Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont-ils sûrs et efficaces pour traiter les saignements menstruels abondants ?

Problématique de la revue

Les auteurs de Cochrane ont cherché à savoir si les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) contribuaient à réduire les saignements menstruels abondants (SMA) chez les femmes avant leur ménopause.

Contexte

Les AINS réduisent les taux de prostaglandines, qui sont élevés chez les femmes ayant des saignements menstruels excessifs. Il a été suggéré qu'ils pourraient aider avec les saignements abondants et peuvent avoir un effet bénéfique sur les règles douloureuses.

Caractéristiques de l'étude

Les auteurs ont fait des recherches dans les bases de données médicales et ont identifié 19 essais cliniques comparatifs randomisés (ECR ; études cliniques où des personnes sont réparties au hasard dans l'un de deux groupes de traitement ou plus) auprès de 759 femmes qui pouvaient être incluses dans l'examen, mais les données de seulement neuf essais étaient appropriées pour les analyses.

Principaux résultats

Les femmes ont demandé de l'aide pour le SMA quand cela affectait leur qualité de vie. Les taux de prostaglandine (une hormone naturelle) sont plus élevés chez les femmes atteintes de SMA et sont réduits par les AINS. L'examen des essais a révélé que les AINS étaient modestement efficaces pour réduire le SMA, mais que d'autres médicaments, comme le danazol, l'acide tranexamique et le dispositif intra-utérin libérant du lévonorgestrel (DIU LNG), sont plus efficaces. Ces résultats sont fondés sur un petit nombre d'essais de qualité faible à modérée.

Qualité des données probantes

La qualité des données probantes variait de faible à modérée, les principales limites étant la piètre qualité des rapports sur les méthodes d'étude et l'imprécision résultant du petit nombre d'études.

Conclusions des auteurs: 

Les AINS réduisent le SMA par rapport au placebo, mais sont moins efficaces que l'acide tranexamique, le danazol ou le DIU-LNG. Cependant, les événements indésirables sont plus sévères avec le traitement par le danazol. Dans le nombre limité de petites études pouvant faire l'objet d'une évaluation, il n'y avait aucune preuve claire d'une différence d'efficacité entre les AINS et d'autres traitements médicaux comme le progestatif lutéal oral, l'éthamsylate, l'OCP ou l'ancien dispositif intra-utérin à libération progestéronique.

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Contexte: 

Les saignements menstruels abondants (SMA) constituent une cause importante de problèmes de santé chez les femmes préménopausées. Bien qu'une intervention chirurgicale soit souvent utilisée en tant que traitement, un éventail de thérapies médicales est également disponible. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) réduisent le niveau des prostaglandines, qui est élevé chez les femmes souffrant de saignements menstruels abondants, et peuvent également avoir un effet bénéfique sur la dysménorrhée.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité, l'innocuité et la tolérabilité des AINS dans la réduction des pertes sanguines menstruelles chez les femmes en âge de procréer atteintes de SMA.

La stratégie de recherche documentaire: 

En avril 2019, nous avons fait des recherches dans le registre spécialisé en gynécologie et fertilité de Cochrane, le registre central d'études en ligne de Cochrane (CENTRAL CRSO), MEDLINE, Embase, PsycINFO, les registres des essais cliniques et les listes de références des articles.

Critères de sélection: 

Les critères d'inclusion étaient des comparaisons randomisées d'AINS individuels ou combinés à d'autres traitements médicaux entre eux, à un placebo ou à d'autres traitements médicaux chez des femmes dont les règles abondantes sont régulièrement mesurées de manière objective ou subjective et qui n'ont aucune cause pathologique ou iatrogène (induite par le traitement) pour leur SMA.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons identifié 19 essais contrôlés randomisés (ECR) (759 femmes) qui répondaient aux critères d'inclusion de la présente étude et deux auteurs de l'étude ont extrait des données indépendamment. Nous avons estimé les rapports de cotes (RC) pour les résultats dichotomiques et les différences moyennes (DM) pour les résultats continus à partir des données de neuf essais. Nous avons décrit dans les tableaux de données les résultats des sept autres essais croisés pour lesquels les données ne se prêtent pas à la mise en commun, d'un essai pour lequel les données sont faussées et d'un essai pour lequel il manque des variances. Dans un essai, aucune donnée n'était disponible aux fins d'analyse.

Résultats principaux: 

En tant que groupe, les AINS ont été plus efficaces que le placebo pour réduire le SMA, mais moins efficaces que l'acide tranexamique, le danazol ou le dispositif intra-utérin libérant du lévonorgestrel (DIU LNG). Le traitement par le danazol a entraîné des menstruations plus courtes et un plus grand nombre d'effets indésirables que les AINS, mais cela ne semble pas avoir d'incidence sur l'acceptabilité du traitement, d'après les essais réalisés de 1980 à 1990. Cependant, à l'heure actuelle, le danazol n'est pas un traitement habituel ou recommandé pour le SMA. Il n'y avait pas de différence évidente entre les AINS et les autres traitements (progestatif lutéal oral, éthamsylate, un ancien dispositif intra-utérin libérant de la progestérone et la pilule contraceptive orale (PCO)), mais la plupart des études étaient sous-évaluées. Il n'a été observé données probantes d'une différence entre les AINS individuels (naproxène et acide méfénamique) dans la réduction des SMA. La qualité des données probantes variait de faible à moyenne, les principales limites étant le risque de biais et d'imprécision.

Notes de traduction: 

Post-édition effectuée par Jessica King et Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d’origine? Merci d’adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

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