Besoin urgent d’études contrôlées sur le traitement de la dysarthrie associée aux lésions cérébrales acquises durant l'enfance

La dysarthrie est un trouble de l’élocution qui peut rendre plus difficile pour les personnes atteintes de se faire comprendre par d’autres. La dysarthrie est une affection fréquente et souvent chronique associée aux lésions cérébrales subies pendant l'enfance (aussi appelée lésion cérébrale acquise (LCA) chez l'enfant).

Cette étude examine l'efficacité du traitement de la dysarthrie chez les enfants ayant subi une LCA.

Bien que cette étude indique que des résultats positifs ont été rapportés lors d'une étude de cas d'un enfant ayant une dysarthrie causée par une LCA (plus précisément, un traumatisme crânien), à l’heure actuelle, les études réalisées dans ce domaine sont insuffisantes pour permettre de tirer des conclusions sur l'efficacité du traitement de la dysarthrie chez les enfants et les adolescents. Par conséquent, cette revue exhorte les orthophonistes travaillant dans ce domaine à effectuer des études sur l'histoire naturelle et l'efficacité du traitement de ce groupe.

Conclusions des auteurs: 

Cette revue met en évidence le manque critique d’études et d’ECR sur l'efficacité du traitement de la dysarthrie chez les enfants ayant subi une LCA. Les raisons éventuelles permettant d’expliquer ce manque de données comprennent i) le manque de compréhension des caractéristiques ou de l'histoire naturelle de la dysarthrie associée à cette population ; ii) l'absence d'un système de classification diagnostique pour les enfants empêchant l'élaboration de programmes d'intervention correctement ciblés ; et iii) l'hétérogénéité des étiologies et des types de dysarthries possibles causés par une LCA dans la population pédiatrique. Les efforts devraient d'abord porter sur des études d’envergure modeste et bien contrôlées afin d'identifier les traitements efficaces éventuels qui pourraient ensuite être mis à l'essai dans le cadre de collaborations multicentriques à l'aide d'une méthodologie quasi-randomisée ou d'ECR.

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Contexte: 

Le terme « lésion cérébrale acquise » (LCA) englobe toute une gamme d'étiologies, notamment les accidents vasculaires cérébraux, les tumeurs cérébrales et les lésions cérébrales traumatiques. La LCA est une cause fréquente de handicap dans la population pédiatrique, et la dysarthrie est une séquelle fréquente et souvent persistante de cette affection chez l'enfant.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité de l'intervention des orthophonistes qui traitent la dysarthrie chez les enfants ayant subi une LCA.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons fait des recherches dans CENTRAL (numéro 4, 2006), MEDLINE (1966 à 02/2007), CINAHL (1982 à 02/2007), EMBASE (1980 à 02/2007), ERIC (1965 à 02/2007), Linguistics Abstracts Online (1985 à 02/2007), PsycINFO (1872 à 02/2007). D'autres références ont également été recherchées dans des études provenant de listes de références.

Critères de sélection: 

Etaient éligibles à cette revue les essais contrôlés randomisés (ECR) et les études quasi-expérimentales réalisés sur des enfants âgés de 3 à 16 ans atteints de dysarthrie acquise regroupés par étiologie (p. ex. tumeur cérébrale, traumatisme cérébral, accident vasculaire cérébral).

Recueil et analyse des données: 

Chaque auteur a examiné de façon indépendante les titres et les résumés des articles pour en déterminer la pertinence (fiabilité inter-évaluateurs de 100 %) et la version intégrale de tous les articles potentiellement pertinents a été obtenue. Aucune étude ne répondait aux critères d'inclusion.

Résultats principaux: 

Sur les 2 091 titres et résumés examinés, seulement trois de leurs versions intégrales ont été obtenus (Morgan 2007 ; Murdoch 1999 ; Netsell 2001). Un total de 2 088 études ont été exclues, en grande partie parce qu'elles n'incluaient pas la dysarthrie, qu'il s'agissait d’articles de diagnostic ou descriptifs et qu'elles concernaient les adultes plutôt que les enfants. Les articles de Morgan 2007 et Murdoch 1999 ont été exclus car ils n'ont pas eu recours à un ECR ou à une méthodologie quasi-randomisée, tandis que celui de Netsell 2001 a été exclu parce qu'il s'agissait d'un article de synthèse théorique plutôt que d'une étude d’intervention. Les auteurs ont identifié et obtenu cinq références à partir de la bibliographie de l'article de Murdoch 1999. Elles ont été exclues car elles incluaient des individus ne présentant pas de LCA, des adultes atteints de dysarthrie ou en raison de leur conception inappropriée. Par conséquent, aucune étude ne répondait aux critères d'inclusion.

Notes de traduction: 

Post-édition : Luisa Correa - Révision : Anaïs Tamboise (M2 ILTS, Université Paris Diderot)

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.