"Multiperforation" laparoscopique par diathermie ou laser pour induire l'ovulation dans le syndrome des ovaires polykystiques anovulatoires

La chirurgie de l'ovaire chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques résistant au clomiphène réduit le risque de grossesses multiples, sans diminuer le taux de grossesse. Les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) présentent des troubles de l'ovulation. Certains schémas thérapeutiques avec induction médicale de l'ovulation peuvent hyperstimuler l'ovaire et provoquer une grossesse multiple. Une alternative réside dans une procédure chirurgicale mineure appelée perforation de l'ovaire par voie laparoscopique, où un long télescope est inséré à travers une petite incision dans l'ombilic. Les ovaires sont ensuite traités chirurgicalement par multiperforation, en utilisant soit la chaleur soit le laser. Cette revue des essais a constaté que la multiperforation de l'ovaire avec ou sans induction de l'ovulation, si nécessaire, était aussi efficace que l'induction médicale de l'ovulation seule en termes d'induction de l'ovulation, mais que le risque de grossesses multiples était plus faible dans le groupe des femmes qui avaient subi une multiperforation de l'ovaire par voie laparoscopique. Environ 37 % des femmes auront une naissance vivante et 7 % auront une fausse couche avec l'une ou l'autre des procédures.

Conclusions des auteurs: 

Il n'y avait aucune preuve d'une différence significative dans les taux de grossesse clinique, de naissance vivante ou de fausse couche chez les femmes atteintes de SOPK résistant au clomiphène subissant une MOL comparée aux autres traitements médicaux. La réduction des taux de grossesses multiples chez les femmes subissant une MOL rend cette option attrayante. Cependant, il y existe des interrogations permanentes en ce qui concerne les effets à long terme de la MOL sur la fonction ovarienne.

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Contexte: 

La résection cunéiforme chirurgicale des ovaires a été le premier traitement reconnu pour les femmes présentant le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) anovulatoires, mais elle a été largement abandonnée en raison à la fois du risque d'adhérences post-chirurgicales et de l'introduction de l'induction médicale de l'ovulation. Cependant, les femmes atteintes de SOPK qui sont traitées avec une induction médicale de l'ovulation, avec des médicaments comme les gonadotrophines, ont souvent une surproduction de follicules qui peut entraîner un syndrome d'hyperstimulation ovarienne et des grossesses multiples. En outre, les gonadotrophines, bien qu'efficaces, sont coûteuses et demandent du temps et leur utilisation nécessite une surveillance intensive. Le traitement chirurgical avec une "multiperforation" ovarienne par voie laparoscopique (MOL) peut éviter ou réduire la nécessité d'une induction médicale de l'ovulation, ou peut faciliter son utilité. La procédure peut être effectuée sur une base ambulatoire avec moins de traumatisme et moins d'adhérences post-opératoires que dans les approches chirurgicales traditionnelles. Beaucoup d'études observationnelles non contrôlées ont affirmé que la multiperforation ovarienne est suivie, au moins temporairement, d'un taux élevé d'ovulation spontanée et de conception, ou que l'induction médicale ultérieure de l'ovulation s'en trouve facilitée.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité et l'innocuité de la multiperforation ovarienne par voie laparoscopique par rapport à l'induction de l'ovulation chez les femmes hypofertiles atteintes de SOPK résistant au clomiphène.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons utilisé la stratégie de recherche du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et de la fertilité (MDSG) pour effectuer une recherche dans le registre des essais cliniques du groupe MDSG, CENTRAL, MEDLINE, EMBASE, CINAHL et PsycINFO. Les mots-clés incluaient notamment : syndrome des ovaires polykystiques, multiperforation ovarienne par voie laparoscopique, cautérisation électrique et diathermie. Des recherches ont été menées en septembre 2011, et une recherche supplémentaire a été réalisée dans le registre des essais du groupe MDSG le 14 mai 2012.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés portant sur des femmes hypofertiles atteintes de SOPK résistant au clomiphène qui avaient subi une multiperforation ovarienne par voie laparoscopique afin d'induire une ovulation.

Recueil et analyse des données: 

Ceci est une mise à jour d’une revue précédemment mise à jour. Il y avait neuf ECR ​​dans la version précédente ; 16 autres essais ont été ajoutés dans la présente mise à jour (2012). La qualité méthodologique a été évaluée pour chacun des essais. Les principaux critères de jugement étaient une naissance vivante et une grossesse multiple. Les critères de jugement secondaires étaient le taux de fausse couche, les taux d'ovulation et de grossesse, le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO), la qualité de vie et le coût.

Résultats principaux: 

Huit essais, incluant 1 034 femmes, rendaient compte du principal résultat à savoir le taux de naissance vivante par couple. Des naissances vivantes ont été signalées chez 34 % des femmes dans les groupes de MOL et chez 40 % des femmes dans les autres groupes de traitement médical. Il y avait cinq comparaisons différentes avec la MOL et il n'y avait aucune preuve d'une différence dans le nombre de naissances vivantes par rapport au citrate de clomiphène + tamoxifène (rapport des cotes (OR) 0,81 ; IC à 95 % 0,42 à 1,53 ; P = 0,51, 1 essai, n = 150), aux gonadotrophines (rapport des cotes (OR) 0,97, IC à 95 % 0,59 à 1,59 ; P = 0,89, I2 = 0 %, 2 essais, n = 318), aux inhibiteurs de l'aromatase (rapport des cotes (OR) 0,84, IC 95 % 0,54 à 1,31 ; P = 0,44, I2 = 0 %, 2 essais, n = 407) . Il y avait des preuves d'un nombre significativement moins important de naissances vivantes après une MOL par rapport au citrate de clomiphène + metformine (rapport des cotes (OR) 0,44, IC à 95 % 0,24 à 0,82, P = 0,01, I2 = 78 %, 2 essais, n = 159) ; la grande hétérogénéité dans ce sous-groupe ne pouvait pas s'expliquer par des différences de population ou des différences dans la qualité des essais.

Douze essais avaient rendu compte des grossesses multiples (n = 1 129 femmes). Il n'y avait aucun cas de grossesse multiple ni dans le groupe recevant le citrate de clomiphène ni dans le groupe recevant des inhibiteurs de l'aromatase par rapport à la MOL. Le taux de grossesses multiples était significativement plus faible dans le groupe de la MOL en comparaison avec les essais utilisant des gonadotrophines (rapport des cotes (OR) 0,13, IC à 95 % 0,03 à 0,52, P = 0,004, I2 = 0 %, 5 essais, n = 166).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.