Vaccins polysaccharidiques pour prévenir la méningite à méningocoques de sérogroupe A

La méningite à méningocoques est une infection cérébrale causée par des bactéries vivant dans le fond de la gorge. Ces bactéries peuvent infecter le sang (septicémie) et les enveloppes du cerveau (méningite). L'infection peut progresser très rapidement et entraîner des lésions cérébrales parfois mortelles. Le vaccin polysaccharidique protège fortement les enfants de plus de cinq ans et les adultes. Si ce vaccin protège également les enfants âgés de trois mois à cinq ans, le niveau de protection chez les enfants de cette tranche d'âge dans les pays à faible revenu n'apparaît pas très clairement.

Cette revue a révélé qu'il n'existait pas suffisamment de preuves provenant d'essais pour répondre à d'importantes questions relatives à la vaccination contre la méningite à méningocoques. La méningite est la manifestation la plus courante de la maladie invasive causée par la bactérie Neisseria meningitidis (N. meningitidis). Les autres manifestations cliniques comprennent la septicémie, la conjonctivite, la péricardite et l'arthrite. La méningite et la septicémie peuvent être rapidement mortelles si elles ne sont pas traitées. N. meningitidis est un commensal normal de la gorge qui peut être présent chez près de 10 % des personnes en bonne santé. Les raisons pour lesquelles les bactéries peuvent devenir invasives et provoquer la maladie ne sont pas claires. Les essais contrôlés randomisés (ECR) ont démontré que le vaccin polysaccharidique de sérogroupe A prévient la méningite causée par la souche de méningocoque de sérogroupe A. Ce vaccin a depuis été utilisé efficacement pour lutter contre les épidémies. Toutefois, des études observationnelles indiquaient des variations du niveau et de la durée de protection, en particulier chez les jeunes enfants, ce qui entraîne des interprétations différentes de la valeur potentielle de ces vaccinations systématiques. Cette revue a été réalisée en vue de fournir une estimation synthétique de l'efficacité potentielle du vaccin, de son efficacité réelle chez les enfants de moins de cinq ans et de sa durée de protection. Les résultats de 8 des 12 ECR éligibles ont été inclus. Ils démontraient que le vaccin est hautement protecteur au cours de la première année après la vaccination : l'estimation synthétique de l'efficacité potentielle était de 95 % (intervalle de confiance (IC) à 95 % entre 87 % et 99 %). Bien que le vaccin protège encore trois ans après la vaccination, les résultats n'étaient pas statistiquement significatifs. Le vaccin avait un effet protecteur chez les enfants finlandais âgés de trois mois à cinq ans, mais l'effet d'une dose de rappel chez les enfants de moins de deux ans n'était pas statistiquement significatif. Dans les pays à faible revenu, le vaccin offrait une protection chez les enfants de un à cinq ans, mais son efficacité réelle dans la tranche d'âge allant de un à deux ans ne pouvait être déterminée. Deux des quinze essais contrôlés non randomisés éligibles ont été inclus dans l'analyse, mais ils présentaient un risque de biais élevé.

Conclusions des auteurs: 

Au cours de la première année, le vaccin était hautement protecteur chez les adultes et chez les enfants de plus de cinq ans, mais son efficacité au-delà de cette période ne pouvait être déterminée avec précision. Dans les pays à faible revenu, les enfants de un à cinq ans étaient également protégés mais l'efficacité dans cette tranche d'âge ne pouvait être déterminée. Si le vaccin offrait une forte protection chez les enfants finlandais âgés de trois mois à cinq ans, l'efficacité dans des tranches d'âge plus étroites ne pouvait toutefois pas être déterminée. La trop petite taille de l’échantillon ne permettait pas de tirer de conclusions en ce qui concerne l'effet des doses de rappel.

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Contexte: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR), réalisés dans les années 1970 et le début des années 1980, indiquaient que le vaccin polysaccharidique contre les sérogroupes A (SgAV) prévenait la méningite à méningocoques de sérogroupe A (MMSGA). Les essais contrôlés non randomisés ultérieurs signalaient des variations significatives de la durée de protection des enfants en fonction de leur âge.

Objectifs: 

Déterminer, chez les enfants, l'effet protecteur, la durée de protection, les effets spécifiques à l'âge et l'effet des doses de rappel du SgAV pour la MMSGA.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (Bibliothèque Cochrane 2010, numéro 2) qui contient le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les infections respiratoires aiguës, ainsi que dans MEDLINE (janvier 1950 à la 3ème semaine de mai 2010) et EMBASE (janvier 1974 à mai 2010).

Critères de sélection: 

Des ECR ont été inclus. Les essais contrôlés non randomisés étudiant les principaux critères de jugement auxquels ne s'intéressaient pas les ECR ont été identifiés et évalués.

Recueil et analyse des données: 

La qualité méthodologique des ECR a été examinée, les essais contrôlés non randomisés ont été identifiés et évalués. Sur les 12 ECR éligibles, quatre ont été exclus en raison d'un risque de biais élevé. Les données des essais ont été combinées en utilisant la méthode exacte afin d'évaluer l'efficacité du vaccin. Sur les 15 essais contrôlés non randomisés, seuls deux abordaient les objectifs pour lesquels les ECR n'apportaient aucune réponse. Cependant, lors de leur évaluation, ils présentaient un risque de biais élevé.

Résultats principaux: 

Huit des douze ECR éligibles ont été inclus : 236 760 participants étaient vaccinés et 243 308 étaient des participants témoins. Au cours de la première année, l'effet protecteur du vaccin était constant dans l'ensemble des ECR, avec une efficacité sommaire de 95 % (IC à 95 % entre 87 % et 99 %). Le vaccin protégeait encore la deuxième et la troisième année après la vaccination, mais les résultats n'étaient statistiquement pas significatifs. Le vaccin avait un effet protecteur chez les enfants finlandais âgés de trois mois à cinq ans. Ce dernier essai était le seul à offrir des doses de rappel aux jeunes enfants, mais il manquait de puissance statistique. Dans les pays à faible revenu, le vaccin protégeait les enfants de un à cinq ans, mais l'efficacité pour des tranches d'âge plus étroites ne pouvait être déterminée.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.