Traitement antibiotique pour les partenaires sexuels des femmes présentant une vaginose bactérienne

Question de la revue

Nous avons évalué l’efficacité pour les femmes et l’innocuité pour les hommes d’un traitement antibiotique concomitant des partenaires sexuels des femmes traitées pour une vaginose bactérienne.

Contexte

La vaginose bactérienne est une infection dont la prévalence mondiale varie entre 10 % et 50 % et qui entraîne un déséquilibre de la flore vaginale normale. Des micro-organismes incriminés dans la vaginose bactérienne ont été isolés dans la flore normale de l’appareil génital masculin, et leur présence pourrait être liée à une récidive de l’infection après un traitement antibiotique. Par conséquent, le traitement des partenaires sexuels pourrait avoir l’avantage de réduire la récidive de l’infection et peut-être de réduire le fardeau de la maladie.

Caractéristiques des essais

Les chercheurs de Cochrane ont consulté la littérature disponible jusqu’au 23 juillet 2016 et inclus sept essais totalisant 1026 participantes. Ces essais incluaient des femmes sexuellement actives et non enceintes, âgées de 17 à 56 ans, célibataires ou mariées, souffrant d’une vaginose bactérienne symptomatiques. Quatre études incluaient uniquement des femmes en couple, hétérosexuelles et monogames, et les autres ne donnaient aucune information sur la situation de couple. Six essais utilisaient des 5-nitroimidazoles pour traiter le partenaire sexuel, quatre essais le métronidazole et deux le tinidazole ; une seule étude utilisait une lincosamide pour le traitement. Cinq essais ont comparé l’antibiotique à un placebo (854 participants) et deux autres à l’absence d’intervention (172 participants). Quatre des essais inclus ont été financés par des laboratoires pharmaceutiques.

Principaux résultats

Par rapport au placebo, le traitement antibiotique des partenaires sexuels des femmes traitées pour une vaginose bactérienne n’a eu aucun effet sur les critères d’évaluation cliniques ou l’amélioration des symptômes chez les femmes, quelle que soit la période pendant laquelle ceux-ci étaient évalués (la première semaine, entre la première semaine et la quatrième, après la quatrième semaine). En outre, le traitement antibiotique du partenaire sexuel pourrait n’avoir aucun effet sur la récidive de la vaginose bactérienne jusqu’à 12 semaines après le traitement, mais il pourrait augmenter la fréquence des événements indésirables mineurs signalés par le partenaire. Par rapport à l’absence d’intervention, le traitement des partenaires sexuels des femmes atteintes de vaginose bactérienne pourrait n’avoir aucun effet sur la réduction des taux de récidive ou sur la fréquence des améliorations cliniques ou symptomatiques entre la première semaine et la quatrième ou après la quatrième semaine, respectivement.

Qualité des données probantes

La qualité des données probantes était bonne pour les critères d’évaluation cliniques et l’amélioration des symptômes. Elle était très mauvaise pour la récidive en raison de quelques limitations liées au risque de biais et à l’imprécision.

Conclusions des auteurs: 

Des données probantes de bonne qualité montrent que le traitement antibiotique des partenaires sexuels des femmes atteintes de vaginose bactérienne ne permet pas, par rapport à un placebo, une augmentation du taux d’amélioration clinique ou symptomatique pour les femmes au cours de la première semaine, entre la première semaine et la quatrième ou après la quatrième semaine. Des données de mauvaise qualité suggèrent que le traitement antibiotique ne fait pas baisser le taux de récidive durant la première et la quatrième semaine ou après la quatrième semaine de traitement pour les femmes, mais augmente la fréquence des événements indésirables rapportés par leurs partenaires sexuels. Enfin, par rapport à l’absence d’intervention, le traitement antibiotique ne permet pas de diminuer le taux de récidive après la quatrième semaine et n’augmente pas la fréquence de l’amélioration clinique ou symptomatique pour les femmes entre la première semaine et la quatrième ou après la quatrième semaine, respectivement.

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Contexte: 

La vaginose bactérienne est une infection dont la prévalence mondiale varie entre 10 % et 50 % et qui entraîne un déséquilibre de la flore vaginale normale. Des micro-organismes incriminés dans la vaginose bactérienne ont été isolés dans la flore normale de l’appareil génital masculin, et leur présence pourrait être liée à une récidive de l’infection après un traitement antibiotique. Par conséquent, le traitement des partenaires sexuels pourrait avoir l’avantage de réduire la récidive de l’infection et peut-être de réduire le fardeau de la maladie.

