La trifluopérazine par rapport à un placebo dans la schizophrénie

La trifluopérazine (sous le nom de Stelazine) est un médicament antipsychotique qui est utilisé depuis les années 1950 pour traiter la schizophrénie. Il est l'un des médicaments de première génération (typique) qui se soit avéré très efficace pour traiter les « symptômes positifs » de la schizophrénie, tels que le fait d'entendre des voix, voir des choses et croire à d'étranges croyances. Ces médicaments peuvent provoquer des effets secondaires tels que des tremblements, une agitation involontaire et des troubles du mouvement comme une posture étrange.

Il existe également des médicaments plus modernes (médicaments antipsychotiques de deuxième génération et atypiques). Ils sont efficaces pour traiter les « symptômes positifs » de la maladie mentale, mais permettent également de traiter les « symptômes négatifs », tels que l'apathie, la prise de poids et la perte d'émotion chez les personnes atteintes de schizophrénie. Ces médicaments plus modernes sont beaucoup plus onéreux.

Cette revue est basée sur une recherche d'essais réalisée en juillet 2012 et inclut 10 études avec 686 participants. L'objectif était de déterminer les effets de la trifluopérazine dans la schizophrénie par rapport à un placebo (un traitement «factice»). Comme prévu, les patients recevant de la trifluopérazine ont montré une amélioration significative par rapport à un placebo à court et à moyen terme, prônant l'utilisation de cet antipsychotique typique et bien établi chez les personnes atteintes de schizophrénie. Cependant, la trifluopérazine peut provoquer des effets secondaires, tels qu'une confusion, de l'agitation, une sensation de bouche sèche et une vision floue, mais elle entraîne moins de sédation et moins de vertiges, de sorte qu'elle est généralement bien tolérée par les personnes atteintes de schizophrénie.

Les auteurs de la revue ont conclu que la trifluopérazine a une efficacité similaire à d'autres médicaments antipsychotiques courants, bien qu'elle puisse entraîner davantage d'effets secondaires. Les preuves utilisées dans la revue étaient également de faible ou très faible qualité. Dans cette perspective, l'utilisation d'autres médicaments antipsychotiques devrait être prise en compte avant de commencer la trifluopérazine. La plupart des études incluses ont été réalisés il y a à peu près 40 ans, de sorte que de nouvelles recherches d'essais exhaustives, à grande échelle, et indépendantes, sont nécessaires.

Ce résumé en langage simplifié a été rédigé par Ben Gray, consommateur de RETHINK.

Conclusions des auteurs: 

Nos résultats s'accordent avec les preuves existantes sur le fait que, par rapport à un placebo, la trifluopérazine est un antipsychotique efficace chez les personnes atteintes de schizophrénie. En outre, notre revue fournit des preuves montrant que la trifluopérazine augmente le risque d'effets indésirables extrapyramidaux. Bien que les quantités d'effets par rapport à un placebo soient similaires à ceux observés avec d'autres agents, elles sont basées sur les données provenant de nombreux essais pré-CONSORT de petite taille, présentant généralement une preuve GRADE faible ou très faible qui a une implication limitée de preuves pour la pratique clinique. Des essais à grande échelle et indépendants, qui adhérent à la déclaration CONSORT, sont nécessaires pour comparer la trifluopérazine utilisée dans le traitement de la schizophrénie et des troubles schizophréniformes par rapport à un placebo.

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Contexte: 

La trifluopérazine est un médicament antipsychotique, typique, de haute puissance, établi depuis longtemps et utilisé dans le traitement de la schizophrénie et de troubles schizophréniformes.

Objectifs: 

Déterminer les effets absolus de la trifluopérazine dans la schizophrénie et les troubles schizophréniformes par rapport à un placebo.

Évaluer de manière critique et résumer les preuves actuelles sur l'utilisation des ressources, le coût et l'évaluation économique de la trifluopérazine par rapport à un placebo dans la schizophrénie.

La stratégie de recherche documentaire: 

Recherches dans le registre des essais du groupe Cochrane sur la schizophrénie (juillet 2012), complétées par une recherche manuelle, des recherches de références, des communications personnelles et des contacts avec l'industrie. Deux auteurs de la revue ont entrepris une recherche d'études économiques en utilisant la base de données en économie de la santé du groupe Cochrane sur la schizophrénie le 9 avril 2013.

Critères de sélection: 

Tous les essais cliniques randomisés portant sur des patients atteints de schizophrénie et de troubles schizophréniformes qui comparent la trifluopérazine à un placebo.

Recueil et analyse des données: 

Les études pour les effets des interventions ont été sélectionnées de manière fiable par une équipe de la revue et les données ont été indépendamment extraites pour réduire les biais. Nous avons uniquement utilisé les données dichotomiques, à l'aide d'une analyse en intention de traiter lorsque cela était possible. Les données ont été estimées à l'aide du risque relatif (RR) avec un intervalle de confiance (IC) à 95%. Lorsque cela était possible, un tableau de « résumé des résultats » a été produit pour chaque critère de jugement principal en utilisant le système GRADE. Les études économiques ont été consultées et sélectionnées de manière fiable par les auteurs de la revue (VF et SS) afin de fournir un résumé économique des données disponibles. Lorsqu'aucune des études économiques n'était éligible pour l'inclusion, l'équipe de revue économique évaluait l'efficacité des données de résultat déjà incluses pour fournir un résumé économique rudimentaire.

Résultats principaux: 

Cette revue a inclut 10 études avec un nombre total de 686 participants sur 20 différents critères de jugement d'intérêt. Globalement, il y avait une amélioration cliniquement significative dans l'état clinique global à moyen terme chez les personnes recevant de la trifluopérazine (3 ECR, n = 417, RR 4,61, IC entre 1,54 et 13,84, preuves de faible qualité) et un nombre significativement inférieur de personnes recevant de la trifluopérazine abandonnaient les études prématurément en raison d'une rechute ou d'une aggravation à moyen terme (2 ECR, n = 381, RR 0,34, IC entre 0,23 et 0,49, preuves de faible qualité). Cependant, les résultats étaient équivoques concernant l'abandon précoce de l'étude à moyen terme pour toutes raisons confondues (2 ECR, n = 391, RR 0,80, IC entre 0,17 et 3,81, preuves de très faible qualité) et en raison de graves effets indésirables (2 ECR, n = 391, RR 1,54, IC entre 0,56 et 4,24, preuves de très faible qualité). Des données équivoques ont également été constatées pour les symptômes intensifiés à moyen terme (2 ECR, n = 80, RR 1,05, IC entre 0,54 et 2,05, preuves de très faible qualité), ainsi que pour les taux d'agitation ou de détresse à moyen terme (1 ECR, n = 52, RR 2,00, IC entre 0,19 et 20,72, preuves de très faible qualité). La comparaison entre des doses faibles et élevées de trifluopérazine par rapport à un placebo, provenant d'une seule étude, a fourni des preuves équivoques des effets. Pour les résultats économiques, nous avons pris en compte les critères de jugement en termes de GBP et les avons présenté dans des tableaux supplémentaires; il y avait un gain estimé de £3 488.3 en faveur de la trifluopérazine. Cependant, de nombreuses hypothèses ont été apportées et ces économies doivent être interprétées en tenant compte de ces hypothèses.

Notes de traduction: 
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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.