Solutions au goût sucré contre les douleurs liées aux piqûres chez les nourrissons âgés d'un an ou moins

L'utilisation d'aiguilles qui percent la peau et provoquent des douleurs est une pratique courante dans le monde avec les bébés d'un mois à 12 mois (Annexe 4). Dans cette revue, nous nous avons voulu déterminer si l'administration aux bébés de solutions à base de sucre lorsque l'aiguille perce la peau aiderait à réduire leur douleur.  Nous avons trouvé 14 études distinctes qui avaient posé cette question. Cependant, les différences entre les études ont souvent été trop importantes pour nous permettre de combiner leurs résultats.  Globalement, les études montrent que différents types de solutions à base de sucre ont été efficaces, mais nous n'avons pas pu établir avec certitude qu'il existait des preuves solides indiquant que ce traitement réduisait la douleur.  Nous avons effectivement trouvé des preuves indiquant que les bébés pouvaient ne pas pleurer aussi longtemps si on leur administrait des solutions à base de sucre. Cette revue est globalement en accord avec deux autres revues, l'une posant cette question chez les jeunes enfants et l'autre chez des enfants plus âgés. De meilleures études doivent être réalisées dans ce domaine.

Conclusions des auteurs: 

Les preuves sont insuffisantes pour évaluer avec certitude l'efficacité des solutions au goût sucré pour réduire les douleurs liées aux piqûres chez les nourrissons (d'un mois à 12 mois). Les traitements semblent toutefois prometteurs. Les données issues d'une série d'essais individuels sont prometteuses, de même que les résultats d'une méta-analyse en sous-groupe d'études mesurant la durée des pleurs. De nouveaux ECR bien contrôlés sont nécessaires dans cette population pour déterminer la concentration, la méthode d'administration et le volume optimaux, ainsi que les effets indésirables potentiels.

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Contexte: 

L'administration de saccharose ou de glucose par voie orale avec et sans succion non nutritive est souvent utilisée comme intervention non pharmacologique pour le soulagement des douleurs liées à une procédure de piqûre chez les nourrissons.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité des solutions au goût sucré contre les douleurs liées à une procédure de piqûre chez les nourrissons d'un mois à un an comparé à l'absence de traitement, à un placebo, à d'autres solutions au goût sucré ou à des méthodes de soulagement de la douleur pharmacologiques ou non pharmacologiques.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library 2012) ; MEDLINE via Ovid (de 1966 à 2012) ; CINAHL via OVID (de 1982 à 2012). Nous avons également recherché des essais en cours dans le système d'enregistrement international des essais cliniques de l'Organisation Mondiale de la Santé. Nous avons aussi recherché des essais contrôlés randomisés (ECR) dans des registres d'essais cliniques, des actes de conférences et des bibliographies. Une mise à jour des recherches a été effectuée pour trouver de nouvelles publications avant de finaliser la revue en avril 2012 et aucune nouvelle étude incluse n'a été identifiée. Deux auteurs de la revue (MK & JF) ont indépendamment extrait des données et évalué la qualité au moyen d'un formulaire standard. Les auteurs ont été contactés pour obtenir les données manquantes.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés utilisant une solution au goût sucré pour traiter les douleurs chez des nourrissons sains nés à terme (37 semaines d'âge gestationnel et plus), d'un mois à 12 mois, qui nécessitaient des procédures de piqûre. Ces procédures incluaient, de manière non exhaustive : les injections sous-cutanées ou intramusculaires, la ponction veineuse et la ponction au talon. Les études dans lesquelles la procédure douloureuse était la circoncision, la ponction lombaire ou le drainage de la vessie par voie sus-pubienne n'ont pas été incluses, car ces procédures sont plus graves et plus douloureuses que les procédures de piqûre. Les conditions de contrôle comprenaient l'absence de traitement ou un placebo (eau), ou encore toute autre intervention identique (même aspect et même consistance) sans principe actif, une autre solution au goût sucré, une méthode de soulagement de la douleur pharmacologique (par ex. du paracétamol, une crème anesthésiante locale), une méthode de soulagement de la douleur non pharmacologique (par ex. une méthode de distraction, une succion non nutritive).

Recueil et analyse des données: 

Une évaluation de la qualité des essais, une extraction des données et une synthèse des données ont été effectuées à l'aide des méthodes standards du groupe Cochrane sur la douleur et les soins palliatifs. Nous rapportons les différences moyennes (DM) avec des intervalles de confiance (IC) à 95 % à l'aide d'un modèle à effets fixes lorsque cela est approprié pour les mesures de critères continus. Nous avions prévu de rendre compte du risque relatif (RR) et de la différence de risque (DR) pour les résultats dichotomiques. Le test du Chi2 et la statistique I2 ont été utilisés pour évaluer l'hétérogénéité entre les études.

Résultats principaux: 

Soixante-cinq (65) études pouvant être incluses dans cette revue ont été identifiées. Quatorze ECR publiés, totalisant 1 551 participants, répondaient aux critères d'inclusion. La durée des pleurs a été significativement réduite chez les nourrissons auxquels on administrait une solution au goût sucré [DM -13,47 (IC à 95 % -16,80 à -10,15)], P < 0,00001 comparé à l'eau. Cependant, il y avait entre les études une hétérogénéité importante (I2 = 94%) que nous n'avons pas été en mesure d'expliquer. Il n'a pas été possible de réaliser de méta-analyse pour aucun des autres critères de jugement, à l'exception de la durée des pleurs, en raison de différences concernant le plan d'étude. Toutefois, la plupart des études individuelles qui mesuraient la douleur ont découvert que le saccharose réduisait significativement la douleur comparé au groupe témoin. Une étude comparait le saccharose et la crème de lidocaïne-prilocaïne et aucune différence significative n'a été découverte entre les deux traitements pour les critères de jugement de douleur et de durée des pleurs. En raison des différences entre les études, nous n'avons pas pu déterminer la concentration, la méthode d'administration ou le volume optimaux des solutions au goût sucré pour les nourrissons d'un à 12 mois. D'autres ECR à grande échelle sont nécessaires.

Notes de traduction: 

Translated by: French Cochrane Centre

Translation supported by: Minist�re Fran�ais des Affaires sociales et de la Sant�

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.