Inhibiteurs de l'acétylcholinestérase versus antipsychotiques dans la schizophrénie, seuls ou en association avec des antipsychotiques.

Cette revue compare les effets des inhibiteurs de l'acétylcholinestérase, seuls ou en combinaison avec des antipsychotiques, avec ceux des antipsychotiques seuls ou du placebo combiné à des antipsychotiques. L'ajout d'inhibiteurs de l'acétylcholinestérase aux antipsychotiques pourrait améliorer la psychopathologie générale, la symptomatologie négative ou les symptômes dépressifs chez les personnes atteintes de schizophrénie. En outre, la combinaison pourrait améliorer la durée d'attention / de réaction et les zones de mémoire cognitive. La limitation majeure des résultats tenait au fait que la plupart des études trouvées étaient des études à court terme. Compte tenu de la nature chronique, grave et persistante de la schizophrénie, on n'aura pas de vision claire des choses tant que des études à long terme et bien conçues n'auront pas été menées. Nous espérons que cette étude mettra en lumière le besoin d'études supplémentaires dans ce domaine.

Conclusions des auteurs: 

Les résultats semblent donner l'avantage à l'utilisation des inhibiteurs de l'acétylcholinestérase en combinaison avec des antipsychotiques pour quelques aspects de l'état mental et de la cognition, mais en raison des différentes limitations dans les études, comme indiqué dans le texte principal, ces preuves sont faibles. Cette revue met en évidence le besoin de larges études pragmatiques randomisées, indépendantes et bien conçues, réalisées et décrites.

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Contexte: 

La médication antipsychotique demeure la pierre angulaire du traitement de la schizophrénie ; elle est en usage depuis longtemps. Comme en témoignent les recherches en cours et l'efficacité partielle des antipsychotiques sur les symptômes cognitifs et négatifs, la recherche porte sur des médicaments pouvant améliorer ces aspects du fonctionnement chez les personnes souffrant de schizophrénie. Les inhibiteurs de l'acétylcholinestérase ont longtemps été utilisés pour traiter les symptômes cognitifs de la démence.

Objectifs: 

Le but de la revue était d'évaluer les effets cliniques, l'innocuité et la rentabilité des inhibiteurs de l'acétylcholinestérase dans le traitement des personnes atteintes de schizophrénie.

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre du groupe Cochrane sur la schizophrénie (février 2009) et nous avons examiné les bibliographies de toutes les études identifiées afin de trouver d'autres essais.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus tous les essais cliniques randomisés comparant des inhibiteurs de l'acétylcholinestérase avec des antipsychotiques ou un placebo, soit seuls soit en combinaison, dans le traitement de la schizophrénie ou de la psychose de type schizophrénique.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons extrait les données de manière indépendante. Pour les variables dichotomiques, nous avons calculé le risque relatif (RR) et l'intervalle de confiance (IC) à 95 % sur une base d'intention de traiter (IT) au moyen d'un modèle à effets aléatoires. Pour les variables continues, nous avons calculé la différence moyenne (DM), là aussi à base d'un modèle à effets aléatoires.

Résultats principaux: 

L'inhibiteur de l'acétylcholinestérase associé à un antipsychotique s'est avéré préférable à l'antipsychotique et au placebo pour les critères de jugement suivants.

1. État mental - score final moyen PANSS des symptômes négatifs (2 ECR, n = 31 ; DM -1,69 ; IC à 95 % -2,80 à -0,57), score final moyen PANSS de psychopathologie générale (2 ECR, n = 31 ; DM -3,86 ; IC à 95 % -5,40 à -2,32) et amélioration des symptômes dépressifs démontrée par au moins une étude à court terme et mesurée par l'échelle CDSS (données biaisées).

2. Domaines cognitifs - attention (1 ECR, n = 73 ; DM 1,20 ; IC à 95 % 0,14 à 2,26), mémoire visuelle (2 ECR, n = 48 ; DM 1,90 ; IC à 95 % 0,52 à 3,28), mémoire verbale et langage (3 ECR, n = 42 ; DM 3,46 ; IC à 95 % 0,67 à 6,26) et fonctionnement exécutif (1 ECR, n = 24 ; DM 17,10 ; IC à 95 % 0,70 à 33,50).

3. Tolérabilité - EPSE : AIMS, (1 ECR, n = 35 ; DM 1,50 ; IC à 95 % 1,04 à 1,96).

Aucune différence n'a été notée entre les deux groupes pour les autres critères de d'évaluation. Le taux global de participants ayant quitté les études de manière anticipée était faible (13,6 %) et ne montrait aucune différence claire entre les deux groupes.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.