Méthodes mécaniques utilisées pour déclencher le travail

Le déclenchement du travail est une procédure obstétrique courante pratiquée lorsque les risques de poursuivre la grossesse l'emportent sur les avantages.

Les méthodes mécaniques de déclenchement ont été développées pour promouvoir la maturation cervicale et le début du travail en étirant le col de l'utérus. Elles font partie des méthodes les plus anciennes permettant d'initier le travail. Plus récemment, les prostaglandines (prostaglandine E2 vaginale et intracervicale, misoprostol vaginal et oral) et l'ocytocine pharmacologiques ont en partie remplacé les méthodes mécaniques. L'objectif de cette revue de 71 essais contrôlés randomisés (9 722 femmes) était de déterminer les effets des méthodes mécaniques de maturation cervicale ou de déclenchement du travail par rapport à l'absence de traitement, aux prostaglandines et à l'ocytocine chez les femmes ayant atteint le troisième trimestre de grossesse.

Cette revue inclut 71 essais contrôlés randomisés (totalisant 9 722 femmes), composés de 39 à 588 femmes par étude. La majorité des études examinaient le recours à une césarienne ; tous les autres résultats se basent sur un nombre de femmes nettement inférieur. Les méthodes mécaniques étaient aussi efficaces que les prostaglandines pour le déclenchement de l'accouchement dans les 24 heures suivant le début de l'intervention, avec une diminution des épisodes de contractions utérines excessives. Les risques de césarienne étaient identiques. Moins d'études s'intéressaient aux problèmes des infections, qui semblaient augmenter avec les méthodes mécaniques. Par conséquent, les méthodes mécaniques peuvent être considérées comme ayant moins d'effets secondaires que les prostaglandines. La seule étude signalant une gêne maternelle montrait une gêne accrue pendant la maturation avec des prostaglandines par rapport à l'insertion d'un cathéter de Foley et avec des dispositifs à double ballonnets par rapport à des cathéters de Foley. Ce résultat peut influencer le choix de la méthode et pose une question importante qui devra être résolue dans des études futures. Les méthodes mécaniques étaient plus efficaces que le déclenchement du travail avec de l'ocytocine. Des effets néfastes graves concernant la mère et le nourrisson étaient rarement signalés et ne différaient pas entre les différentes interventions.

Conclusions des auteurs: 

Le déclenchement du travail à l'aide de méthodes mécaniques génère des taux de césarienne similaires aux prostaglandines, avec une diminution des risques d'hyperstimulation. Les méthodes mécaniques n'augmentent pas le nombre global de femmes n'ayant pas accouché dans les 24 heures. Cependant, la proportion des femmes ayant déjà eu des enfants et n'ayant pas accouché par voie basse dans les 24 heures était supérieure comparée aux PGE2 vaginales. Comparées à l'ocytocine, les méthodes mécaniques réduisent les risques de césarienne.

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Contexte: 

Les méthodes mécaniques faisaient partie des premières méthodes développées pour étirer le col de l'utérus et déclencher le travail. Durant ces dernières décennies, elles sont été remplacées par des méthodes pharmacologiques. Les avantages potentiels des méthodes mécaniques, comparées aux méthodes pharmacologiques, peuvent inclure la simplicité de préservation, des coûts réduits et une diminution des effets secondaires.

Objectifs: 

Déterminer les effets des méthodes mécaniques pour la maturation cervicale pendant le troisième trimestre ou le déclenchement du travail par rapport à un placebo/l'absence de traitement, aux prostaglandines (prostaglandine E2 (PGE2) vaginale et intracervicale, misoprostol) et à l'ocytocine.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (30 avril 2011) et les bibliographies des articles identifiés. Nous avons mis à jour ces recherches le 16 janvier 2012 et ajouté les résultats à la section de classification en attente de la revue.

