L'aspiration du pneumothorax chez le nouveau-né à l'aide d'une petite aiguille comparée à l'utilisation d'un tube plus grand placé dans l'espace intercostal

Cette traduction n'est pas à jour. Veuillez cliquer ici pour voir la dernière version de cette revue en anglais.

Question de la revue :Est-ce qu'utiliser une aiguille plutôt qu'un tube intercostal pour aspirer un pneumothorax permet de réduire le taux de mortalité chez les nouveau-nés ?

Contexte :Par définition, un pneumothorax est caractérisé par la présence d'air dans l'espace pleural (l'espace entre le poumon et la paroi thoracique). Il s'agit d'une maladie grave chez le nouveau-né, qui peut être traitée par une aspiration à l'aiguille ou la mise en place d'un drain thoracique. Le premier traitement est moins invasif et pourrait permettre d'éviter le recours à l'insertion d'un drain thoracique, réduisant ainsi la durée de séjour à l'hôpital. Cependant, l'échec de l'aspiration à l'aiguille peut par la suite conduire à la nécessité d'insérer un drain thoracique, qui représente une procédure invasive supplémentaire. Cette revue systématique évalue les preuves disponibles sur l'efficacité de ces deux techniques pour traiter le pneumothorax chez les nouveau-nés.

Caractéristiques des études : Nous avons inclus un essai portant sur 72 nouveau-nés, dans lequel étaient comparés l'aspiration à l'aiguille avec angiocathéter maintenu in situ et l'utilisation d'une sonde thoracique pour traiter les pneumothorax.

Résultats :Avoir recours à l'aspiration par aiguille avec angiocathéter maintenu in situ plutôt qu'à la sonde thoracique ne permet pas de réduire le taux de mortalité ou de complications liées à la procédure. Les nourrissons présentant un pneumothorax qui avaient été sujets à la technique la moins invasive (aspiration à l'aiguille avec l'angiocathéter laissé en place) n'ont jamais nécessité la mise en place d'un tube intercostal et ont conservé leur sonde moins longtemps.

Conclusions :Le seul petit essai identifié ne fournit pas suffisamment d'informations pour déterminer laquelle des deux techniques est préférable pour traiter le pneumothorax chez les nouveau-nés.

Conclusions des auteurs: 

À l'heure actuelle, il n'existe pas suffisamment de preuves pour déterminer l'efficacité et l'innocuité de l'aspiration à l'aiguille par rapport au drainage par tube intercostal dans le traitement des pneumothorax néonataux. Les essais contrôlés randomisés comparant les deux techniques sont nécessaires.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

Un pneumothorax survient plus fréquemment dans la période néonatale qu'à n'importe quel autre moment de la vie et est associée à une augmentation de la mortalité et de la morbidité. Il peut être traité soit par aspiration à l'aiguille ou par insertion d'un drain thoracique. Le premier consiste à aspirer l'air avec une seringue à travers une aiguille ou un angiocathéter, généralement à travers le deuxième ou troisième espace intercostal dans la ligne médioclaviculaire. Le drain thoracique est généralement placé dans l'espace pleural antérieure, traversant le sixième espace intercostal jusqu'à l'ouverture pleurale, tourné antérieurement et dirigé vers l'emplacement du pneumothorax, puis relié à une valve type Heimlich ou à un joint subaquatique avec aspiration continue.

Objectifs: 

Comparer l'efficacité et l'innocuité de l'aspiration à l'aiguille et du drainage par tube intercostal dans la prise en charge des pneumothorax néonataux.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons utilisé la stratégie de recherche standard du groupe de revue Cochrane sur la néonatologie pour consulter le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL 2015, numéro 11), MEDLINE via PubMed (de 1966 au 30 novembre 2015), EMBASE (de 1980 au 30 novembre 2015), CINAHL (de 1982 au 30 novembre 2015). Nous avons également effectué des recherches dans les bases de données d'essais cliniques, les actes de conférence et les références bibliographiques d'articles trouvés pour les essais contrôlés randomisés et les essais quasi-randomisés.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés, les essais contrôlés quasi-randomisés et les essais en grappes comparant l'aspiration à l'aiguille (avec aiguille ou angiocathéter maintenu in situ ou retiré immédiatement après l'aspiration) au drainage par tube intercostal chez les nouveau-nés présentant un pneumothorax.

Recueil et analyse des données: 

Pour chaque essai inclu, deux auteurs ont indépendamment extrait les données (par exemple le nombre de participants, le poids de naissance, l'âge gestationnel, le type d'aiguille et de drain thoracique, le choix de l'espace intercostal, la pression et le dispositif de drainage) et évalué le risque de biais (par exemple, la pertinence de la randomisation, l'assignation secrète, l'exhaustivité du suivi). Les principaux résultats pris en compte dans cette revue sont la mortalité au cours de la période néonatale et pendant l'hospitalisation.

Résultats principaux: 

Un essai contrôlé randomisé (72 nourrissons) remplissait les critères d'inclusion de cette revue. Nous n'avons trouvé aucune différence dans les taux de mortalité (risque relatif (RR) 1,50, intervalle de confiance à 95 % (IC) 0,27 à 8,45) ou de complications liées à la procédure. Après l'aspiration à l'aiguille, l'angiocathéter a été maintenu in situ (pendant 27,1 heures en moyenne) et n'a pas été retiré immédiatement après la procédure. L'angiocathéter a été mis en place pendant une durée plus courte que le tube intercostal (différence moyenne (DM) − 11,20 heures, IC à 95 % de -15,51 à -6,89). Aucun des 36 nouveau-nés traités par aspiration à l'aiguille avec angiocathéter maintenu en place n'a eu besoin qu'un tube de drainage intercostal soit mis en place. Dans l'ensemble, la qualité des preuves étayant cette constatation est faible.

Notes de traduction: 

Post-édition : Marine Moser (M2 ILTS, Université Paris Diderot)

Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.