Les corticostéroïdes comme traitement seul ou d’appoint contre le mal de gorge

Problématique de la revue

Les corticostéroïdes sont-ils bénéfiques, soit seuls, soit en complément d’un autre traitement, pour les personnes souffrant de maux de gorge ?

Contexte

Le mal de gorge est très fréquent. Bien que la plupart des maux de gorge soient causés par des virus, de nombreuses personnes souffrant de maux de gorge reçoivent des antibiotiques, qui ne sont pas efficaces pour traiter les infections virales. La surconsommation d'antibiotiques contribue à la résistance aux antibiotiques des individus et de la communauté. Le mal de gorge est douloureux en raison de l'inflammation de la paroi de la gorge. Les stéroïdes, ou corticostéroïdes, sont des médicaments qui peuvent être pris sous forme de comprimés ou injectés. Ils réduisent l'inflammation et aident à combattre d'autres infections des voies respiratoires comme le croup. Des cures courtes de stéroïdes pourraient être bénéfiques pour traiter le mal de gorge.

Date de recherche

14 mai 2019.

Caractéristiques des études

Ceci est une mise à jour de notre revue de 2012. Nous avons ajouté un nouvel essai (565 participants) pour un total de neuf essais impliquant 1 319 participants (369 enfants, 950 adultes). Les essais inclus ont été menés dans des services d'urgence (7 essais) et de soins primaires (2 essais) aux États-Unis (5 essais), et un essai dans chacun des pays suivants : Canada, Israël, Turquie et Royaume-Uni. Les participants ont reçu soit une dose unique de stéroïdes, soit une dose unique d'un médicament factice (placebo) (7 essais). Plus d'une dose quotidienne consécutive de stéroïde ou de placebo a été administrée à un groupe de participants, tandis que l'autre groupe a reçu une seule dose (2 essais). Dans huit essais, tous les participants ont également reçu des antibiotiques dès leur entrée dans l'étude. Tous les essais ont été publiés en anglais.

Sources de financement des études

Deux études ont décrit les sources de financement (le gouvernement et une fondation universitaire).

Principaux résultats

Les participants qui ont reçu des corticostéroïdes avaient 2,4 fois plus de chances de voir les symptômes du mal de gorge disparaître complètement en 24 heures que ceux qui ont reçu un placebo. Les corticostéroïdes ont amélioré le délai avant le début du soulagement des symptômes et la résolution complète des symptômes, bien que les résultats des essais n'aient pas été uniformes sur ces critères de jugement et que les effets aient été modestes. Les événements indésirables, les taux de récidive et les jours d'absence au travail ou à l’école ne différaient pas entre les participants du groupe corticostéroïde et ceux du groupe placebo. Les maux de gorge sont très fréquents chez les enfants, mais seuls deux essais ont rapporté des résultats pour les enfants, et ces résultats étaient contradictoires, ce qui rend difficile de tirer des conclusions. Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour examiner les bénéfices des corticostéroïdes, à la fois pour réduire l'utilisation des antibiotiques chez les personnes souffrant de maux de gorge sévères et chez les enfants en particulier. Les limitations étaient que seuls deux essais incluaient des enfants et que la plupart des essais donnaient également des antibiotiques à tous les participants.

Qualité des données probantes

Nous avons évalué le niveau de confiance dans les données probantes comme étant élevé pour la résolution complète de la douleur à 24 et 48 heures, et modéré pour le délai moyen avant le début du soulagement de la douleur, le délai moyen avant la résolution complète de la douleur, la réduction absolue de la douleur mesurée par des échelles visuelles analogiques, les événements indésirables, les taux de récidive et les jours d'absence au travail ou à l'école.

Conclusions des auteurs: 

Les corticostéroïdes oraux ou intramusculaires, en plus des antibiotiques, ont modérément augmenté la probabilité de résolution et d'amélioration de la douleur chez les participants ayant un mal de gorge. Compte tenu des avantages limités, il est nécessaire de poursuivre les recherches sur les inconvénients et les avantages des stéroïdes de courte durée pour permettre une prise de décision éclairée.

