Administration prophylactique d'une méthylxanthine pour la prévention de l'apnée chez les nouveau-nés prématurés

L'apnée est une interruption de la respiration de plus de 20 secondes. Elle peut se produire de manière répétée chez les bébés prématurés (nés avant la 34ème semaine). Les méthylxanthines (telles que la théophylline et la caféine), dont on pense qu'elles stimulent l'impulsion respiratoire, sont utilisées pour réduire l'apnée. Il a été suggéré que les bébés prématurés souffrant d'apnée devraient se voir administrer de la caféine prophylactique en tant que mesure préventive.

Deux petites études et une étude à grande échelle ont été identifiées. Les deux petites études portaient sur des nourrissons recevant de la caféine en tant que mesure préventive. Aucune étude ne rapportait de réduction de l'apnée ou d'autres complications à court terme.

L'étude à grande échelle portait sur un groupe hétérogène de nourrissons qui recevaient ce traitement pour diverses raisons (à titre préventif, en traitement et pour éviter une apnée du prématuré post-extubation). Chez cette population générale, on observait une amélioration des résultats cliniques à la sortie de l'hôpital et des résultats du développement à 18-21 mois ; néanmoins, ces effets bénéfiques n'étaient pas établis chez une sous-population recevant de la caféine prophylactique. Une diminution de la PCA (persistance du canal artériel) était observée chez cette sous-population.

Conclusions des auteurs: 

Les résultats de cette revue ne permettent pas de recommander l'utilisation de caféine prophylactique chez les nouveau-nés prématurés présentant un risque d'apnée.

Les futures études devront examiner les effets des méthylxanthines prophylactiques chez les nouveau-nés prématurés présentant un risque supérieur d'apnée. Il est notamment nécessaire d'examiner des résultats cliniques importants tels que le recours à une VPPI, la morbidité néonatale, la durée du séjour à l'hôpital et le développement à long terme.

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Contexte: 

L'apnée récurrente est courante chez les nouveau-nés prématurés. Ces épisodes peuvent entraîner une hypoxémie et une bradycardie, qui peuvent être suffisamment sévères pour exiger le recours à une ventilation en pression positive. Chez les nourrissons souffrant d'apnée, l'administration d'une méthylxanthine est utilisée avec succès pour prévenir de nouveaux épisodes. Il est possible qu'un traitement prophylactique administré à tous les nouveau-nés très prématurés peu après la naissance permette de prévenir l'apnée et le recours à une assistance ventilatoire supplémentaire.

Objectifs: 

Déterminer les effets de l'administration prophylactique d'une méthylxanthine sur l'apnée, la bradycardie, les épisodes d'hypoxémie, le recours à une ventilation mécanique et la morbidité chez les nouveau-nés prématurés présentant un risque d'apnée.

La stratégie de recherche documentaire: 

La stratégie de recherche documentaire standard du groupe de revue sur la néonatologie a été mise à jour en août 2010. Cela inclut notamment des recherches dans le registre Cochrane central des essais contrôlés, l'Oxford Database of Perinatal Trials, MEDLINE, CINAHL et EMBASE.

Critères de sélection: 

Tous les essais randomisés ou quasi-randomisés comparant une méthylxanthine prophylactique (caféine ou théophylline) à un placebo ou à une absence de traitement chez des nouveau-nés prématurés étaient éligibles.

Recueil et analyse des données: 

Les méthodes standard de la Collaboration Cochrane et de son groupe de revue sur la néonatologie ont été utilisées.

Résultats principaux: 

Trois études remplissaient les critères d'inclusion dans la revue. Deux petites études (randomisant un total de 104 nourrissons) évaluaient les effets de la caféine prophylactique sur les critères de jugement à court terme. Aucune différence significative n'était observée entre le groupe de la caféine et celui du placebo en termes de nombre de nourrissons atteints d'apnée, de bradycardie ou d'épisodes hypoxémiques, de recours à une VPPI ou d'effets secondaires dans aucune des études. Seuls deux critères de jugement (recours à une VPPI et tachycardie) étaient communs aux deux études, et la méta-analyse ne révélait aucune différence substantielle entre les groupes. Un essai à grande échelle portant sur l'administration de caféine (CAP 2006) à un groupe hétérogène de nourrissons présentant ou risquant de développer une apnée du prématuré rapportait une amélioration du taux de survie sans troubles du développement à un âge corrigé de 18-21 mois. Les rapports relatifs au sous-groupe de nourrissons recevant de la caféine prophylactique ne montraient aucune différence significative en termes de résultats cliniques, à l'exception d'une réduction du risque de ligature de la PCA.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.