Traitements de la maladie de haute altitude (des montagnes)

Contexte

La maladie aiguë de haute altitude, également connue sous le nom de mal aigu des montagnes, peut présenter une variété de symptômes. Elle est causée par la diminution de la quantité d’oxygène à des altitudes de plus en plus élevées ; et elle peut se produire lorsqu’une personne atteint une haute altitude lors de voyages, randonnées ou escalades en montagne ou dans d’autres zones élevées. Les personnes allant à plus de 4000 mètres d’altitude, les femmes, les personnes n’ayant pas atteint le milieu de l’âge adulte et les personnes ayant des antécédents de migraine présentent un plus grand risque de souffrir du mal des montagnes. Les symptômes les plus fréquents sont les maux de tête, la perte d’appétit, l’insomnie et la nausée. Toutefois, les formes graves peuvent inclure une confusion, des difficultés à marcher, une toux évolutive, un essoufflement et même la mort.

Question de la revue

Quels sont les bénéfices et les risques des différents traitements pour les personnes souffrant de maladie de haute altitude ?

Caractéristiques de l’étude

Nous avons inclus 13 études avec un total de 468 participants. La plupart des études incluaient des participants présentant des formes légères ou modérées du mal des montagnes, et une seule étude incluait la forme neurologique (troubles du système nerveux) grave. Le suivi était généralement de moins d’une journée. Nous avons également identifié deux études en cours.

Principaux résultats

Nous avons trouvé des études évaluant les interventions suivantes : la simulation de la descente avec un caisson hyperbare (usage médical de l’oxygène dans une chambre spéciale à une pression supérieure à la pression atmosphérique afin d’augmenter la disponibilité d’oxygène dans le corps) ; l’oxygène ; des médicaments : l’acétazolamide, la dexaméthasone, l’ibuprofène, le paracétamol, la gabapentine, le sumatriptan, le monoxyde d’azote et le sulfate de magnésium. Aucune des études ne signalait les effets de ces interventions sur la mortalité toutes causes confondues. Le signalement d’un soulagement complet des symptômes du mal aigu des montagnes et des événements indésirables était peu fréquent. Les études associées à une descente simulée à l’aide d’un caisson hyperbare ne trouvaient pas de bénéfices ou d’effets nocifs supplémentaires associés à cette intervention (3 études, 124 participants). En outre, des études associées à l’administration de médicaments trouvaient certains bénéfices du point de vue de la réduction des symptômes avec l’utilisation de l’acétazolamide (2 études, 25 participants) et de la dexaméthasone (1 étude, 35 participants), sans augmentation des effets secondaires.

Qualité des preuves

La qualité des preuves que nous avons trouvées était faible, et le degré de certitude des conclusions est donc limité. Il n’y avait pas suffisamment d’informations sur la façon dont les études ont été menées, et dans certains cas, il y avait des preuves de falsification à certains stades des essais. En outre, le nombre de personnes dans chaque étude était très faible (< 30 participants), et par conséquent les résultats n’étaient pas clairs (imprécis). Dans certaines études, il n’y avait pas de mise en aveugle (autrement dit, les participants savaient quel traitement expérimental ils recevaient), et cela pourrait avoir nui à l’évaluation par les participants de leurs propres symptômes.

Conclusions des auteurs: 

Les preuves disponibles pour déterminer les effets des interventions non pharmacologiques et pharmacologiques dans le traitement de la maladie aiguë de haute altitude sont limitées. Des preuves de faible qualité suggèrent que la dexaméthasone et l’acétazolamide pourraient réduire le score du MAM par rapport à un placebo. Toutefois, les bénéfices et les effets nocifs cliniques liés à ces interventions restent flous. Dans l’ensemble, les preuves sont d’une importance pratique limitée dans le domaine clinique. Une recherche de qualité dans ce domaine est nécessaire, étant donné que la plupart des essais ont été mal menés et mal documentés.

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Contexte: 

La maladie aiguë de haute altitude est définie comme un groupe de syndromes cérébraux et pulmonaires qui peut se produire au cours d’un voyage à haute altitude. Elle est plus fréquente au-dessus de 2500 mètres, mais peut être observée à plus basse altitude, en particulier chez les personnes sensibles. La maladie aiguë de haute altitude comprend un large éventail de syndromes défini sous les appellations de « mal aigu des montagnes » (MAM), « œdème cérébral de haute altitude » et « œdème pulmonaire de haute altitude ». Il existe plusieurs interventions pour traiter cette affection, à la fois des interventions pharmacologiques et non pharmacologiques ; toutefois, leurs effets bénéfiques et nocifs sont très incertains.