Objectifs: 

Évaluer l’efficacité pour les femmes et l’innocuité pour les hommes d’un traitement antibiotique concomitant des partenaires sexuels de femmes traitées pour une vaginose bactérienne.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les infections sexuellement transmissibles (23 juillet 2016), CENTRAL (de 1991 au 23 juillet 2016), MEDLINE (de 1946 au 23 juillet 2016), Embase (de 1974 au 23 juillet 2016), LILACS (de 1982 au 23 juillet 2016), Système d’enregistrement international des essais cliniques (ICTRP) de l’OMS (23 juillet 2016), ClinicalTrials.gov (23 juillet 2016) et dans le Web of Science™ (de 2001 au 23 juillet 2016). Nous avons également effectué des recherches manuelles dans les actes de congrès, contacté les auteurs des essais et examiné les références bibliographiques des études trouvées.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés (ECR) comparant l’utilisation concomitante de tout traitement antibiotique à un placebo, à l’absence d’intervention ou toute autre intervention par les partenaires sexuels de femmes traitées pour une vaginose bactérienne.

Recueil et analyse des données: 

Trois auteurs de la revue ont évalué indépendamment les essais à inclure, extrait les données et évalué le risque de biais dans les études incluses. Nous avons résolu les désaccords par le consensus. Nous avons évalué la qualité des données probantes en utilisant la méthode GRADE.

Résultats principaux: 

Sept ECR (1026 participantes) répondaient à nos critères d’inclusion, dont quatre financés par l’industrie pharmaceutique. Cinq essais (854 patientes) comparaient un traitement antibiotique des partenaires sexuels avec un placebo. Sur la base de données probantes de bonne qualité, le traitement antibiotique ne permet pas une augmentation du taux d’amélioration clinique ou symptomatique chez les femmes au cours de la première semaine (risque relatif (RR) 0,99, intervalle de confiance (IC) à 95 % de 0,96 à 1,03 ; 712 participantes, quatre études ; RR 1,06, IC à 95 % de 1,00 à 1,12 ; 577 patientes ; trois études, respectivement), entre la première et la quatrième semaine (RR 1,02, IC à 95 % de 0,94 à 1,11 ; 590 participantes, trois études ; RR 0,93, IC à 95 % de 0,84 à 1,03 ; 444 participantes, deux études, respectivement) ou après la quatrième semaine (RR 0,98, IC à 95 % de 0,90 à 1,07 ; 572 participantes, quatre études ; RR 1,03, IC à 95 % de 0,90 à 1,17 ; deux études ; 296 participantes, respectivement). Le traitement antibiotique n’a pas réduit le taux de récidive chez les femmes au cours de la première et de la quatrième semaine (RR 1,28, IC à 95 % de 0,68 à 2,43 ; 218 participantes, une étude ; données de mauvaise qualité) ou après la quatrième semaine de traitement (RR 1,00, IC à 95 % de 0,67 à 1,52 ; 372 participantes, trois études ; données de mauvaise qualité), mais il a augmenté la fréquence des événements indésirables (le plus souvent des symptômes gastro-intestinaux) rapportés par les partenaires sexuels (RR 2,55, IC à 95 % de 1,55 à 4,18 ; 477 participantes, trois études ; données de mauvaise qualité).

Deux essais (172 participants) ont comparé un traitement antibiotique des partenaires sexuels à l’absence d’intervention. Lorsque nous avons comparé le traitement à l’absence d’intervention, les effets du traitement antibiotique sur le taux de récidive après la quatrième semaine (RR 1,71, IC à 95 % de 0,65 à 4,55 ; 51 participantes, une étude), l’amélioration clinique entre la première et la quatrième semaine (RR 0,93, IC à 95 % de 0,70 à 1,25 ; 152 participantes, deux études) et l’amélioration symptomatique après la quatrième semaine (RR 0,66, IC à 95 % de 0,39 à 1,11 ; 70 participantes, une étude) était imprécis et il n’y avait aucune différence entre les groupes. Nous avons rabaissé la qualité des données à « mauvaise » ou « très mauvaise ».

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Suzanne Assénat et révisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.