Utilisation du facteur de stimulation des colonies de granulocytes lors d'un traitement de fécondation in vitro

Problématique de l’étude

Évaluer l’innocuité et l'utilité de l'administration du facteur de stimulation des colonies de granulocytes (G-CSF) aux femmes subissant une fécondation in vitro (FIV).

Contexte

Il a été suggéré que, chez les femmes ayant un endomètre mince persistant (revêtement intérieur de l'utérus) ou ayant connu plusieurs échecs de FIV, l'administration de G-CSF pendant le traitement pourrait améliorer les résultats de la FIV. Le G-CSF est un type de facteur de croissance qui stimule la moelle osseuse à produire certains types de globules blancs. Dans l'endomètre, le G-CSF favorise l'activité régénératrice des cellules et contribue à augmenter l'apport sanguin. Il est proposé que le G-CSF pourrait accroître le succès de la FIV en contribuant à améliorer l'implantation de l'embryon (adhérence à la paroi de l'utérus) et en facilitant la poursuite de la grossesse. Il peut être administré soit par injection à l'intérieur de l'utérus (matrice) à l'aide d'une seringue autour du moment du transfert de l'embryon, soit par voie sous-cutanée (sous la peau) après le transfert de l’embryon.

Caractéristiques de l'étude

Nous avons trouvé 15 essais (1 253 femmes) comparant le G-CSF avec un placebo ou une absence de traitement. Onze essais ont évalué le rôle du G-CSF chez les femmes subissant une FIV, la majorité des essais incluant les femmes dont la FIV avait échoué à deux reprises ou plus. Les quatre autres essais ont étudié le rôle du G-CSF chez les femmes ayant un endomètre mince et qui subissent une FIV. Les données sont à jour jusqu'en février 2019.

Principaux résultats

Nous ne savons pas si le fait de donner du G-CSF aux femmes qui subissent une FIV améliore les chances d’une grossesse en cours ou le taux global de grossesse clinique, ou si cela réduit le taux de fausses couches par rapport au placebo ou à l'absence de traitement. Pour une clinique représentative, avec un taux de grossesse en cours de 14 %, l'administration du G-CSF devrait se traduire par un taux de grossesse en cours de 12 à 35 %. Aucune étude n'a rapporté le taux de grossesse multiple. Seuls quatre essais ont rapporté des effets indésirables en tant que résultat, et aucun d'entre eux n'a fait état d'effets indésirables majeurs suite à l'administration de G-CSF ou d’un placebo/absence de traitement.

Qualité des données probantes

Sur la base de données probantes de très faible qualité, nous ne savons pas si le fait de donner du G-CSF améliore la grossesse en cours ou réduit le taux de fausses couches chez les femmes qui subissent une FIV. La qualité des données probantes a été réduite en raison du risque de biais.

Conclusions des auteurs: 

Chez les femmes hypofertiles qui suivent une PMA, nous ne savons pas si l'administration de G-CSF améliore les taux de grossesse en cours ou le taux de grossesse clinique global ou réduit le taux de fausse couche par rapport à l'absence de traitement ou au placebo, que ce soit chez toutes les femmes ou chez celles dont l'endomètre est mince, sur la base de données probantes de très faible qualité. Des données probantes de faible qualité suggèrent que l'administration de G-CSF pourrait améliorer le taux de grossesse clinique chez les femmes ayant subi deux échecs de FIV ou plus, mais les études incluses avaient une dissimulation de l’allocation peu claire ou comportaient un haut risque de biais de performance.

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Contexte: 

Le facteur de stimulation des colonies de granulocytes (G-CSF) semble jouer un rôle important dans le processus d'implantation de l'embryon et la poursuite de la grossesse. Il a été utilisé pendant le traitement de fécondation in vitro (FIV) de femmes hypofertiles dont l'endomètre est chroniquement mince et de femmes qui ont déjà connu de multiples échecs de FIV. On ignore actuellement si le G-CSF est efficace pour améliorer les résultats obtenus à la suite d'une technique de procréation médicalement assistée (PMA).

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et l’innocuité du G-CSF chez les femmes en PMA.

