Inhalation d'antibiotiques pour traiter l'infection pulmonaire en cas de mucoviscidose

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La mucoviscidose est une maladie héréditaire qui entraîne une production anormale de mucus dans plusieurs parties du corps. Le principal organe touché est le poumon qui est sensible à l'infection par certaines bactéries, les plus souvent isolées étant Staphylococcus aureus et Pseudomonas aeruginosa. L'infection provoque une inflammation qui endommage progressivement les poumons. Notre objectif était de déterminer si l'inhalation d'antibiotiques permet de réduire les effets de l'infection. Nous voulions savoir si ce traitement améliore la fonction pulmonaire, la qualité de vie et la survie. Nous voulions aussi connaitre tous les effets indésirables. Cette revue inclut 19 essais totalisant 1724 personnes. Nous avons constaté que l'inhalation d'un antibiotique pour combattre ces bactéries améliorait la fonction pulmonaire au cours de l'étude et réduisait la fréquence des exacerbations. Il y avait toutefois plus de résistance aux antibiotiques, d'acouphènes et de changements dans la voix dans les groupes de traitement. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour vérifier si les avantages peuvent être maintenus à long terme et déterminer le meilleur antibiotique à utiliser et à quelle dose.

Conclusions des auteurs: 

Le traitement antibiotique inhalé améliore probablement la fonction pulmonaire et réduit le taux d'exacerbation, mais une estimation globale du bénéfice n'est pas possible. Les meilleurs résultats sont en rapport avec la tobramycine inhalée. On aura besoin de données supplémentaires issues d'essais de plus longue durée, afin de déterminer si ce bénéfice se maintient et d'établir l'importance du développement d'organismes résistants aux antibiotiques.

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Contexte: 

Les antibiotiques inhalés sont couramment utilisés pour traiter l'infection persistante des voies aériennes qui contribue à la dégradation des poumons chez les personnes atteintes de mucoviscidose (MV).

Objectifs: 

Examiner les données montrant que le traitement antibiotique inhalé chez les personnes atteintes de MV réduit la fréquence des exacerbations d'infection et améliore la fonction pulmonaire, la qualité de vie et la survie. Examiner les effets indésirables du traitement par antibiotique inhalé.

La stratégie de recherche documentaire: 

Des essais ont été identifiés dans le registre d'essais du groupe Cochrane sur la mucoviscidose et autres maladies génétiques.

Date des dernières recherches : 31 janvier 2011.

Critères de sélection: 

Les essais n'ont été sélectionnés que si le traitement d'antibiotique inhalé avait été utilisé pendant au moins quatre semaines sur des personnes atteintes de MV, si l'assignation au traitement avait été randomisée ou quasi-randomisée et si il y avait eu un groupe témoin (que ce soit un placebo, l'absence de placebo ou un autre antibiotique inhalé).

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont sélectionné les essais, évalué leurs risques de biais et extrait les données de façon indépendante.

Résultats principaux: 

Les recherches ont permis d'identifier 176 références à 78 essais. Dix-neuf essais, avec un total de 1724 participants, remplissaient les critères d'inclusion. Il n'a pas été possible de réaliser de méta-analyse adéquate en raison de la variabilité dans la conception des études et la présentation des résultats. Dix-sept essais, incluant 1562 participants, avaient comparé un antibiotique inhalé à un placebo ou à un traitement habituel pour une durée comprise entre 1 et 32 mois. Huit essais portaient sur la tobramycine inhalée. La fonction pulmonaire (mesurée par le volume expiré maximal par seconde) était meilleure et les exacerbations de l'infection pulmonaire (par différentes mesures) étaient moindres dans le groupe traité par antibiotiques. La résistance aux antibiotiques, lorsqu'elle était rapportée, avait plus augmenté dans le groupe traité par antibiotiques que dans le groupe à placebo. Aucune insuffisance auditive ou rénale n'avait été observée ; l'analyse a montré que les acouphènes, l'altération de la voix, l'hémoptysie et la toux étaient plus fréquents avec la tobramycine qu'avec le placebo. Un essai avait comparé la tobramycine à la colistine chez 115 participants : après un mois, la différence moyenne du volume expiratoire maximal par seconde était 6,33 (intervalle de confiance à 95% -0,04 à 12,70), en faveur de la tobramycine.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.