Il n'existe pas de preuve à l'appui de l'utilisation de donépézil chez les patients atteints de troubles cognitifs modérés (TCM). Les bénéfices présumés sont mineurs, de courte durée et associés à des effets secondaires significatifs

Les problèmes de mémoire ne répondant pas aux critères diagnostiques de la démence, généralement appelés troubles cognitifs modérés (TCM), peuvent être le premier signe d'une démence approchante, en particulier de la maladie d'Alzheimer, mais pas nécessairement. Certains problèmes de mémoire sont temporaires et d'autres n'empirent pas. Un traitement dans les toutes premières phases de la MA pourrait retarder la progression de cette maladie. Il a été prouvé que le donépézil (Aricept, E2020), un inhibiteur de la cholinestérase, est bénéfique dans la MA, quelle que soit la gravité, y compris lorsqu'elle est légère. Il est donc raisonnable d'étudier son efficacité chez les personnes atteintes de TCM. Il existe peu de preuves indiquant que le donépézil améliore la fonction cognitive et il n'existe pas de preuve indiquant que le donépézil retarde la progression vers la MA. En revanche, ce médicament a été associé à des effets secondaires significatifs. Il n'existe pas de preuve à l'appui de l'utilisation de donépézil chez les patients atteints de TCM.

Conclusions des auteurs: 

Deux études incluses rapportaient des résultats pour la fonction cognitive. Une étude montrait un effet du traitement modeste sur la fonction cognitive selon le test ADAS-Cog13, mais pas pour les autres critères de jugement évaluant d'autres domaines de la fonction cognitive. Le donépézil était associé à significativement plus d'effets indésirables, principalement gastro-intestinaux, que le placebo. La deuxième étude n'a permis d'obtenir aucune preuve indiquant que le donépézil retarderait le déclenchement de la MA. Il n'existe pas de preuve à l'appui de l'utilisation de donépézil chez les patients atteints de TCM. Les bénéfices présumés sont mineurs, de courte durée et associés à des effets secondaires significatifs.

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Contexte: 

Les problèmes de mémoire ne répondant pas aux critères diagnostiques de la démence, généralement appelés troubles cognitifs modérés (TCM), peuvent être le premier signe d'une démence approchante, en particulier de la maladie d'Alzheimer (MA). Il n'existe pas de consensus sur des critères de définition ou de diagnostic des TCM. Il s'agit toujours d'un terme vague utilisé pour décrire une population hétérogène composée de personnes susceptibles d'évoluer rapidement vers la démence mais également de personnes présentant des déficits cognitifs stables et certaines pouvant réellement s'améliorer.

Un traitement dans les toutes premières phases de la MA pourrait retarder la progression de cette maladie. Il a été prouvé que le donépézil (Aricept, E2020), un inhibiteur de la cholinestérase, est bénéfique dans la MA, quelle que soit la gravité, y compris lorsqu'elle est légère. Il est donc raisonnable d'étudier son efficacité pour les personnes atteintes de TCM.

Objectifs: 

Évaluer les effets du donépézil chez les personnes atteintes de troubles cognitifs modérés mais chez qui un diagnostic de démence n'a pas été posé.

La stratégie de recherche documentaire: 

Le 20 mai 2010, une recherche a été effectuée dans ALOIS, le registre spécialisé du groupe Cochrane sur la démence et les autres troubles cognitifs, à l'aide du terme : donépézil et en association aux études dans lesquelles les participants présentaient des troubles cognitifs modérés.

Critères de sélection: 

Tous les essais randomisés en double aveugle dans lesquels un traitement par donépézil était comparé à un placebo chez des patients atteints de troubles cognitifs modérés.

Recueil et analyse des données: 

Les données ont été extraites des rapports publiés des études incluses et combinées lorsque cela était approprié. Les effets du traitement ou les risques et bénéfices ont également été estimés.

Résultats principaux: 

Les trois études incluses, avec 782 patients au total, tous ayant un MMSE supérieur à 23 points, identifiaient des patients similaires pour l'inclusion, mais avaient des plans d'étude et des objectifs relativement différents. Il n'a pas été possible de combiner les résultats dans une méta-analyse.
Dans la première étude, le test ADAS-Cog à 13 éléments montrait un bénéfice associé à 10 mg/jour de donépézil par rapport au placebo à 24 semaines (DM 1,90, IC à 95 % de 0,51 à 3,29, p=0,007), mais quatre autres mesures de la fonction cognitive ne montraient aucun bénéfice. L'analyse des sorties d'étude avant la fin du traitement à 24 semaines, des sorties d'études dues à un événement indésirable et du nombre de patients ayant ressenti un événement indésirable mettait en évidence une différence significative entre le groupe du donépézil et le groupe placebo en faveur du placebo (43/133 donépézil 23/137 placebo, OR 2,37, IC à 95 % de 1,33 à 4,22, p=0,003), (29/133 donépézil 10/137 placebo, OR 3,54, IC à 95 % de 1,65 à 7,60, p=0,001), (116/133 donépézil, 100/137 placebo, OR 2,52 IC à 95 % de 1,34 à 4,76, p=0,004). Divers effets indésirables ont été rapportés, et plusieurs types d'événements (diarrhée, nausées, vomissements, crampes aux jambes et rêves anormaux) étaient plus fréquemment rapportés dans le groupe du donépézil que dans le groupe placebo.

Dans la deuxième étude, une différence significative a été observée au niveau du nombre de patients ayant reçu un diagnostic de MA ou d'autre démence entre le groupe du donépézil et le groupe placebo en faveur du donépézil après un an de traitement (16/253 donépézil 38/259 placebo) (OR 0,39, IC à 95 % de 0,21 à 0,72, p=0,003), mais aucune différence après 3 ans de traitement (63/253 donépézil 73/259 placebo) (OR 0,84, IC à 95 % de 0,57 à 1,25, p=0,4).

La troisième étude évaluait la fonction cognitive mais ne rapportait pas les résultats.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.