Le rasage systématique des femmes dans la région autour du vagin lors de l'admission à l'hôpital en salle de travail

Les femmes sont susceptibles de se voire raser leurs poils pubiens (rasage du périnée) quand elles sont admises à l'hôpital pour accoucher. Ceci est basé sur la conviction que le rasage réduit le risque d'infection en cas de déchirement du périnée ou de réalisation d'une épisiotomie, qu'il rend la suture plus facile et qu'il aide en cas d'accouchement instrumental. Le rasage est une procédure de routine dans certains pays. Trois essais contrôlés ayant porté sur un total de 1 039 femmes ont été signalés entre 1922 et ​​2005. Ils avaient tous utilisé une préparation de rasage antiseptique pour la peau et comparé le rasage périnéal à la coupe des poils vulvaires. La qualité globale des preuves allait de très faible (pour les critères « morbidité fébrile maternelle post-partum » et « infection néonatale ») à faible (pour les critères « infection de la plaie » et « satisfaction maternelle »). Lorsque les résultats des essais étaient combinés, aucune différence n'a été trouvée, avec et sans le rasage, sur le nombre de mères atteintes de fièvre après l'accouchement. Un essai avait aussi examiné l'infection des plaies périnéales, l'incidence des plaies ouvertes et la satisfaction de la mère immédiatement après une réparation périnéale, et n'avait constaté aucune différence entre les groupes. La plupart des effets secondaires attribuables au rasage surviennent plus tard, comme le décrit un des essais. Il s'agit notamment d'irritations, de rougeurs, de multiples égratignures superficielles faites par le rasoir et de brûlures et démangeaisons à la vulve. Un essai a évalué la satisfaction maternelle et n'a trouvé aucune différence entre les groupes. D'autres résultats tels que la douleur, la gêne ou l'inconfort pendant la repousse des poils, n'ont pas été signalés. La présente revue n'a pas trouvé de preuve d'un quelconque bénéfice clinique du rasage du périnée. Ne pas systématiquement raser les femmes avant le travail est apparu sans danger.

Conclusions des auteurs: 

On ne dispose pas de suffisamment d'éléments probants pour recommander le rasage du périnée pour les femmes admises en salle de travail.

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Contexte: 

Le rasage du pubis ou du périnée est une procédure effectuée avant l'accouchement afin de réduire le risque d'infection en cas de déchirure périnéale spontanée ou de réalisation d'une épisiotomie.

Objectifs: 

Évaluer les effets du rasage systématique du périnée avant l'accouchement sur les critères de santé maternelle et néonatale, selon les meilleures preuves disponibles.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et l'accouchement (12 juin 2014).

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés (y compris les quasi randomisés) ayant comparé le rasage du périnée à l'absence de rasage.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment évalué toutes les études potentielles en vue de leur l'inclusion, évalué les risques de biais et extrait les données à l'aide d'un formulaire pré-établi. L’exactitude des données a été vérifiée.

Résultats principaux: 

Trois essais contrôlés randomisés (1 039 femmes) publiés entre 1922 et 2005 remplissaient les critères prédéfinis. Dans l'essai le plus ancien, 389 femmes avaient été assignées en alternance à recevoir la préparation de la peau et le rasage périnéal ou la seule coupe des poils de la vulve. Dans le second essai, qui comprenait 150 participantes, le rasage du périnée avait été comparé à la coupe des poils longs pour les procédures uniquement. Dans le troisième essai, le plus récent, 500 femmes avaient été assignées de façon aléatoire au rasage de la zone périnéale ou à la coupe des poils du périnée. Le principal critère de jugement pour les trois essais était la morbidité fébrile maternelle ; aucune différence n'a été observée (risque relatif (RR) de 1,14 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % de 0,73 à 1,76). Aucune différence n'a été constatée en termes d'infection des plaies du périnée (RR 1,47 ; IC à 95 % de 0,80 à 2,70) ou de déhiscence de la plaie périnéale (RR 0,33 ; IC à 95 % de 0,01 à 8,00) dans l'essai le plus récent portant sur 500 femmes, le seul à évaluer ces critères. Dans le plus petit essai, moins de femmes non rasées avaient été atteintes d'une colonisation bactérienne à Gram négatif, en comparaison avec les femmes rasées (RR 0,83 ; IC à 95 % de 0,70 à 0,98). Dans le seul essai rendant compte de ce critère, aucun cas d'infection néonatale n'a été constaté dans les deux groupes. Aucune différence n'a été observée entre les groupes en termes de satisfaction maternelle dans l'essai le plus grand rendant compte de ce critère (différence moyenne (DM) de 0,00 ; IC à 95 % de -0,13 à 0,13). Aucun essai ne rendait compte des traumatismes du périnée. Un essai rapportait les effets secondaires, qui comprenaient des irritations, rougeurs, sensations de brûlure et démangeaisons.

La qualité globale des preuves allait de très faible (pour les critères « morbidité fébrile maternelle post-partum » et « infection néonatale ») à faible (pour les critères « infection de la plaie » et « satisfaction maternelle »).

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.