Critères de sélection: 

Essais cliniques comparant les méthodes mécaniques utilisées pour l'étirement cervical pendant le troisième trimestre ou le déclenchement du travail aux méthodes susmentionnées dans une liste prédéfinie de méthodes de travail. Une comparaison à l'amniotomie sera ajoutée, au cas où cette comparaison devait être effectuée dans des essais futurs.

Différents types d'interventions sont considérées comme étant des méthodes mécaniques : (1) introduction de laminaires, ou leur équivalent synthétique (Dilapan), dans le canal utérin ; (2) introduction d'un cathéter via le col de l'utérus dans l'espace extra-amniotique, avec ou sans traction ; (3) utilisation d'un cathéter pour injecter des liquides dans l'espace extra-amniotique.

De plus, nous avons effectué d'autres comparaisons : (1) méthodes mécaniques spécifiques (cathéter à ballonnets et laminaires) comparées aux prostaglandines ou à l'ocytocine ; (2) ajout de prostaglandines ou d'ocytocine aux méthodes mécaniques comparé aux prostaglandines seules.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment évalué les essais à inclure et les risques de biais. Puis, ils ont indépendamment extrait des données.

Résultats principaux: 

Pour cette mise à jour, nous avons inclus 27 études supplémentaires. Cette revue contient 71 essais contrôlés randomisés (totalisant 9 722 femmes), composés de 39 à 588 femmes par étude. La majorité des études examinaient le recours à une césarienne, tous les autres résultats se basent sur un nombre de femmes nettement inférieur. Quatre études supplémentaires sont en cours.

Comparaison des méthodes mécaniques à l'absence de traitement : une étude (48 femmes) s'intéressait aux femmes n'ayant pas accouché par voie basse dans les 24 heures (risque relatif (RR) 0,90 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,64 à 1,26). Les risques de césarienne étaient similaires entre les groupes (six études ; 416 femmes, RR 1,00 ; IC à 95 % 0,76 à 1,30). Il n'y avait aucun cas de morbidité néonatale et maternelle grave.

Comparaison des méthodes mécaniques aux PGE2 vaginales (17 études ; 1 894 femmes) : La proportion des femmes qui n'ont pas accouché par voie basse dans les 24 heures n'était pas significativement différente (trois études ; 586 femmes ; RR 1,72 ; IC à 95 % 0,90 à 3,27) ; toutefois, pour le sous-groupe de femmes ayant eu plusieurs enfants, les risques de ne pas accoucher dans les 24 heures étaient supérieurs (une étude ; 147 femmes ; RR 4,38, IC à 95 % 1,74 à 10,98), sans aucune augmentation du nombre de césariennes (RR 1,19, IC à 95 % 0,62 - 2,29). Comparé aux PGE2 intracervicales (14 études ; 1 784 femmes) et au misoprostol, il n'y avait aucune différence significative dans la proportion des femmes n'accouchant pas par voie basse dans les 24 heures.

Les méthodes mécaniques réduisaient les risques d'hyperstimulation avec des modifications du rythme cardiaque fœtal par rapport aux prostaglandines vaginales : PGE2 vaginales (huit études ; 1 203 femmes, RR 0,16 ; IC à 95 % 0,06 à 0,39) et misoprostol (3 % contre 9 %) (neuf études ; 1 615 femmes, RR 0,37 ; IC à 95 % 0,25 à 0,54). Les risques de césarienne étaient comparables entre les méthodes mécaniques et les prostaglandines. Une morbidité néonatale et maternelle grave était rarement signalée et ne différait pas entre les groupes.

Comparaison des méthodes mécaniques à un déclenchement du travail avec de l'ocytocine (diminution des risques de césarienne (cinq études ; 398 femmes, RR 0,62 ; IC à 95 % 0,42 à 0,90). Les probabilités d'accoucher par voie basse dans les 24 heures n'étaient pas signalées. L'hyperstimulation avec des modifications du rythme cardiaque fœtal n'était signalée que dans une seule étude (200 participantes) et ne différait pas. Il n'y avait aucun cas signalé de morbidité maternelle ou néonatale grave.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.