Les médicaments utilisés pour traiter la dépression aident-ils les fumeurs qui tentent darrêter de fumer

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De multiples essais portant sur le bupropion (Zyban) pour le sevrage tabagique montrent qu'il augmente le nombre de tentatives de sevrage réussies. Les effets secondaires du bupropion comprennent linsomnie, la sècheresse buccale et des nausées et rarement (1 : 1 000) des crises comitiales et peut-être des problèmes psychiatriques, mais cette dernière est incertaine. L'antidépresseur tricyclique nortriptyline augmente les taux de sevrage. Les effets secondaires de ce médicament comprennent la sècheresse buccale, la constipation, des nausées et la sédation, et un surdosage peut être dangereux. L'efficacité du bupropion et la nortriptyline semble être similaire à celle de la substitution nicotinique et ne semble pas être limitée aux personnes ayant des antécédents de dépression ou de symptômes dépressifs au cours de l'abstinence tabagique. Les antidépresseurs de type inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (par exemple, la fluoxétine) n'ont pas été démontrés pour aider le sevrage tabagique.

Conclusions des auteurs: 

Les antidépresseurs bupropion et nortriptyline aident le sevrage tabagique à long terme, mais des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (par ex. la fluoxétine) ne laident pas. Les preuves suggèrent que le mode d'action du bupropion et la nortriptyline est indépendant de leur effet antidépresseur et qu'ils sont d'une efficacité similaire à la substitution nicotinique. Les événements indésirables avec les deux médicaments semblent rarement être graves ou conduire à un arrêt du médicament.

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Contexte: 

Il n'y a au moins trois raisons de penser que les antidépresseurs pourraient aider à arrêter de fumer. Le sevrage de la nicotine peut produire des symptômes dépressifs ou précipiter un épisode dépressif majeur et les antidépresseurs peuvent soulager ces symptômes. La nicotine peut avoir des effets antidépresseurs qui entretiennent le tabagisme et les antidépresseurs pourraient remplacer cet effet. Enfin, certains antidépresseurs peuvent avoir un effet spécifique sur le système nerveux central (par ex. linhibition de la monoamine oxydase) ou des récepteurs, (par ex. le blocage des récepteurs nicotiniques-cholinergiques) qui soutiennent la dépendance nicotinique.

Objectifs: 

L'objectif de cette revue est d'évaluer l'effet des antidépresseurs pour favoriser le sevrage tabagique à long terme. Les médicaments comprennent le bupropion, la doxépine, la fluoxétine, l'imipramine, le moclobémide, la nortriptyline ; paroxétine, la sélégiline, la sertraline, tryptophane, la venlafaxine et le millepertuis.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) qui comprend des essais indexés dans MEDLINE, EMBASE, SciSearch et PsycINFO, et d'autres revues et des résumés de conférences, en juin 2009.

Critères de sélection: 

Nous avons pris en compte les essais randomisés comparant des médicaments antidépresseurs à un placebo ou à une autre pharmacothérapie pour le sevrage tabagique. Nous avons également inclus les essais comparant des doses différentes, lutilisation dune pharmacothérapie pour prévenir la rechute ou la réinitiation du sevrage tabagique ou pour aider les fumeurs à réduire leur consommation de cigarettes. Nous avons exclu les essais avec un suivi de moins de six mois.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons extrait les données en double sur le type de population d'étude, la nature de la pharmacothérapie, les critères de jugement, la méthode de randomisation et l'exhaustivité du suivi.

Le principal critère de jugement était l'abstinence tabagique après au moins six mois de suivi chez des patients fumeurs au départ, exprimés sous forme de risque relatif (RR). Nous avons utilisé la définition la plus rigoureuse de l'abstinence disponible dans chaque essai et les taux validés biochimiquement lorsqu'ils étaient disponibles. Lorsque cela était approprié, nous avons effectué une méta-analyse en utilisant un modèle à effets fixes.

Résultats principaux: 

Treize nouveaux essais ont été identifiés depuis la mise à jour de 2006, portant le nombre total d'essais inclus à 66. Il y avait 49 essais portant sur le bupropion et neuf essais sur la nortriptyline. Dans le cas d'utilisation comme pharmacothérapie unique, le bupropion (36 essais, N =11 140, risque relatif [RR] 1,69 ; intervalle de confiance [IC] à 95 % 1,53 à 1,85) et la nortriptyline (six essais, N =975, RR 2,03 ; IC à 95 % 1,48 à 2,78) ont augmenté tous les deux l'abstinence à long terme de façon significative. Il n'existe pas suffisamment de preuves pour démontrer que l'ajout de bupropion (6 essais, N =1 106, RR de 1,23 ; IC à 95 % 0,67 à 2,26) ou de la nortriptyline (3 essais, N =1 219, RR 1,29 ; IC à 95 % 0,97 à 1,72) à une thérapie de substitution nicotinique apporte un bénéfice supplémentaire à long terme. D'après les données disponibles, le bupropion et la nortriptyline semblent être dune efficacité comparable et d'une efficacité similaire à une thérapie de substitution nicotinique. Le pooling de trois essais comparant le bupropion à la varénicline a montré un taux de sevrage plus faible avec le bupropion (N =1 622, RR de 0,66, IC à 95%, entre 0,53 et 0,82). Il existe un risque d'environ 1 sur 1 000 de crises épileptiques associées à l'utilisation du bupropion. Le bupropion a été associée à un risque suicidaire, mais le lien de causalité n'est pas clair. La nortriptyline a le potentiel d'effets indésirables graves, mais aucun n'a été observé dans les quelques essais de petite taille pour le sevrage tabagique. Il n'y a aucune preuve d'un effet significatif des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ; fluoxétine 4 essais, N =1 486, RR 0,92 (IC à 95 % 0,68 à 1,24) ; paroxétine 1 essai, N =224, RR 1,08 (IC à 95 % 0,64 à 1,82) ; la sertraline 1 essai, N =134, RR de 0,71 (IC à 95 % 0,30 à 1,64). Des effets significatifs nont pas été détectés pour les inhibiteurs de la monoamine oxydase moclobémide (1 essai, N =88, RR 1,57, IC à 95 % 0,67 à 3,68) ou la sélégiline (3 essais, N =250, RR 1,49, IC à 95 % 0,92 à 2,41) ou l'antidépresseur atypique venlafaxine (N =147, RR 1,22, IC à 95 % 0,64 à 2,32). Aucun essai à long terme n'a été publié pour l'extrait de millepertuis.

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