Le traitement de l'ulcération génitale aux fins de réduire l'acquisition sexuelle du VIH

Un ulcère génital pourrait fournir un point d'entrée au virus du VIH quand une personne séronégative atteinte d'un ulcère a des rapports sexuels non protégés avec une personne infectée par le VIH. Le traitement de la condition à l'origine de l'ulcère génital permettrait la guérison de l'ulcère et réduirait donc les risques de contracter le VIH. Cette revue a évalué si l'administration d'un traitement pour les maladies qui se manifestent par des ulcères dans la région génitale permettait de réduire l'acquisition sexuelle du VIH. Trois études ont été identifiées portant sur un total de 173 patients VIH-négatifs atteints d'ulcères génitaux. Ces études n'ont pas fourni de preuves suffisantes que le traitement des ulcérations génitales réduit l'acquisition sexuelle du VIH. Toutefois, les ulcérations génitales sont en elles-mêmes des problèmes de santé et les patients atteints doivent être traités de façon appropriée, que le traitement réduise ou non le risque d'infection par le VIH.

Conclusions des auteurs: 

Il n'y a pas à l'heure actuelle suffisamment de données pour déterminer si un traitement curatif de l'ulcération génitale permettrait de réduire le risque de contracter le VIH. La très faible qualité des résultats implique que l'effet réel du traitement de l'ulcération génitale sur l'acquisition sexuelle du VIH pourrait être sensiblement différent de l'effet estimé à partir des données actuellement disponibles. Toutefois, les ulcérations génitales sont en elles-mêmes des problèmes de santé et les patients atteints doivent être traités de façon appropriée, que le traitement réduise ou non le risque d'infection par le VIH.

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Contexte: 

L'ulcération génitale, par la perturbation occasionnée à la surface des muqueuses, pourrait favoriser l'acquisition du VIH. En guérissant les ulcères, le traitement de l'ulcération génitale pourrait donc contribuer à réduire l'acquisition sexuelle du VIH.

Objectifs: 

Déterminer les effets du traitement de l'ulcération génitale sur l'acquisition sexuelle du VIH.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le Registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), PubMed, EMBASE, LILACS, NLM Gateway, Web of Science, le système international d'enregistrement des essais cliniques de l'OMS, ClinicalTrials.gov et les références bibliographiques des publications pertinentes pour trouver des études éligibles publiées entre 1980 et août 2011.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés de toute intervention thérapeutique visant à guérir l'ulcération génitale en comparaison avec un traitement alternatif, un placebo ou l'absence de traitement. Nous n'avons inclus que des essais dont l'unité de randomisation était la personne à ulcère génital confirmé.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons sélectionné les études et extrait les données, en double et de façon indépendante ; les divergences ont été résolues par la discussion, le consensus et l'arbitrage du troisième auteur de la revue. Nous avons exprimé les résultats des études sous la forme de risques relatifs (RR) avec intervalles de confiance (IC) à 95 %.

Résultats principaux: 

Trois essais contrôlés randomisés répondant à nos critères d'inclusion avaient recruté des participants séronégatifs atteints d'un chancre (deux essais, soit 143 participants) ou d'une syphilis primaire (un essai sur 30 participants). L'étude sur la syphilis, réalisée aux États-Unis entre 1995 et 1997, avait randomisé les participants pour recevoir une dose orale unique de 2,0 g d'azithromycine (11 participants), deux doses orales de 2,0 g d'azithromycine administrées à intervalle de six à huit jours (huit participants) ou de la benzathine pénicilline G administrée par injection intramusculaire de 2,4 millions d'unités, une fois ou bien deux fois à sept jours d'intervalle (11 participants). Aucune séroconversion ne s'était produite chez un participant de l'essai durant les 12 mois du suivi. Les essais sur le chancre, menés au Kenya en 1990, n'avaient pas mis en lumière de différence significative dans les taux de séroconversion au VIH au cours des quatre à 12 semaines de suivi, entre les doses orales uniques de 400 et 200 mg de fléroxacine (un essai, 45 participants ; RR 3,00 ; IC à 95 % 0,29 à 30,69) ou entre les 400 mg de fléroxacine et les 800 mg de sulfaméthoxazole plus 160 mg de triméthoprime (un essai, 98 participants ; RR 0,33 ; IC à 95 % 0,04 à 3,09). Les événements indésirables rapportés étaient d'intensité légère à modérée et consistaient notamment en des réactions de Jarisch-Herxheimer et des symptômes gastro-intestinaux. Les différences entre les groupes de traitement dans l'incidence des événements indésirables n'étaient pas significatives. Ces résultats sur l'efficacité du traitement de l'ulcération génitale dans la réduction de l'acquisition sexuelle du VIH sont, selon la méthodologie GRADE, de très mauvaise qualité.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.