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Contexte: 

Le mal de gorge est une affection fréquente associée à un taux élevé de prescriptions d'antibiotiques, en dépit des données probantes limitées sur l'efficacité des antibiotiques. Les corticostéroïdes pourraient améliorer les symptômes du mal de gorge en réduisant l'inflammation des voies respiratoires supérieures. Cette revue est une mise à jour de notre revue publiée en 2012.

Objectifs: 

Évaluer le bénéfice clinique et la tolérance des corticostéroïdes dans la réduction des symptômes du mal de gorge chez les adultes et les enfants.

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL (numéro 4, 2019), MEDLINE (de 1966 au 14 mai 2019), Embase (de 1974 au 14 mai 2019), la base de données des résumés de revues d’effets (DARE, de 2002 à 2015) et la base de données d'évaluation économique du NHS (depuis leur création jusqu'en 2015). Nous avons également effectué des recherches sur le Système d'enregistrement international des essais cliniques de l'Organisation mondiale de la santé (ICTRP de l'OMS) et sur le site ClinicalTrials.gov.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés (ECR) qui comparaient les stéroïdes à un placebo ou aux soins standard chez les adultes et les enfants (âgés de plus de trois ans) souffrant de maux de gorge. Nous avons exclu les études portant sur les participants hospitalisés, ceux qui souffrent de mononucléose infectieuse (fièvre glandulaire), de maux de gorge après une amygdalectomie ou une intubation, ou d'abcès péri-amygdalien.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons suivi les procédures méthodologiques standards définies par Cochrane.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus un nouvel ECR dans cette mise à jour, pour un total de neuf essais impliquant 1 319 participants (369 enfants et 950 adultes). Dans huit essais, les participants des groupes corticostéroïdes et placebo ont reçu des antibiotiques ; un essai a proposé une prescription retardée d'antibiotiques sur la base d'une évaluation clinique. Seuls deux essais ont fait état de sources de financement (le gouvernement et une fondation universitaire).

Outre les effets des antibiotiques et de l'analgésie, les corticostéroïdes ont augmenté de 2,40 fois la probabilité d'une résolution complète de la douleur à 24 heures (risque relatif (RR) 2,4, intervalle de confiance (IC) à 95 % 1,29 à 4,47 ; P = 0,006 ; I² = 67 % ; niveau de confiance élevé dans les données probantes) et de 1,5 fois à 48 heures (RR 1,50, IC à 95 % 1,27 à 1,76 ; P < 0,001 ; I² = 0 % ; niveau de confiance élevé dans les données probantes). Cinq personnes doivent être traitées pour qu’une personne puisse ne pas continuer à ressentir de la douleur à 24 heures. Les corticostéroïdes ont également réduit le délai moyen avant l’apparition du soulagement de la douleur et le délai moyen de résolution complète de la douleur de 6 et 11,6 heures, respectivement, bien qu'une hétérogénéité significative soit présente (niveau de confiance modéré dans les données probantes). Après 24 heures, la douleur (évaluée par des échelles visuelles analogiques) a été réduite de 10,6 % supplémentaires grâce aux corticostéroïdes (niveau de confiance modéré dans les données probantes). Aucune différence n'a été rapportée sur les taux de récidive, les jours d'absence au travail ou à l'école, ou les événements indésirables pour les participants prenant des corticostéroïdes par rapport au placebo. Cependant, la notification des événements indésirables était médiocre et seuls deux essais ont inclus des enfants ou ont signalé des jours d'absence du travail ou de l'école. Les études incluses ont été évaluées comme données probantes de qualité modérée, mais le petit nombre d'études incluses a le potentiel d'augmenter l'incertitude, en particulier en termes d'application de ces résultats chez les enfants.

Notes de traduction: 

Post-édition effectuée par Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine ? Merci d'adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.