Blocs TAP (blocs nerveux) pour l'analgésie après une chirurgie abdominale

La douleur mal contrôlée après une chirurgie abdominale est associée à plusieurs conséquences postopératoires indésirables pour le patient, notamment une souffrance, une détresse, une confusion, des problèmes thoraciques et cardiaques et un séjour prolongé à l'hôpital. Généralement, la douleur est soulagée par : l'injection de médicaments tels que la morphine ou le paracétamol dans une veine via une perfusion ; l'administration d'un anesthésique local dans la peau autour de la plaie chirurgicale ; ou par un soulagement de la douleur par voie épidurale en injectant un anesthésique local et d'autres médicaments analgésiques au moyen d'un tube en plastique fin dans l'espace épidural situé en bas du dos pour endormir les nerfs connectés à l'abdomen. Après la chirurgie, le bloc du plan du muscle transverse de l'abdomen (TAP) est une manière relativement nouvelle d'anesthésier les nerfs pour endormir l'abdomen afin d'améliorer le confort du patient. Depuis quelques années, de nombreuses recherches décrivent la manière dont les blocs TAP sont utilisés pour soulager la douleur chez les adultes et les enfants soumis à une chirurgie abdominale. Aucune revue systématique n'évalue cependant l'efficacité du bloc TAP pour réduire la douleur après une chirurgie. Nous avons consulté les recherches étudiant l'efficacité des blocs du muscle grand droit (un bloc similaire au TAP) et TAP pour soulager la douleur après une chirurgie abdominale. Nous avons inclus huit études portant sur un total de 358 participants et rapportant des preuves limitées de l'efficacité des blocs TAP pour améliorer le soulagement de la douleur après une chirurgie abdominale. D'autres recherches sont nécessaires pour comparer les blocs TAP à d'autres méthodes standard de soulagement de la douleur, telles que le traitement à la morphine, l'analgésie épidurale et l'injection d'un anesthésique local dans et autour de la plaie chirurgicale. De nombreuses études en cours ou en attente de publication évaluent l'efficacité du bloc TAP et le comparent à d'autres techniques. Notre intention est d'inclure ces études lors d'une prochaine mise à jour de cette revue.

Conclusions des auteurs: 

Aucune étude ne comparait le bloc TAP à d'autres analgésiques tels que l'analgésie épidurale ou l'infiltration d'anesthésique local dans la plaie abdominale. Les preuves sont limitées concernant l'efficacité du bloc TAP périopératoire pour réduire la consommation d'opioïdes et les scores de douleur après une chirurgie abdominale par rapport à l'absence d'intervention ou à un placebo. À ce jour, les quelques études existantes ne rapportent pas de réduction apparente des nausées et vomissements postopératoires ou de la sédation. De nombreuses études sur le sujet sont actuellement en cours ou en attente de publication.

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Contexte: 

Le bloc dans le plan du muscle transverse de l'abdomen (TAP) est un bloc nerveux périphérique qui anesthésie la paroi abdominale. L'utilisation croissante du bloc TAP pour soulager la douleur après une chirurgie abdominale permet d'évaluer son efficacité en tant que technique complémentaire des soins de routine et par rapport à d'autres techniques analgésiques.

Objectifs: 

Évaluer les effets des blocs TAP (et de leurs variantes) sur les besoins en analgésie postopératoire après une chirurgie abdominale.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté les registres spécialisés des groupes de revue Cochrane sur l'anesthésie et sur la douleur et les soins palliatifs, CENTRAL, MEDLINE, EMBASE et CINAHL jusqu'en juin 2010.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés (ECR) comparant le bloc TAP ou le bloc du muscle grand droit aux interventions suivantes : pas de bloc TAP ou du muscle grand droit ; un placebo ; une analgésie systémique, épidurale ou autre.

Recueil et analyse des données: 

Au moins deux auteurs de revue ont évalué l'éligibilité des études et le risque de biais et ont extrait les données.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus huit études (358 participants), dont cinq évaluaient les blocs TAP et trois évaluaient les blocs du muscle grand droit ; avec un risque de biais modéré dans l'ensemble. Toutes les études étaient réalisées suite à une anesthésie générale dans les deux bras (dans la plupart des cas).

Par rapport à l'absence de bloc TAP ou à un placebo consistant en une solution saline, le bloc TAP entraînait une réduction significative des besoins en morphine postopératoire à 24 heures (différence moyenne (DM) de -21,95 mg, intervalle de confiance (IC) de 95 %, entre -37,91 et 5,96 ; cinq études, 236 participants) et à 48 heures (DM de -28,50, IC à 95 %, entre -38,92 et -18,08 ; une étude portant sur 50 participants) mais pas à deux heures (analyses à effets aléatoires). La douleur de décubitus présentait une diminution significative dans deux études mais pas dans une troisième.

Une seule des trois études incluses portant sur les blocs du muscle grand droit rapportait une réduction des besoins analgésiques postopératoires des participants soumis à des blocs. Une étude évaluant le nombre de participants rapportant une absence de douleur après la chirurgie indiquait que les participants ayant été soumis à un bloc du muscle grand droit étaient plus nombreux à rapporter une absence de douleur jusqu'à 10 heures post-opération. Tout comme les blocs TAP, les blocs du muscle grand droit n'avaient aucun impact apparent sur les scores de nausées, vomissements ou sédation.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.