Amnio-infusion en cas de rupture prématurée des membranes avant terme

Il existe des preuves démontrant que le rétablissement du volume de liquide amniotique à l’aide d’une solution saline ou d’un liquide semblable (amnio-infusion) après la rupture prématurée des membranes avant terme (RPMAT) peut se révéler bénéfique pour les bébés nés avant terme (en prévenant les risques d’infections, de lésions pulmonaires et de mort) et les mères (en prévenant les risques d’infections utérines après l’accouchement). Toutefois, les preuves actuelles sont insuffisantes pour recommander le recours systématique à une amnio-infusion en cas de RPMAT.

La rupture prématurée des membranes avant terme est la seule cause d’accouchement prématuré la plus identifiable. Le sac (membranes) entourant le bébé et le liquide utérin se rompent (ruptures) généralement pendant l’accouchement. Si les membranes se rompent avant l’accouchement et avant le terme (avant 37 semaines), le bébé est exposé à un risque élevé d’infection. Une diminution du volume de liquide entourant le bébé augmente également les risques de compression du cordon ombilical, réduisant ainsi l’apport en nutriments et en oxygène du bébé. De plus, une insuffisance de liquide amniotique peut altérer le développement pulmonaire normal des bébés et entraîner des souffrances fœtales avec des variations du rythme cardiaque. Un surplus de liquide peut être injecté dans le vagin de la mère (amnio-infusion transcervicale) ou via l’abdomen (amnio-infusion transabdominale) dans l’utérus, afin d’ajouter davantage de liquide pour le bébé. La revue composée de cinq essais contrôlés randomisés (contenant des données issues d’analyses effectuées auprès de 241 participantes) a trouvé des preuves démontrant que l’amnio-infusion réalisée avec une solution saline peut améliorer les résultats sur la santé et se révèle bénéfique pour les bébés et les mères après une RPMAT. Toutefois, ces preuves sont actuellement insuffisantes pour recommander son recours systématique en raison du nombre limité d’essais et d’un faible nombre de femmes y participant.

Conclusions des auteurs: 

Ces résultats sont encourageants, mais ne se limitent qu’à quelques données et une robustesse méthodologique confuse. Par conséquent, d’autres preuves doivent être établies que l’amnio-infusion en cas de RPMAT puisse être recommandée dans le cadre d’une pratique clinique systématique.

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Contexte: 

La rupture prématurée des membranes avant terme (RPMAT) est l’une des principales causes de morbidité et de mortalité périnatale. L’amnio-infusion consiste à rétablir le volume de liquide amniotique en introduisant une solution dans la cavité utérine.

Objectifs: 

L’objectif de cette revue était d’évaluer les effets de l’amnio-infusion sur la morbidité et la mortalité périnatale et maternelle en cas de RPMAT.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre d’essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et l’accouchement (2 décembre 2013).

Critères de sélection: 

Essais randomisés portant sur l’amnio-infusion comparés à l’absence d’amnio-infusion chez les femmes ayant subi une RPMAT.

Recueil et analyse des données: 

Trois auteurs de la revue ont évalué les essais à inclure de façon indépendante. Deux auteurs de revue ont évalué la qualité des essais et extrait les données de manière indépendante. L’exactitude des données a été vérifiée.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus cinq essais, de qualité modérée, mais seules les données issues de quatre études (avec un total de 241 participantes) ont été analysées. Un essai n’a fourni aucune des données de la revue.

L’amnio-infusion transcervicale a amélioré le pH de l’artère ombilicale fœtale au moment de l’accouchement (différence moyenne 0,11 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,08 à 0,14 ; un essai, 61 participantes) et réduit les décélérations variables persistantes pendant l’accouchement (risque relatif (RR) 0,52 ; IC à 95 % 0,30 à 0,91 ; un essai, 86 participantes).

L’amnio-infusion trans-abdominale était associée à une baisse de la mort néonatale (RR 0,30 ; IC à 95 % 0,14 à 0,66 ; deux essais, 94 participantes), du sepsis néonatal (RR 0,26 ; IC à 95 % 0,11 à 0,61 ; un essai, 60 participantes), de l’hypoplasie pulmonaire (RR 0,22 ; IC à 95 % 0,06 à 0,88 ; un essai, 34 participantes) et du sepsis puerpéral (RR 0,20 ; IC à 95 % 0,05 à 0,84 ; un essai, 60 participantes). La propension des femmes appartenant au groupe d’amnio-infusion à accoucher dans les sept jours suivant la rupture de la membrane (RR 0,18 ; IC à 95 % 0,05 à 0,70 ; un essai, 34 participantes) était également en baisse. Ces résultats doivent être considérés avec circonspection car ces découvertes positives provenaient principalement d’un seul essai avec une assignation secrète imprécise.

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