Benzodiazépines dans la dyskinésie tardive induite par les neuroleptiques

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La dyskinésie tardive est un ensemble de mouvements répétitifs, persistants et défigurants qui affectent souvent la zone du visage et sont fortement associés aux traitements antipsychotiques de longue durée. Différents traitements ont été testés depuis l'identification de cette maladie, mais elle demeure fréquente et source de détresse pour les patients. Le valium appartient à un groupe de médicaments connus sous le nom de benzodiazépines, qui sont souvent utilisés en traitement de dernier recours. Trois études pertinentes ont été identifiées ; deux ne suggéraient aucun effet bénéfique chez les patients sous benzodiazépines. La troisième étude suggérait une petite amélioration des symptômes, mais il s'agissait d'une étude à petite échelle et la signification clinique de ce résultat est incertaine. Les benzodiazépines devraient être utilisées en tout dernier recours chez les patients atteints de schizophrénie ou de troubles schizophréniformes.

Conclusions des auteurs: 

Une étude à petite échelle rapportait certaines preuves préliminaires indiquant que les benzodiazépines pourraient avoir un petit effet dans la dyskinésie tardive induite par les neuroleptiques. Les résultats non concluants d'autres études montrent qu'une utilisation clinique systématique n'est pas indiquée et que ces traitements demeurent expérimentaux.

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Contexte: 

La dyskinésie tardive (DT) est un trouble du mouvement défigurant qui affecte majoritairement la région buccofaciale et est souvent dû à l'utilisation de neuroleptiques. De nombreuses stratégies ont été mises en œuvre dans la prise en charge de la dyskinésie tardive, et le groupe des benzodiazépines est considéré comme un traitement complémentaire utile chez les patients qui ne peuvent pas arrêter ou modifier substantiellement leur traitement antipsychotique.

Objectifs: 

Déterminer les effets des benzodiazépines dans la dyskinésie tardive induite par les neuroleptiques chez les patients atteints de schizophrénie ou d'autres troubles mentaux chroniques.

La stratégie de recherche documentaire: 

1. Recherches électroniques
Pour la mise à jour de 2006, nous avons consulté le registre des essais du groupe Cochrane sur la schizophrénie (novembre 2005). Pour les deux mises à jour précédentes (1996, 2002), les auteurs de la revue avaient consulté Biological Abstracts (1982-2002), le registre des essais du groupe Cochrane sur la schizophrénie (février 2002), EMBASE (1980-2002), LILACS (1982-2002), MEDLINE (1966-2002), PsycLIT (1974-2002) et SCISEARCH (2002), effectué une recherche manuelle dans les références bibliographiques de toutes les études incluses/exclues et contacté l'auteur principal de chaque essai inclus.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus toutes les études cliniques randomisées portant sur des patients atteints de schizophrénie (ou d'autres troubles mentaux chroniques) et de dyskinésie tardive induite par les neuroleptiques et comparant des benzodiazépines à un placebo ou une absence d'intervention.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons extrait les données des études, vérifié qu'elles étaient correctement sélectionnées et évalué la qualité de manière indépendante. Pour les données dichotomiques homogènes, les effets aléatoires, le risque relatif (RR), les intervalles de confiance (IC) à 95 % et, le cas échéant, le nombre de sujets à traiter (NST) ont été calculés sur la base de l'intention de traiter. Les données continues d'échelles validées ont été synthétisées en utilisant une différence moyenne pondérée (DMP). Pour les résultats continus, nous avons privilégié les valeurs finales par rapport aux valeurs de changement.

Résultats principaux: 

Trois essais (N total = 56, un essai supplémentaire depuis 2002, n = 24) ont été identifiés. L'utilisation de benzodiazépines en tant que traitement complémentaire n'entraînait aucun changement notable concernant une série de critères de jugement à moyen terme de la dyskinésie tardive (n = 30, 2 ECR, RR d'absence d'amélioration cliniquement importante de 1,08, IC entre 0,57 et 2,05). Un essai (n = 24) rapportait de meilleurs scores de mouvements anormaux en fin d'étude chez les patients recevant des benzodiazépines complémentaires (DMP AIMS de -3,22, IC entre -4,63 et -1,81). Moins de 10 % des patients des deux groupes abandonnaient les études avant la fin et aucune étude ne rapportait d'effets indésirables notables.

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