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane gynécologie et fertilité, dans CENTRAL, MEDLINE, Embase, ClinicalTrials.gov et sur le système d'enregistrement international des essais cliniques (ICTRP) de l'OMS en février 2019. Nous avons recherché dans les listes de référence d'articles pertinents et consulté les actes de conférences pertinents.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés (ECR) comparant l'administration de G-CSF à l'absence de traitement ou à un placebo chez des femmes hypofertiles soumises à un traitement de FIV.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont, de manière indépendante, passé au crible les études, extrait les données et évalué le risque de biais. Les critères de jugement principaux étaient le taux de naissances vivantes et le taux de fausses couches après l'administration du G-CSF. Nous avons rapporté le taux de grossesse en cours dans les cas où les études ne rapportaient pas une naissance vivante mais une grossesse en cours. Les critères de jugement secondaires étaient le taux de grossesse clinique, le taux de grossesse multiple, les effets indésirables, le taux de grossesse extra-utérine, la petite taille pour l'âge gestationnel à la naissance, une anomalie d’insertion placentaire et le taux d'anomalie congénitale. Nous avons analysé les données à l'aide du risque relatif (RR), du rapport de cote Peto et d'un modèle à effet fixe. Nous avons évalué la qualité des données probantes en utilisant les critères GRADE.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 15 essais impliquant 622 femmes qui ont reçu du G-CSF et 631 femmes qui ont reçu un placebo ou aucun traitement supplémentaire pendant la FIV. Les principales limites de la qualité des données probantes étaient un rapport insuffisant des méthodes d'étude et le risque élevé de biais de performance dû à l'absence de mise en insu. Nous avons estimé que seuls deux des quinze essais inclus présentaient un faible risque de biais. Aucun des essais n'a rapporté le critère de jugement principal sur l’efficacité, le taux de naissances vivantes.

Nous ne savons pas si l'administration de G-CSF améliore le taux de grossesse en cours par rapport au contrôle chez les femmes hypofertiles en PMA (RR 1,42, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,83 à 2,42 ; 2 ECR ; participantes = 263 ; I² = 0 % ; données probantes de très faible qualité). Pour une clinique représentative, avec un taux de grossesse en cours de 14 %, l'administration du G-CSF devrait se traduire par un taux de grossesse en cours de 12 à 35 %. Nous ne savons pas si l'administration de G-CSF réduit le taux de fausses couches (rapport de cote Peto 0,55, IC à 95 % 0,17 à 1,83 ; 3 ECR ; participantes = 391 ; I² = 0 % ; données probantes de très faible qualité) par rapport au groupe témoin chez les femmes hypofertiles en PMA.

Nous ne savons pas si l'administration de G-CSF améliore le taux global de grossesse clinique par rapport au contrôle chez les femmes hypofertiles qui suivent une PMA (RR 1,63, IC à 95 % 1,32 à 2,01 ; 14 ECR ; participantes = 1 253 ; I² = 13 % ; données probantes de très faible qualité). Pour une clinique représentative avec un taux de grossesse clinique de 17 %, l'administration du G-CSF devrait entraîner des taux de grossesse clinique entre 23 % et 35 %. Dans la population FIV non sélectionnée, nous ne savons pas si l'administration de G-CSF améliore le taux de grossesse clinique par rapport au groupe témoin (RR 1,11, IC à 95 % 0,77 à 1,60 ; 3 ECR ; participantes = 404 ; I² = 0 % ; données probantes de faible qualité). L'administration de G-CSF pourrait améliorer le taux de grossesse clinique chez les femmes ayant déjà connu deux échecs de FIV ou plus par rapport au groupe témoin (RR 2,11, IC à 95 % 1,56 à 2,85 ; 7 ECR ; participantes = 643 ; I² = 0 % ; données probantes de faible qualité). Chez les femmes hypofertiles à l'endomètre mince qui suivent une PMA, nous ne savons pas si l'administration de G-CSF améliore le taux de grossesse clinique par rapport au groupe témoin (RR 1,58, IC à 95 % 0,95 à 2,63 ; 4 ECR ; participantes = 206 ; I² = 30 % ; données probantes de faible qualité).

Aucune étude n'a rapporté le taux de grossesse multiple. Seuls quatre essais ont rapporté des effets indésirables en tant que résultat, et aucun d'entre eux n'a fait état d'effets indésirables majeurs suite à l'administration de G-CSF ou d’un placebo/absence de traitement.

Notes de traduction: 

Post-édition effectuée par Laurence Pagacz et Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine ? Merci d'adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

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