les taux de rechute (n = 109, 3 ECR, RR de 0,55, IC entre 0,1 et 2,3). La prévalence des effets indésirables extrapyramidaux était significativement inférieure dans les groupes du fluspirilène (n = 164, 4 ECR, RR de 0,50, IC entre 0,3 et 0,8, NNN de 5). Aucune différence significative n'était observée concernant les autres effets indésirables. Le taux d'attrition, dans une comparaison entre l'administration de fluspirilène hebdomadaire et toutes les deux semaines (n = 34, RR de 3,00, IC entre 0,1 et 68,8), et le taux de rechute (n = 34, RR de 3,18, IC entre 0,1 et 83,8) ne présentaient pas de différence significative. Aucune différence significative n'était observée concernant les troubles du mouvement dans une étude à court terme. Aucune étude ne rapportait de résultats concernant les hôpitaux ou les services, ou la satisfaction globale des participants vis-à-vis des soins. Les résultats économiques n'étaient rapportés dans aucune des études incluses.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.