Objectifs: 

Évaluer l’efficacité clinique et la sécurité des interventions (non pharmacologiques et pharmacologiques), en monothérapie ou en combinaison, pour le traitement de la maladie aiguë de haute altitude.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches sur CENTRAL, MEDLINE, Embase, LILACS, ISI Web of Science, CINAHL, la base de données Wanfang et le système d’enregistrement international des essais cliniques de l’Organisation mondiale de la Santé pour des études en cours le 10 août 2017. Nous n’avons appliqué aucune restriction linguistique.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés évaluant les effets d’interventions pharmacologiques et non pharmacologiques pour des personnes souffrant de maladie aiguë de haute altitude : mal aigu des montagnes, œdème pulmonaire de haute altitude ou œdème cérébral de haute altitude.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment évalué l’éligibilité des études, le risque de biais pour chaque étude et extrait les données. Nous avons résolu les désaccords en discutant avec un troisième auteur. Nous avons évalué la qualité des preuves en utilisant le système GRADE.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 13 études ayant recruté un total de 468 participants. Nous avons identifié deux études en cours. Toutes les études incluaient des adultes, et deux études incluaient des adolescents et des adultes. Les 13 études ont eu lieu dans des zones de haute altitude, principalement dans les Alpes européennes. Douze études incluaient des participants présentant un mal aigu des montagnes, et une étude incluait des participants atteints d’œdème pulmonaire de haute altitude. Le suivi était généralement de moins d’une journée. Nous avons rabaissé la qualité des preuves dans la plupart des cas en raison d’un risque de biais et d’imprécisions. Nous rapportons des résultats pour les principales comparaisons comme suit.

Interventions non pharmacologiques (3 études, 124 participants)

La mortalité toutes causes confondues et le soulagement complet des symptômes du MAM n’étaient pas rapportés dans les trois essais inclus. Une étude réalisée chez 64 participants révélait qu’une descente simulée de 193 millibars par rapport à 20 millibars pourrait réduire la moyenne des symptômes à 2,5 unités par rapport à 3,1 unités après 12 heures de traitement (le score clinique variait de 0 à 11 ‒ plus mauvais ; réduction de 0,6 point en moyenne avec l’intervention ; mauvaise qualité de la preuve). En outre, aucune complication n’a été observée avec l’utilisation de caissons hyperbares par rapport à de l’oxygène supplémentaire (une étude ; 29 participants ; preuves de faible qualité).

Interventions pharmacologiques (11 études, 375 participants)

La mortalité toutes causes confondues n’était pas rapportée dans les 11 essais inclus. Un essai observait une plus grande proportion des participants présentant un soulagement complet des symptômes du MAM après 12 à 16 heures lorsque la dexaméthasone était administrée en comparaison à un placebo (47,1 % contre 0 %, respectivement ; 1 étude ; 35 participants ; preuves de faible qualité). De même, lorsque l’acétazolamide était comparé à un placebo, les effets sur la gravité des symptômes étaient incertains (différence moyenne standardisée [DMS] −1,15, IC à 95 % −2.56 à 0,27 ; 2 études, 25 participants ; preuves de faible qualité). Un essai étudiant la dexaméthasone par rapport à un placebo chez 35 participants observait une réduction de la gravité des symptômes (différence du changement du score du MAM : 3,7 unités, rapportée par les auteurs ; preuves de qualité modérée). Dans deux autres essais comparant la gabapentine à un placebo et le magnésium à un placebo, les effets observés sur la gravité des symptômes à la fin du traitement n’étaient pas clairs. Pour la gabapentine par rapport à un placebo : score moyen sur l’échelle visuelle analogique (EVA) de 2,92 contre 4,75, respectivement ; 24 participants ; preuves de faible qualité. Pour le magnésium par rapport à un placebo : scores moyens de 9 et 10,3 unités, respectivement ; 25 participants ; preuves de faible qualité. Les essais n’ont pas observé d’effets indésirables de l’un ou l’autre des traitements (preuves de faible qualité). Un essai comparant le sulfate de magnésium à un placebo constatait que les bouffées vasomotrices étaient un événement fréquent dans le bras du sulfate de magnésium (taux de bouffées vasomotrices : 75 % contre 7,7 %, respectivement ; une étude ; 25 participants ; preuves de faible qualité).

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Sophie Fleurdépine et révisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.