Agoniste de l’hormone de libération des gonadotrophines versus HCG pour le déclenchement des ovocytes dans cycles de procréation médicalement assistée faisant appel à un antagoniste

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Le déclenchement de la maturation des ovocytes est le processus final de différenciation d'un ovule immature avant la fécondation, que ce soit dans les cycles ovariens normaux ou stimulés dans le cadre des techniques de procréation médicalement assistée. Cela est comparable à la maturation finale d'une graine ou à l'obtention, pour une cellule, de sa pleine capacité fonctionnelle. Il existe deux hormones pouvant être utilisées pour déclencher la maturation des ovocytes, à savoir la gonadotrophine chorionique humaine (HCG), qui est le traitement de référence, et l'agoniste de l'hormone de libération des gonadotrophines (GnRH). L'objectif de la présente revue était d'évaluer l'efficacité des agonistes de la GnRH dans la dernière étape de la stimulation ovarienne, pour induire la maturation des follicules (ovules) et les préparer à la fécondation, dans les cycles de fécondation in vitro (FIV) et d'injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) faisant appel à un antagoniste de la GnRH pour supprimer la stimulation de l'hypophyse. Afin d'obtenir une évaluation fiable des effets de l'agoniste de la GnRH sur les critères, nous avons examiné les données de 11 études contrôlées randomisées impliquant 1055 femmes. Les essais étaient de bonne qualité et comportaient des preuves d'une diminution du taux de naissances vivantes, d'une réduction du taux de grossesses en cours et d'une augmentation du taux de fausses couches chez les femmes ayant reçu un agoniste de la GnRH pour le déclenchement de la maturation finale des ovocytes comparativement aux femmes ayant reçu de l'HCG, au cours de cycles autologues nouveaux (leurs propres ovules). Cependant, l'hyperstimulation ovarienne, qui est une complication de certaines formes de médicaments utilisés dans les troubles de la fertilité, était significativement plus faible dans le groupe traité par agoniste de la GnRH. Nous recommandons de ne pas utiliser d'agoniste de la GnRH comme déclencheur de la maturation finale des ovocytes.

Conclusions des auteurs: 

Nous ne recommandons pas l'utilisation systématique d'agonistes de la GnRH comme déclencheur de la maturation finale des ovocytes dans les cycles autologues nouveaux en raison de la diminution des taux de naissances vivantes et des taux de grossesses en cours. Une exception pourrait être faite pour les femmes présentant un risque élevé de SHO, après consultation appropriée.

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Contexte: 

Les protocoles faisant appel à un antagoniste de l'hormone de libération des gonadotrophines (GnRH) pour exercer un rétrocontrôle négatif de l'hypophyse dans la fécondation in vitro (FIV) et l'injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) permettent l'utilisation d'agonistes de la GnRH pour déclencher la maturation finale des ovocytes. À l'heure actuelle, la gonadotrophine chorionique humaine (HCG) est toujours le médicament de référence à cet effet. L'efficacité du déclenchement avec un agoniste de la GnRH comparativement à la HCG mesurée en taux d'hyperstimulation ovarienne (SHO) et de grossesse) n'est pas connue.

Objectifs: 

Comparer l'efficacité d'un agoniste de la GnRH à celle de l'HCG pour déclencher la maturation finale des ovocytes chez les patientes traitées par FIV ou ICSI qui subissent une hyperstimulation ovarienne contrôlée dans le cadre d'un protocole avec administration d'un antagoniste de la GnRH suivi d'un transfert d'embryon.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE, EMBASE, le National Research Register, le registre des essais cliniques du Medical Research Council et la base de données du NHS Centre for Reviews and Dissemination. Nous avons également examiné les références bibliographiques de toutes les études originales et de tous les articles de revue connus, les bibliographies des publications et les résumés des congrès scientifiques importants.

Critères de sélection: 

Toutes les études contrôlées randomisées (ECR) rapportant des données comparant les résultats cliniques pour les femmes subissant des cycles de FIV et d'ICSI et comparant l'utilisation d'un agoniste de la GnRH par rapport à l'HCG pour déclencher la maturation finale des ovocytes.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont évalué la qualité méthodologique des essais et extrait des données de manière indépendante.

Résultats principaux: 

Nous avons identifié 11 ECR (n = 1055). Huit études ont évalué les cycles autologues nouveaux et trois études ont évalué les cycles donneur-receveur. Dans les cycles autologues nouveaux, l'agoniste de la GnRH s'est avéré moins efficace que l'HCG en termes de taux de naissances vivantes par femme randomisée (Rapport des cotes (OR) = 0,44 ; IC à 95 % de 0,29 à 0,68 ; 4 ECR) et de taux de grossesses en cours par femme randomisée (OR = 0,45 ; IC à 95 % de 0,31 à 0,65 ; 8 ECR). Pour un groupe avec un taux de naissances vivantes ou de grossesses en cours de 30 % en utilisant l'HCG, le taux se situerait entre 12 % et 22 % en utilisant un agoniste de la GnRH. L'incidence du syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) modéré à sévère par femme randomisée s'est avérée significativement plus faible dans le groupe traité avec un agoniste de la GnRH que dans le groupe traité par HCG (OR = 0,10 ; IC à 95 % de 0,01 à 0,82 ; 5 ECR). Pour un groupe avec un taux de SHO de 3 % en utilisant l'HCG, le taux se situe entre 0 % et 2,6 % avec un agoniste de la GnRH. Dans les cycles donneur-receveur, aucune preuve d'une différence statistiquement significative n'a été observée dans le taux de naissances vivantes par femme randomisée (OR = 0,92 ; IC à 95 % de 0,53 à 1,61 ; 1 ECR).

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